‹ Histoire de Bossuet, eveque de MeauxChapitre 84 sur 120 · LIVRE StPTICMf. 1 yj · texte numérisé non relu

LIVRE StPTICMf. 1 yj

second commissaire. Ce fui l'abbc de Saint- ^^ndre'i^), jeune encore, et qui depuis a e'te' grand-vicaire et officiai de Meaux sous le cardinal de Bissy. Il a survécu près de soixante ans à cet événement assez singulier dans la vie d'un ecclésiastique.

Ce fut en effet la seule et dernière fois qu'on a vu en France un prêtre revêtu d'une semblable commission. Ce synode se tint au mois d'août i683, et dura environ trois semaines. Il fut composé de cinquante-quatre ministres , et présidé par Allix , le plus accrédité des ministres de Charenton. Le ministre Claude y parut, non comme membre du synode , mais pour lui présenter une demande particulière qui fut rejetée.

On préchoit deux fois par jour , et les ministres qui s'éloient partagé ces prédications , les ramenoient ordinairement à la morale. Les mœurs de& Catholiques y étoieut souvent censurées, avec circonspection néanmoins, par respect pour les com-. missaires du Roi. Un jour cependant le ministre Allix ne craignit point de s'abandonner à son zèle plein de fiel et d'aigreur. Mais le premier commissaire se levant pour lui imposer silence , lui dit : a Monsieur ^ si vous continuez sur ce ton , Je vous r> ferai sortir de la chaire et de l^ assemblée. Appre- » nez a parler respectueusement de la religion que » professe votre souverain. »

Lorsque Bossuet devint évéque de Meaux , il n'exisioit dans son diocèse qu'environ trois mille Calvinistes, dont la plupart de basse condition ignoroient les maximes les plus communes de la religion qu'ils professoient, et les premiers éléoiens de leur

CO II avoit trente-un ans. Il est mort en 1740, âgé de quatre-Yingt-huit ans.

•propre catéchisme. Mais ils ëloient, comme il arrive presque toujours, si enté lés dansleur ignorance, qu'on ne pouvoit les instruire qu'avec beaucoup de patience dans des conférences particulières (O-

A l'époque delà révocation de VEdit de Nantes, Bossuet établit â Meaux , dans la chapelle de son palais, des conférences réglées, où il réunissoit les nouveaux convertis.

Mais au lieu de s'entendre et de se rapprocher , les esprits s'aigrissoient dans ces espèces de luttes publiques* elles finirent par devenir tumultueuses, et il fallut changer de plan. On substitua à ces conférences publiques des entretiens particuliers , où 1 on appelolt successivement chaque famille. Bossue.t se réserva l'instruction des familles de la ville et des lieux voisins. « Ce qui réussit mieux , dit l'abbé Le- » dieu , et n'a pas eu néanmoins un effet fort con- » sidérable. »

(0 L'abbé Ledieu rapporte un trait singulier, qui donne toute la mesure de leur instruction.

« Le i5 décembre i685 , écrit Tabbé Ledieu, les Cafets , >) c'est ainsi qu'on appelolt les vignerons habilans du fau- 3> bourg de Saint-Nicolas de Meaux, furent trouver M. de » Meaux en son palais épiscopal , pour faire abjuration » entre ses mains. En se présentant à lui , ils le saluèrent, » et lui dirent : Je ne doutons plus , et sommes convaln- )> eus qu'il faut être Catholiques , et nous convertir entre 3) vos mains. Mais , Monseigneur , je ne voulons pas obéir » au Pape. »

On se doute bien que Bossuet ne perdit pas son temps à raisonner avec ces puissans théologiens. Il se borna à leur répondre : « Qu'appelez-vous obéir au Pape.-* le Roi » lui obéit bien , et moi je lui obéis. Il n'en fallut pas d'a- )) vantagc pour achever de les convaincre. Ainsi , ils firent i> leur abjuration, et la signèrent. » Manuscrits de Ledieu.

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