I26 HISTOIRE DE BOSSUET
» pas si jaîonx qu'on pense , de maintenir comme » inviolables toutes les réponses de leurs prédé-
» cesseurs Ainsi, sans nous arrêter à ce que
» d'autres ont pu dire sur ce décret de Grégoire II, » contentons- nous de démander à M. Basnage ce » qu'il en prétend conclure. Quoi? que ce pape î) ait approuvé, comme Luther qu'on eut deux '^) femmes ensemble, pour en user indifféremment? » c'est tout le contraire. C'est tout autre chose de » dire avec ce pape que le mariage seroit dissous » en ce cas ^ autre chose, de dire avec Luther, 3> que, sans le dissoudre, on en puisse faire un » second. L'un a plus de difïlculté, l'autre n'en » eut jamais la moindre parmi les Chrétiens j et •» Luther est le premier et le seul à qui la cor- » ruption ait fait naître un doute sur un sujet si )> éclair ci.
» Mais enjfin , dira-t-on , quoi qu'il en soit , un » pape se sera trompé? mais est-ce là de quoi il >> s'agit? M. Basnage connoît-il quelqu'un parmi î> nous qui entreprenne de soutenir que les papes ne î) se soient jamais trompés, pas même comme doc- » leurs particuliers? ce n'est pas une ignorance » ou une surprise de Luther que nous reprochons ->■> k Luther, il n'y auroit rien là que d'humain. » C'est une séduction faite de dessein dans un )) dogme essentiel du christianisme, par une cor- » ruption manifeste contre la vérité et sa con- » science. Il n'en est pas ainsi de Grégoire II ; ^'> ce n'est point pour flatter un prince qu'il a écrit » de cette sorte 5 c'est dans une diflkulté assez 1) grande une résolution générale. On ne lui fait -> espérer pour le corrompre, ni le pillage d'un » monastère^ ni de secourir tou parti. Il ne se croit
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» pas oLlige de cacher sa réponse. II s'est trompé, » aussi ne le suit-on pas, et on le reprend sans )) scrupule; enfin, il a dit nalurellement ce qu'il » pensoit. M. Basnage n'a pu le convaincre, ni lui, )) ni les autres papes , d'avoir décide contre leur » conscience , comme Lulher et ses collègues sont » convaincus de l'avoir fait , par le reproclie do » leur conscience même, et de l'aveu de M. Bas-
» nage lui-même. »
On ne conçoit pas comment un homme aussi instruit que Basnage, a pu produire comme une découverte nouvelle ce décret de Grégoire II, qui u n.étoit Ignore de persoJine , dont toutes les eco- » les retentissoient, et que les plus novices en théo- » lo§^ie sm'oieiit par cœur, » et prétendre s'en faire un titre, « («) pour avertir ^os>s\xet ^ dUin ton per w et avec un air magistral , quil ne le rapporte )' que pour apprendre il M. de Meaux quil ne )) doit pas se faire honneur de V antiquité quil n a )> pas examinée. » Il semble que la réputation do science et de génie dont Bossuet jouissoit déjà dc- ])ui5 tant d'années, auroit dû interdire à Basnape ce ton de dédain , et un langage aussi déplacé. Aussi Bossuet lui répondit assez sévèrement, mais avec la mesure et la dignité qui lui convenoient : « ',*) Je laisse faire ci M, Basnage le savant tant » quil lui plaira; et il aura bon marché de moi )) tant quil ne me reprochera que de l'ignorance. » Je ne trouve rien de plus bas ^ ni de plus vain )) parmi les hommes , que de se piquer de science ;
» MAIS AUSSI NE FAL'T-IL PAS EN AVOIR BEAUCOUP POUIl î) RÉPONDRE A M. BaSNAGE. W
(") Défense de V Histoire des variations; ibid. p. 6ig. — {p) Ibid.