‹ Histoire de Bossuet, eveque de Meaux (volume 2)Chapitre 32 sur 154 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

aux rayons du jour, et éclairées de la seule clarté des flambeaux de la nuit; qu'on se représente les princes et princesses d'une auguste famille privés de celui qui en avoit fait la gloire et l'ornement j les compagnons et les témoins de tant de victoires; les amis éplorés d'un prince dont l'amitié seule étoit un litre d'honneur ; les pontifes de la religion, dont le ministère sacré se montre encore plus imposant dans ces grands triomphes de la mort; tous les premiers ordres de l'Etat en longs habits de deuil, traverser en silence cette lugubre enceinte, et s'approcher avec respect de ce vaste monument dont la hauteur s'élevoit jusqu'à la voûte du temple , comme pour porter jusqu'au ciel les prières et les vœux de la religion et de la patrie; qu'on se représente, à la suite de ce long cortège, Bossuet uK^ec ses cheveux hlcaics, que ses travaux avoient vieillis avant l'âge (0? recueilli dans sa douleur et dans les pensées qui lui retracent tant de souvenirs chers à sa grande ame, laissant échapper d'une voix affoiblie ces paroles , les dernières qu'il devoit faire entendre dans la chaire funèbre :

« («) Pour moi , s^il in est permis après tous les » autres , de venir rendre les derniers devoirs à ce » tombeau, ô prince, le digne sujet de mes louanges » et de nos regrets ! vous vivrez e'ternellement dans » ma mémoire; votre image j' sera tracée^ non point

(«) Oraison funèbre du grand Co^déj ibicl. p. 563.

(0 Bossuet n'avoit alors que cinquante-neuf ans j on auroit pu dire de lui ce que Pline disoit de Trajan : « Les w dieux semblent n'ai^oir fait blanchir ses chei^eux aidant les M années , que pour imprimer à son front plus Je majesté. »

« JYon sine (juodam munere Dei'an festinatis senectutis 1) insignibus ad augendam majestatein ornata aesaries. ;>

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