LIVRE NEUVIEME
qu'ils avoient eu le bonheur de dégager des nuages dont la superslitioQ des siècles suivans l'avoient enveloppée.
Bossuct vient détruire leur illusion. Il se présente tout-à-coup y Histoire des variations à la main.
Il dit aux Luthériens et aux Calvinistes : « Qui » êtes-vous ? d^oii venez-vous ? Fous parlez de » votre foi et de votre doctrine! Avez-vous une » FOI et une doctrine? Non, vous n'en as^ez pas, » La FOI qui change n est point une yoi', elle nest » point la parole de Dieu , qui est immuable. Si » vous en avez une, elle doit se trouver dans vos » SYMBOLES et dans vos professions de foi. Les » voici : fy ai cherche' ce que vos pères ont dit » et enseigné ; ils ne Vont pas su eux-mêmes , ils » ont dit et enseigne' les dogmes les plus oppose's. » /y cherche ce que vous pensez et ce que vous » professez aujourd'hui } vous ne le savez pas » vous-mêmes. Vous vous dites disciples de Lu- » ther ; vous vous dites disciples de Calvin j et » vous frémissez d'horreur lorsqiCon vous rap- » pelle les axiomes barbares qiCils ont donnés pour -a fondement de leur doctrine. Vous les abjure-^ » hautement ; vous protestez quils sont aujour- » d'hui désavoués par tous les Luthériens et tous i> les Calvinistes, Vous ne voulez pas que je vous » attribue les torts et les erreurs personnelles de » vos premiers chefs; j^y consens. Qu'êtes -vous » donc ? Oii irois-je chercher les règles et les » principes de votre croyance ? Ce sera , dùes^ •ù vous y dans le j^ecueil des symboles et des pro- » FESSIONS DE FOI quc Tious uvons promulgués nousy> mêmes. Eh bien! les voici; c'est de vos mains BossiTi,T. in. 1
» que je les ai pris et reçus. Je ne prétends faire
» valoir contre vous ni les jugemens de nos papes
» et de nos évêques , ni les décrets de nos conciles
» généraux , ni douze cents ans d'une tradition
» invariable. F os chefs vous ont dit que de telles
» autorités ne niériloient aucun égard. Je ne veux
» discuter avec vous que les actes que vous pré-
» sentez vous-mêmes comme l'expression fidèle de
» votre FOI et de votre doctrine, comme le j^ésultai
» des profondes méditations de vos plus grands
» théologiens et des longues discussions de vos
» colloques et de vos synodes ge'>eraux. Fous les
)) avez acceptés comme la règle de la croyance
» commune de tous les membres de votre commu-
» nion. Fous leur avez donné le titre imposant de
» PROFESSION DE FOI, pourleur imprimer le carac"
» tère le plus auguste et le plus invariable en ma-
» tière de religion. Fous ne pouvez plus ni les
» désavouer ^ ni les rejeter. Ils sont le seul lien
» qui vous réunit sous la forme d^une communion
» CHRÉTIENNE. OtCZ CCS SYMBOLES CXtéricurS , VOUS
» nétes plus que des paHiculiers plus ou moins » recommandables par vos vertus , vos talens jvos » lumières et vos connoissances. Mais vous nofy*frez plus ni Vidée ^ ni V autorité d'une réunion. » d'hommes professant laméme doctrine et le même » culte. Je vous invite à parcourir avec moi cette » longue suite de vos professions de foi ; et nous » verrons si vous êtes en droit d'interroger VE- )» glise romaine sur sa croyance y vous, qui ne savez » pas même encore ce que vous croyez et ce que » vous devez croire. »
Ces paroles que nous avons osé nous permettre de placer dans la bouche de Bossud, nous ont