‹ Histoire de Bossuet, eveque de Meaux (volume 2)Chapitre 74 sur 154 · LIVRE NEUVlÈAIE. l · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVlÈAIE. l

membres vi^'ans de l'Eglise les hérétiques de toutes les sectes et de toutes les communions, à commencer par les idolâtres de l'Eglise romaine , parce que les uns et les autres professoicnt les ^principes fondamentaux du christianisme.

Bossuet profita de cet aveu pour obliger Juricu, en le pressant de conse'quence en consc'quence , à convenir, bon gré malgré, que les Sociniens euxmêmes, qui nioient la divinité de Jésus - Christ , étoient des membres vii'a?js de l'Eglise chre'tienne.

Jurieu sentit alors qu'il étoit allé trop loin pour les intérêts politiques de sa secte, et que toutes ses déclamations contre l'Eglise romaine n'avoient plus d'objet. Il voulut se retrancher dans sa fameuse distinction des articles fondamentaux et non fondamentaux ; et recommença à damner impitoyablement l'Eglise romaine et les Sociniens , sous prétexte qu'ils ne professoicnt point les articles fondamentaux.

Bossuet prit alors le parti le plus simple; ce fut de l'inviter à exposer lui-même ce qu'il entendoit par les ârùcles fondamentaux et non fondamentaux.

La réponse de Jurieu est curieuse. Il déclare qu'il ne veut -point définir quelles sont les sectes où Dieu peut ai'oir des élus , et où il n'en peut avoir. L'endroit ^ ajoute-t-il, est trop délicat et trop périlleux.

Mais une réponse aussi vague et aussi évasive . pe pouvoit pas satisfaire un esprit tel que Bossuet, Aussi on voit dans ce troisième Avertissement ^ comment il conduit Jurieu de raisonnement en raisonnement à dévaisonner de la manière la plus extravagante.

Ï44 niSTOlRE DE BOSSUET,

Il y a suvlout dans ce troisième Avertissement une discussion uès-iutéressante au sujet de l'Ecriture sainte. On sait que la maxime fondamentale des Protestans est de ne reconnoître que l'Ecriture sainte pour juge des questions de foi. On sait également qu'ils rejettent du nombre des livres canoniques de la Bible quelques-uns de ceux auxquels l'Eglise romaine attribue ce caractère. Bossuet demande au ministre Claude et à Jurieu comment les simples fidèles pourront distinguer les livres canoniques des livres non canoniques , puisqu'il faut bien commencer par savoir de quelles parties est formée l'Ecriture sainte , avant de la prendre pour règle de sa foi. En suivant cette discussion aussi loin qu'elle peut aller, il ne leur laisse que l'une de ces deux alternatives, celle d'abandonner l'inlerprétation de l'Ecriture à l'inspiration de chaque individu j ce qui conduit nécessairement aux illusions et aux illuminations des Quakers : ou de s'en rapporter au jugement d'une autorité infaillible 5 ce qui est finir par où les Catholiques commencent.

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