‹ Histoire de Bossuet, eveque de Meaux (volume 2)Chapitre 44 sur 154 · LIVRE NEUVIEME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIEME

ianclitoii s'écarte encore plus de la doctrine dure et décourageante de Luther sur le libre arbitre , mais il passe à Texcès opposé. Loin d'exclure le libre arbitra dans les actions de l'homme, il se montre, à l'exemple des Semi-Pélagiens ^ porté à lui attribuer le commencement des œuvres surnaturelles.

Tandis que Mélanchton rédigeoit à Leipsick cette nouvelle profession de foi , Brentius en produisoit une autre à Witlemberg ; elle n'étoit pas moins opposée à la confession d'Ausbourg , qui étoit cependant toujours invoquée comme règle de foi , par ceux mêmes qui la metloient en pièces.

La Confession saxonique fut , pour ainsi dire, le dernier monument de la confiance et de l'autorité de Mélanchton dans le parti qu'il avoit embrassé. Le reste de sa vie fut empoisonné par les chagrins et les persécutions qu'il eut à essuyer de la part d'Illyric , ^autrefois son disciple , devenu ensuite son rival et son ennemi.

Mélanchton écrit lui-même qu'il vit à la conférence de Worms , en i557, Illyric , « comme » une furie qui alloit de porte en porte animer le » monde contre lui. »

Ce fut à cette même conférence de Worms, que les Luthériens offrirent aux Catholiques le spectacle de leur acharnement et de leurs divisions. Là, on consacra avec une nouvelle énergie tous les excès de la doctrine de Luther^ en présence de Mélanchton lui-même, qui avoit cherché en vain à adoucir dans la confession d'Ausbourg et dans la confession saxonique , toutes les assertions duies et révoltantes de Luther sur

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le libre arbitre et sur la juslificalion. Les Luthe'riens ne s'accordèrent enti'eux à Worms , que sur un seul point, et ce fut pour de'cider, « que les » bonnes œuvres ri éioient pas nécessaires au salut. »

En i56i, un an après la mort de Mélanchton , les docteurs luthériens s'assemblèrent à Naiimbourg, ville de la Thuringe , pour choisir entre les éditions de la confession d'Aushourg , celle qu'on réputeroit pour authentique.

« («) C'étoit une chose assez surprenante , dit » Bossuet , qu une confession de foi qui faisoit î) la règle des Protestans d'Allemagne et de tout » le nord , et qui avoit donné le nom à lout le )) parti , eût été publiée en tant de manières et » avec des diversités si considérables à Wittem- » berg , et ailleurs, à la vue de Luther et de Me- » lanclhon , sans qu'on se fût avisé de concilier » ces variétés. Enfin , en i56i , trente ans après » cette confession , pour mettre fin aux reproches » qu'on faisoit aux Protestans de n'avoir pas de » confession fixe , ils s'assemblèrent à Naiimbourg » pour adopter une des quatre éditions.

C^) Mais on n'en fut pas plus avancé. L'assemblée de INaiimbourg , en adoptant une des quatre éditions, déclara expressément quelle n'entendoit pas improuver les autres, quoiqu'elles fussent eu opposition avec celle qui avoit obtenu la préférence; et ce qu'il y a de plus singulier, c'est qu'on en est encore à savoir laquelle des quatre éditions fut adoptée à Naiimbourg.

En iS^g, en exécution des délibérations prises en iS-jô et 1677 dans les assemblées de Torg et

(") Histoire des variations , liv. vm '■> iUd. p. 538. — \^)lbid.

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