IV. -— Bossuet reçoit rabjuration du duc de Richemond
Dans l'intervalle de V oraison funèbre de la princesse Palatine et de celle du chancelier le Tellier, Bossuet avoit eu un ministère plus consolant à remplir. Il fut appelé à Fontainebleau pour recevoir l'abjuration du duc de Richemond, fils naturel de Charles II et de la duchesse de Portsmouih. Louis XIV crut devoir mettre une espèce d'appaleil dans une cérémonie qui flattoit son zèle pour
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la religion catholique ; et clans ses opinions de grandeur et de convenance, il pensa que l'honneur de présenter à l'Eglise le fils d'un roi, ne pouvoit appartenir qu'à Bossuet. Louis XIV devoit signer le 11 octobre i685 la révocation de l'édit de^antes5 et il voulut, par égard pour le rang et la naissance de ce jeune seigneur, que la cérémonie de son abjuration précédât cet acte d'autorité. Elle eut lieu dans la chapelle du Roi a Fontainebleau ,1e i\ octobre i685,à l'issue de la messe («). Ce lut Bossuet qui dit la messe en crosse et en initre. 11 prêcha sur le fameux texte : Compelle intrare , tiré de l'Evangile du jour, a La Cour, dit l'abbé Ledieu , » fondit en larmes par la considération de la misé- » ricorde de Dieu qui appelle à lui ceux qu'il veut » appeler. Le Roi fut ravi d'entendre Bossuet ex- » pliquer ses sentimens et sa doctrine sur ce pas- » sage de l'Ecriture » , dont on a fait quelquefois un usage contraire à l'esprit de l'Evangile , aux intentions de Louis XIV et au vœu des évèques les plus éclairés.
ifi) Bossuet expliqua ce texte « selon l'interpré- » talion de saint Augustin, selon la conduite que ce » Père de l'Eglise avoit constamment suivie, et » qui étoit conforme à celle de toute l'Eglise ca- » thoJique (i). Madame la Daupiiine y princesse de » beaucoup d'esprit et de beaucoup de goût, fut )) transportée en entendant ce discours. Elle ne
C") Mts. de Ledieu. — {•') Ibid.
(i- TSous n'avons point trouvé le manuscrit de ce discours parmi les papiers de Bossuet. Il est vraisemblable qu'il le prononça sans Tavoir écrit. Il eût été intéressant de connoître l'interpréta lion que Bossuet donnoit à ces paroles de l'Ecritiu^e.
» parla que du sermon de M. de Méaux à toutes Ti les personnes qui assistoient à son dîner. Je » ii'ai jamais ouï parler comme parle M. de » Meaux^ disoit-elle; // méfait un plaisir que je y> ne puis exprimer-, et plus je l^ entends , plus je » l'admire. »