ÏOO HISTOIRE DE BOSSUET
réduit à deux volumes, tous les ëvénemens importans qui ont rempli cent cinquante ans de guerres, de re'volulions , de traités et de négociations dans un temps où l'histoire de la politique étoit toujours mêlée à celle de la religion; et que par ce prodige de l'art, dont nul n'a jamais su comme lui posséder le secret, il ait réussi à tempérer la sévérité des matières de doctrine par tout le charme et tout l'intérêt attaché aux récits de l'histoire.
Souvent même il ramène naturellement à son sujet des questions importantes qui ne paroissent d'abord y avoir qu'un rapport éloigné. C'est ainsi que le livre onzième offre l'exposé le plus lumineux de l'origine si obscure des Manichéens de l'Occident, des Albigeois, des Vaudois, des Wicléfites et des Bohémiens.
Bossuet se permet en passant, («) de livrer au ridicule qu'elles méritoient, les prophéties de Jurieu. Mais il est bien éloigné d'en faire un sujet de reproche aux Protestans. Il est le premier à déclarer que tous les Protestans instruits et éclairés gémissoieut de tant d'extravagances.
Mais il est un fait important sur lequel Bossuet se croit en droit d'adresser les plus justes reproches aux premiers réformateurs (^). Ce furent en effet Luther, Mélanchton , Bucer qui, dans un acte authentique souscrit de leurs mains, s'avilirent au point de permettre au landgrave de Hesse d'avoir deux femmes à la fois. C'est le seul exemple qu'offrent les annales de l'histoire depuis l'institution du christianisme, d'une décision doctrinale de théo-
(") Histoire des Variations, liv. xui ; ibid, — {I^)Ibid.