LIVRE DIXIEME
» la Providence divine et aux ordres des supe'- » rieurs, sans entrer dans aucun détail. Mais eti » même temps il e'crivit à ses amis de Paris et de » la Cour, cfuil se souniettroit saiis réserve ^ et » qu'il ailoit travailler à son mandement. Ce man- » dément parut le g avril en latin et en français » se'parëment. INIais nous ne reçûmes de Cambrai » qu'un seul exemplaire latin , qu'un ami de M. de » Meaux lui fit passer.
» Cependant M. de Meaux parut à Versailles le » I .*' avril , et y resta les jours suivans. Dès que le » Roi l'aperçut à son lever le jeudi 2 avril, il le » fit entrer dans son cabinet, et concerta avec lui » tout ce qu'il y avoit à faire pour l'exécution et » l'acceptation du bref du Pape (').
(») Presque tous ceux cpii ont écrit sur raffaire du Quie-* tisme , rapportent , que lorsque la condamnation de Farclievêque de Cambrai fut prononcée , Louis XIV dit à Bossuet : « Qu'auriez-vousfait, si j'ai'ois pris le paru de J/. de V Cambrai!* et que Bossuet répondit : « Sire , j' aurais crid » vingt fois plus haut: quand on défend la vérité, on est y) assuré d'auoir tôt ou tard la victoire. » II est surprenant que Tabbé Ledieu, qui entre, comme on le voit, dans les plus petits détails sur celte affaire, d'après tout ce qu'il en avoit entendu dire à Bossuet lui-même, ne parle pas, d'une anecdote aussi remarquable et aussi honorable pour Bossuet. Bossuet, dans sa corresi)ondance avec son neveu, oii il montre toute la satisfaction que lui témoigna Louis XIV, garde le même silence. M"»* de Maintenon , qui ne laissoit. rien ignorer au cardinal de Noailles de ce que le Pcoi disoit et pensoit sur l'affaire du Quiétisme , n'en parle pas davantage. M. de Saint-Simon , si avide d'anecdotes curieuses , n'auroit certainement pas laissé échapper une anecdote aussi singulière, si elle eut été connue de son temps. L'abbé Plielipeaux^ qui a donné dans un ouvrage trés-étendu , écrit sous le&yeux de Bossuet, tous les faits et tous les détails relatifs à