LIVRE SEPT ILSJlî
. Dans cette lellre , Bossuet montie l'intention que s'est proposée l'Eglise , en rendant de si grands honneurs au signe de la rédemption des hommes. « L'Eglise , en montrant la croix , a ramassé sous » cette simple figure toutes les merveilles de la » mort de Jésus-Christ. Là , comme dans un lamjase » abrégé, tout ce que le Sauveur a fait pour nous » se retrace à notre cœur et à notre pensée. Des M volumes entiers ne rempliroient pas ce qui est » exprimé par ces deux signes, par celui de la » Croix, qui nous dit tout ce que nous devons à » Jesus-Christ, et par celui de nos soumissions, qui » exprime au dehors tout ce que nous sentons pour . )> lui ))
» Quels honneurs, dit Bossuet, ne rend-on pas
» en public au livre de l'Evangile Ees Proles-
» tans eux-mêmes prêtent leurs sermens sur le livre » de l'Evangile. Par ces honneurs on témoigne son » attachement, non pas à l'encre et au papier, mais » à la vérité éternelle qui nous y est représentée. M Je n'ai encore trouvé personne d'assez insensé » pour accuser ces pratiques d'idolâtrie. Je demande )) à présent, qu'est-ce donc que la croix, sinon l'a- » brégé de l'Evangile, tout l'Evangile sous un seul » signe et sous un seul caractère....?
» Il ne faut qu'une seule chose pour confondre y> les esprits contentieux* c'est que le culte exté- » rieur n'est qu'un langage pour signifier ce qu'on » ressent au dedans. Si donc à la vue de la croix » tout ce que je sens pour Jésus-Christ se réveille, » pourquoi à la vue de la croix ne donnerois-je î) pas toutes les marques extérieures de mes senti- » mens?
» Les Protestans traitent ce culte de snpersti-
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3) tieiix , parce qu'il n'est pas commande'; et ils sont » si grossiers, qu'ils ne songent pas que le fond de y ces sentimens étant commandé, les marques si » convenables que nous employons pour les exci- 7) ter, ne peuvent élre cjue louables et agréables à >) Dieu et aux hommes
» Yoilà pour ce qui regarde les choses, après » quoi c'est une trop basse chicane de disputer des » mots. En particulier celui (Vadorer a une si î) grande étendue , qu'il est ridicule de le condam- » ner sans en avoir déterminé tous les sens. On » adore Dieu, et en un certain sens, on n adore » que lui seul. »
Bossuet rapporte ensuite un grand nombre d^exemples de l'usage que l'Ecriture elle-racme fait du mot adorer, sans qu'il se présente à l'esprit de qui que ce soit, Tidée du même culte que l'on rend à Dieu, et qui doit être réservé à Dieu seul.
Bossuet s'explique ensuite avec sa raison supérieure, et sa mesure ordinaire sur le culte qu'on rend dans quelques lieux aux larmes et au sang de Jésus-Christ.
« Savoir, dit Bossuet, s^il reste quelque part ou » de ce sang ou de ces larmes ^ c'est ce que l'Er> glise ne de'cide pas. Elle tolérée même sur ce su- » Jet les traditions de ceiiaines Eglises, sans qu'on » doive trop se soucier de remonter à la source. » Tout cela est indiffèrent et ne regarde pas le •fi fond de la religion. Je dois seulement vous averi) tiï que le sang et les larmes qu'on garde, comme » étant sortis de Jésus-Christ, ne sent orditiairey> ment que du sang et des larmes qu'on prétend S) sortir de certains crucijljc dans des occasions