LIVRE SEPTIÈME
si ce n'est par la pratique «t par le sentiment de l'Eglise?
Les prétendus re'formës eux-mêmes n'ont point d'autre moyen de se conformer à l'intention principale que Je'sus-Clirist s'est propose'e dans l'institution des sacremens; et puisqu'il y a dans l'administralion du baptême et dans celle de la cène beaucoup de circonstances où ils ne se règlent ni sur l'autorité de l'Ecriture, ni sur une parfaite conformité avec ce que Jésus - Chn'st a fait, son exemple n'est donc pas pour eux une règle invariable ; et ils sont obligés , comme les Catholiques, il se conformer à la pratique et au sentiment de TEglise.
« La partie la plus importante dans tous les sa- » cremens, dit Bossuet, c'est la parole, qui donne » à l'action son effet. Jésus-Christ n'en a prescrit » aucune expressément pour l'Eucharistie dans son y> Evangile, ni les apôtres dans leurs épîtres. Je- » sus-Christ a seulement insinué^ en disant : Faites » cec , qu'il faut répéter ses propres paroles, par î> lesquelles le pain et le vin sont changés. Mais ce » qui a déterminé invinciblement à ce sens, c'est » la tradition; c'est aussi la tradition qui a réglé les » prières qu'on doit joindre aux paroles de Jésusy> Chnst. »
Aussi voit-on que la communion sous u?i seule espèce s'est établie sans bruit, sans contradiction et sans plainte, de niême que s'est établi le baptême par simple infusion^ et tant d'autres coutumes innocentes.
On étoit si unanimement convaincu que la toutepuissance du divin instituteur avoit placé le corps dans une seule des deux espèces, qu'on céda sans
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conlradiclion aux considérations justes et raisonnables qui firent prévaloir peu à peu l'usage de ne donner la communion aux laïques que sous l'espèce du pain.
La crainte qu'on eut de répandre le précieux sang au milieu d'une multitude qui s'approchoit de la sainte table avec un empressement qui n'étoit pas exempt de confusion, surtout dans les grandes fêtes, fut probablement le premier motif qui détermina cette espèce de changement dans le rit eucharistique.
Il y avoit plusieurs siècles que les laïques ne comaïunioient que sous une seule espèce^ quand les Bohémiens s'avisèrent de réclamer contre cette coutume.
On ne voit pas miéme que Wiclef , quelque téméraire qu'il fdt^ en ait f^iit un sujet de reproche contre l'Eglise romaine.
Ce fut un maître d'école de Prague, nommé Pierre Dresde, qui le premier remua cette question. Il fut suivi de Jean Hus au comm.encement du quinzième siècle.
Encore doit-on remarquer que Jean Hus n'osa pas dire d'abord que la communion sous les deux espèces fut nécessaire; il lui suflisoit qu'on avouât (l\i'\\ éio'il permis et expédient delà donner; mais il n'en déterminoit pas la nécessité; tant il étoit établi qu'il n'y en avoit aucune.
Aussi, lorsque les disciples de Calvin, dans le seizième siècle, adhérèrent par esprit de contradiction au sentiment de Jean Hus sur ce point de discipline, ne purent-ils trouver une plus haute origine que la fm du douzième siècle; pour repré-