LIVRE DIXICME. IQI
« ceux qui cherchent à éleiidie l'autorité et les » droits du Siège apostolique au-delà des bornes » prescrites par les canons, et ceux qui entre- » prennent de lui contester l'autorité légitime î> qui lui appartient par Tinstitulion divine. »
Bossuet finit ce mémoire par conclure que la rc' l.-'tion de l'abbé Diipin sur les conciles d'E phase et de Chalcédoine , « affoiblit la primauté du saint » Siège, la dignité des conciles, l'autorité des Pères, » la majesté de la religion ^ et quon doit tout » craindre pour ceux qui veulent paroître savans » par des singularités. )>
On voit par mie lettre de Fénélon («) , qvie Bossuet lui avoit communiqué ce mémoire. Il lui écrivoit avec cette familiarité et cette confiance que rien encore n'avoit altérées. « J'ai été ravi de voir » la vigueur du vieux docteur et du vieux évéque. » Je m'imaginois vous voir en calotte à oreilles, » tenant M. Dupin comme un aigle tient dans ses » serres un foible épervier. »
Racine, parent et ami de l'abbé Dupin, et qui étoit lié de goût et d'estime avec Fénélon, eut recours à lui pour disposer Bossuet à accueillir avec indulgence les explications qu'il étoit prêt à donner. « M, Racine , écrivoit Fénélon à Bossuet, » quoique son très-proche parent, n'a pas voulu » néanmoins entrer dans ses intérêts, supposant » qu'il n'étoit pas à soutenir, puisque vous le con- » damniez. Il se borne à désirer de lui faire con- » noître son tort, et de travailler à le ramener y> dans le bon chemin, quand vous aurez eu la » charité de lui expliquer les égaremeas de sou » parent. »
W Pu 3 mars 169?,
19'*' HliTOTRE DE BOSSL'ET,
Ces différentes conside'rations engagèrent Bossuet à recevoir avec bonté l'abbé Dtipin, qui lui fut présenté par Racine lui-même. L'abbé Diipin lui déclara, qu'il étoit prêt à donner toutes les explications qu'il croiroit devoir lui dicter. Bossuet se montra satisfait de sa sincérité j et il se fit même un plaisir de l'encourager dans le dessein où il étoit de consacrer au service de l'Eglise ses heureuses dispositions , et cette passion pourl'étude qui se faisoit remarquer en lui.
Bossue t, que Whhé Dupin avoit craint de trouver trop sévère , s'étoit contenté des explications, qu'il lui avoit demandées pour qu'il ne restât aucun nuage sur sa doctrine. Mais M. de Harlay , archevêque de Paris, dont il avoit peut-être espéré plus d'indulgence , ne se montra pas aussi facile, Ce prélat condamna la Bibliothèque des Auteurs ecclésiastiques par une censure publique, et obtint un arrêt du parlement pour en défendre le débit.