Millotct, Mémoire, p
La Bourgogne Monarchique. chapitre
sommes sur le point de vous envoyer. » Cet appel est entendu. Les bourgeois prêtent serment de vivre et mourir pour le service du roi, mettent son portrait au chapeau, et, le soir, les sentinelles prenant ou quittant la garde, crient : Vive le roi! La surveillance des remparts est doublée; les canons sont placés sous la conduite d'un officier d'artillerie; les clercs, les moines, les femmes travaillent aux fortifications. Le combat de Bléneau (8 avril) détourne le danger. Condé, en traitant avec les Espagnols, se discrédite. Seurre succombe au mois de juin 1653, et ses bastions démantelés sont livrés aux Capucins pour s'y établir. D'Épernon, de retour, est salué aux portes de Dijon par Millotet en hausse-col et les bourgeois « parés à l'avantage » ; les villes de la province lui offrent comme souvenir un magnifique service en or massif.
Six ans après, le traité des Pyrénées LOUIS XIV (1659) donna leur conclusion à ces événe-
AU PARLEMENT ^ / ^ w , i tJ-
DE DIJON. raents. Condé, repentant et désormais soumis à la volonté royale", recouvra le gouvernement de Bourgogne. Au mois de novembre de l'année précédente, Louis XIV, alors âgé de vingt ans, était venu à Dijon. Le Parlement, qui se ressentait encore de la Fronde, refusait d'enregistrer quelques nouveaux édits bursaux. L'épée au côté, escorté de ses grands officiers, d'une partie des Cent Suisses et de nombreux gentilshommes servants, Louis entra dans la Grand'Chambre, sassit sous un dais de drap d'or, et, sur son ordre, le chancelier Séguier invita la cour à recevoir les édits. Le premier président, Nicolas Brûlart, ayant répondu « que la puissance d'un grand monarque sera toujours mesurée au pied de sa justice », Seguier fit ouvrir les portes sans mot dire, afin que le greffier donnât lecture des pièces, et l'enregistrement eut lieu suivant la coutume des lits de justice. C'était la première fois qu'un pareil fait se produisait en Bourgogne. Le Parlement ayant osé rouvrir le débat après le départ du roi, Brûlart fut exilé à Perpignan. Dans la province comme à Paris,
GOUVEHNEl HS DE BOURGOGNE AU XVIP SIÈCLE