‹ Histoire de Bossuet, eveque de MeauxChapitre 85 sur 120 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

La Ferté-sous-Jouarre étoit, après la ville de Meaux , le lieu le plus considérable du diocèse, et celui où l'ou coraptoit le plus de Protestans. Bossuet chargea trois ecclésiastiques d'y faire une mission qui dura tout l'Avent. Il s'y rendit souvent luimême pour exciter le zèle des missionnaires par sa présence et ses avis. Un ecclésiastique surnuméraire étoit uniquement destiné à l'instruction des nouveaux convertis, et à perpétuer le bien que les missionnaires avoient commencé. Il établit des institutions semblables dans les endroits principaux de son diocèse. Le prêtre qu'il y plaçoit n'étoit chargé que d'instruire et de diriger ces néophytes, dont la foi étoit encore si chancelante et si incertaine, mais qui promettoient au moins une nouvelle génération dont la foi seroit moins équivoque et plus éclairée. Bossuet eut soin en même temps de pourvoir de maîtres et de maîtresses d'école toutes les paroisses qui en manquoient.

A la tête de tous ces établissemens particuliers, il plaça comme directeur général le sieur Chaherty ecclésiastique dont le zèle et les talens étoient éprouvés depuis quatorze ans, et avoient obtenu la confiance générale. Il le chargea d'entretenir des rapports suivis avec tous les nouveaux Catholiques , de régler tout ce qui concernoit leurs mariages , et de les exhorter à remplir leurs devoirs de religion.

Il eut recours pour toutes ces institutions à la libéralité du Roi, qui avoit annoncé sa disposition à concourir au succès de ce grand ouvrage. On peut se faire une idée de ce genre de secours par un mémoire que Bossuet présenta lui-même.

Il se bornoit à demander, i° un honoraire pour quatre prêtres employés spécialement à l'instruc-

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tion des nouveaux convertis , et il fîxoit cet honoraire pour chacun d'eux à quatre cents livres; '2" un traitement pour trois maîtres et deux maîtresses d'ëcolc pour quelques paroisses qu'il indiquoit ; 3" deux places aux nouvelles Catholiques pour deux demoiselles qui se trouvoient sans père , sans mère et sans bien. Enfin, il supplioit le Roi de convertir en une pension annuelle la gratification de quatre cents livres ({\x'i\ avoit la bonté d'accorder à l'ecclë-. siastique chargé de surveiller tous ces établissemens.

Tels étoient les foibles moyens que Bossue t jugeoit sufïisans pour opérer de grandes choses. Les gouvernemens n'ont pas toujours paru assez convaincus de tout ce qu'ils pouvoient faire de bon et d'utile avec le seul secours des instrumens delà religion. Le nécessaire suffit à des hommes supérieurs aux besoins du luxe et de la mollesse. Ceux qui n'ont en vue que Dieu et la religion , n'ont pas même besoin de la gloire humaine. Mais les gouvernemens ont besoin de leur assurer pour leur propre intérêt cette espèce de considération publique, sans laquelle leur ministère perd une partie de son influence sur l'opinion des peuples. Les établissemens durables, les monumens immortels sont toujours ceux qui reposent sur la religion. Le christianisme s'est établi sans le secours des liommes et malgré la résistance des hommes, et Bossuet disoit souvent avec un sentiment profond d'admiration («) : « // semble que les apôtres et » leurs premiers disciples aient travaillé sous terre , » pour établir tant d'Eglises en si peu de temps y » sans que Von sache conunent. »

Lorsque Bossuet jugea que les nou^'^aux con- {") l>{oteî> manuscrites de l'abbé Fleury.

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