‹ Histoire de Bossuet, eveque de MeauxChapitre 50 sur 120 · XIX. — Suites de ce refus · texte numérisé non relu

XIX. — Suites de ce refus

Mais ce qui nous a encore plus frappés , c'est de n'avoir trouvé, ni dans les ouvrages imprimés de Bossuet, ni dans ses manuscrits , ni même dans les papiers de l'abbé Ledieu qui nous a conservé tant de détails sur tout ce qui le concerne, aucune indication de quelque nature que ce soit, qui ait pu nous faire connoître , si Bossuet fut consulté sur le système qu'on adopta en France, pour le gouvernement des diocèses pendant cette longue suspension des institutions canoniques 'j;.

On seroit porté à présumer que cette mesure

(*) Au moment où cet ouvrage venoit d'être livré à Timpression, on a vu paroître un mémoire de M. le cardined Maury^ en date du 12 mai i8i4- On y lit page 12 :

« Dés que le refus des bulles fut articulé à Rome, Bossuet, n toujours aussi mesuré que lumineux dans les combinaisons ;> de son génie, Bossuet consulté par Louis XFS', lui conseilla » de nommer, comme de coutume, à tons les sièges vacans, r> de recevoir le serment de fidélité des nouveaux prélats , de « les mettre en possession de leur temporel , de les faire in- » slaller administrateurs spirituels par les chapitres respec- » tifs , et de les investir ainsi de tous les pouvoirs juridiction- ') nels de Tépiscopat dans chaque diocèse, n

Il seroit à désirer que M. le cardinal Maury voulût bien faire connoître la source où il a puijsé cette décision, ou ce conseil de Bossuet , que personne ne coanoissoit encore.

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fut indiquée dans le premier moment par M. de Ilarlay^ lorsqu Innocent XI refusa pour la première fois des bulles, et qu'on l'étendit successivement aux autres diocèses, qui se trouvèrent dans le même cas.

On doit dire en même temps qu'il ne paroît point que la Cour de Rome ait jamais élevé de réclamation sur la forme qui a voit été suivie en France pour le gouvernement des diocèses, quoiqu Innocent XI et même Alexandre VIII fussent portés à censurer avec amertume tout ce qui se passoit alors en France (0. On ne voit pas même que dans le coms des négociations qui eurent lieu sous Alexandre VIII et sous Innocent XII, ces deux pontifes aient adressé aucun reproche aux ecclésiastiques nommés aux évêchés , qui gouvernoient leurs diocèses en vertu des pouvoirs qui leur avoient été conférés par les chapitres.

On ne voit plus reparoître Bossuet comme conseil et comme autorité dans les discussions entre Rome et la France pendant le reste du pontificat d'Innocent Xï et le court pontificat d'Alexandre \ III.

Ce ne fut qu'à l'époque où toutes ces malheureuses discussions alloient cesser , qu'on eut recours à Bossuet pour mettre le dernier sceau à une convention qui avoit été arrêtée entre les deux Cours.

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