XXI. — Lettre des évêques au Pape
» Toutefois, plusieurs discussions prolongèrent » encore cette négociation, malgré le désir égal » que l'on avoit des deux côtés de la conduire » promptement à sa fin; mais tous les points de » la lettre des évéques se trouvèrent enfin réglés » au mois d'août lôgS; et elle fut envoyée à Sa » Sainteté le \\ septembre , signée de tous les pré- » lats nommés qui avoient assisté à l'assemblée de » 1682.
« Les termes de cette lettre étoient ménagés de t) manière, qu'elle ne pouvoit être considérée que î) comme un témoignage de la douleur que ces » évêques avoient ressentie, en apprenant les pré- » ventions où le Pape étoit entré à leur égard, à » l'occasion de ce qui s'étoit passé dans l'assemblée » tenue à Paris en 1682. Ils n'avouoient pas que « ces préventions fussent bien fondées, et ils se
jn^ RISTOIRE DE lîOSSUET,
» bornoient à marquer f/ue tout ce qui avoit pu être )) censé décrète' sur la puissance ecclésiastique dans » ladite assemblée , devait être tenu pour non dé- » crété, et qii'ils le tenoient pour tel; que de plus, » ils tenoient pour non délibéré tout ce qui avoitpu » eV/'e censé y avoir été déldyéré au préjudice des » droits des Eglises ^ leur intention n'ayant pas été » défaire aucun décret ^ ni de porter préjudice aux » autres Eglises.
» Le Roi avoit bien voulu , dès le commence - » ment du nouveau pontificat, suspendre les or- » dres qu'il avoit donnés en 1682 dans toutes les » écoles du royaume, de n'enseigner et de ne sou- » tenir sur la puissance spirituelle et temporelle » des papes, que la doctrine contenue dans les qua- » tre propositions établies dans l'assemblée du r> clergé. Sa Majesté laissant à cet égard une entière » liberté, de même que sur plusieurs autres ques- « lions qui ne touchent point à la foi, et que l'on )) abandonne à la dispute des écoles.
» Dans le même temps que les évêques qui » attendoient des bulles, écrivirent au Pape la fi lettre dont on étcit convenu, le Roi lui écrivit •a de sa main le i4 septembre 1693 la lettre sui- )) vante :