V. — Bossue t exhorte à la mort M™e la Dauphine
Peu d'anne'es après ( i6go) , Bossuet eut de bien tristes fonctions à remplir auprès de cette même princesse, en qualité de son premier aumônier.
Marie- Anne- CHR1STI^•E-VICT0IRE de Bavière j Dauphine de France , auroit pu être heureuse, si le me'rite, l'esprit, des qualités aimables et la se-^ conde place de la Cour la plus brillante de l'Europe, pouvoient donner le bonheur. Mais cette princesse, par une disposition trop marquée de son ame et de son caractère à la tristesse et à la mélancolie, se plaisoit à vivre dans la solitude au milieu de la Cour de Louis XIY. Elle avoit même fini , dans les dernières années de sa vie , par se soustraire presque entièrement au joug de la représentation qui pesoit sur elle depuis la mort de la Reine , sa belle-mère. Elle n'y étoit que trop autorisée par la décadence sensible de sa santé, également altérée par les vapeurs qui la dominoient, et par le profond ennui qui la dévoroit ; espèce de maladie derame,qui est peut-être autant la cause que l'effet des vices de notre constitution.
Lorsque Madame la Dauphine mourut, elle étoit devenue presque étrangère à sa famille, à la Cour et aux événemens publics. Elle tomba malade au mois de février 1690 , et sa maladie fut assez longue. Bossuet avoit passé tout le carême auprès