‹ Histoire de Bossuet, eveque de Meaux (volume 2)Chapitre 41 sur 154 · LIVRE NEUVIEME. Si · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIEME. Si

» est f liste , quoiqu^il nous rende nécessairement » damnahles par sa volonté' ; en sorte quil semble » se plaire aux supplices des malheureux » ( ce sont ses propres paroles), ce même Lutlier sur la lin de sa vie parut penclier vers l'excès oppose, en attribuant au libre arbitre une efficacité dans l'ordre du salut , qu'il ne peut jamais avoir sans le secours de la grâce.

C'est ainsi que Mélanchton , d'abord défenseur zélé de la présence réelle à l'exemple de Luther son maître , finit par goûter le sentiment de Zuingle , inventeur du sens figuré.

C'est ainsi que Calvin, masquant d'abord ses véritables sentimens sous les expressions les plus propres à établir la doctrine de la présence réelle , se dépouilla bientôt du voile dont il n'avoit consenti à s'envelopper , que par la crainte d'irriter Luther qu'il redoutoit , et dénatura toutes les acceptions du langage humain, pour faire triompher le sens figuré en dépit de ses propres déclamations.

C'est ainsi que Bucer, grand architecte de suhiilités théologiques , dit Bossuet , ne s'occupoit qu'à rédiger des confessions de foi équivoques, propres à tromper les partis les plus opposés, et à satisfaire également les défenseurs de la présence réelle et ceux du sens figuré.

Toutes ces contradictions et toutes ces inconséquences n'étoient que les travers de quelques hommes emportés , qui avoient perdu le pouvoir de s'arrêter à des principes invariables, en abjurant l'autorité de l'Eglise. Dans le plan qu'avoit conçu Bossuet, à peine daigne -t -il faire remarquer ces contradiclions personnelles, qui ne sei-

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