‹ Histoire de Bossuet, eveque de Meaux (volume 2)Chapitre 39 sur 154 · LIVRE NEUVlKAir · texte numérisé non relu

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imprimés de cette Exposition, que l on supposoit. CD opposition avec l'ouvrage, tel queBossuetTavoit publié lui-même. On a vu («) que cette prétendue contradiction n'avoit pas le plus léger fondement; mais en supposant même qu'elle eut été aussi réelle qu'elle étoit frivole et hasardée, une pareille accusation étoit entièrement étrangère à la doctrine de l'Eglise catholique ; indcpendammen»; du droit naturel qui appartient à tout écrivain de se réformer lui-mcme dans le cours de son travail ;, ce n*est point dans les opinions particulières d'un auteur qu'on doit aller puiser la véritable doctrine d'une Eglise ou d'une communion religieuse 3 c'est dans la profession solennelle de ses dogmes, tels qu'elle les a déclarés dans ses symboles, ses confessions de foi, ses décrets authentiques.

L'écrit du ministre la Bastide tomba sous les yeux de Bossuet en 1682. Il étoit alors occupé à lire le Syntagma Confessionum , récemment imprimé à Genève. Cet ouvrage est un recueil complet de toutes les professions de foi des églises protestantes depuis la confession d' Aushourg en i53o;, jusqu'à celles des derniers temps.

Il fut frappé des variations et des contradictions qu'offroit cet amas de doctrines, non - seulement opposées entre elles, mais dont les auteurs avoient sans cesse varié dans leurs systèmes et dans leurs principes ; et cependant on lisoit dans chacune de ces confessions de foi ^ si contraires l'une à l'autre, qu'elle n'étoit que l'expression pure et invariable de la parole de Dieu consignée dans les livres sacrés.

Bossuet entrevit d'un coup d'oeil tous les avan- . W Liv. VIII.

tages qu'il pouvoit recueillir de cet assemblage siogulier de doctrines bizarres. 11 sembloit que les Protestans n'eussent composé ce recueil que pour montrer la main des hommes incertains et cliangeans dans leurs conceptions, et pour avertir les maîtres et les disciples de l'instabilité' des pensées humaines, lorsqu'elles n'ont plus ce point d'appui, qui ne peut reposer que sur l'autorité d'une Eglise , juge suprême et infaillible des controverses.

Cependant la première pensée de Bossuet s'étoit bornée à présenter ces variations sous la forme d'ua discours préliminaire , qu'il se proposoit de placer à la te te d'une nouvelle édition de son Exposition de la foi catholique. Mais ù peine avoit-il commencé ce nouveau travail , que son plan s'étendit ; les idées et les faits, les preuves et les raisonuemens se présentèrent en foule; et ce qui ne devoit être qu'une préface, devint un des plus magnifiques ouvrages de Bossuet.

Mais dès i683 il fut obligé de suspendre cette belle entreprise, pour obéir aux intentions de Louis XIV, en écrivant sa célèbre Défense des (juatre articles du clergé de France. Les affaires de son diocèse, les Instructions qu'il publia, les oraisons fonèhres de la reine Marie-Thérèse , de la princesse Palatine , du chancelier le Tellier et du grand Condé l'occupèrent une partie des années i685 et i68(); et ce ne fut qu'en 1687, qu'il put reprendre son Histoire des variations , qu'il acheva et qu'il pubHa en 1688.

On étoit instruit que Bossuet s'occupoit de ce travail. Couime plusieurs années s'écoulèrent sans qu'on le vît paroître, les Protestans sem-

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