DE 1657 A
Jlib!. nat., Estampes. Cuil. de Porlfails.
PI. 34, p. 308.
TROISIÈME L'Ancien Régime.
et de ses forces, avec ce qu'il était lorsque notre Prince en prit le gouvernement! Chaque conjoncture, chaque événement a été, dès cet instant, toujours un nouveau sujet d'admirer et de révéler l'excellence de son génie. Sa pénétration et sa prévoyance à qui rien n'échappe, sa fermeté que rien n'ébranle, sa présence et sa raison toujours égales et tranquilles lui ont acquis l'autorité de ramener toujours les choses au point de ses justes et vastes desseins et d'y assujettir même pour ainsi dire la fortune. Enfin tant d'actions surprenantes, de conquêtes et de triomphes, se joignant à la plus rare sagesse, font également respecter dans tout l'univers sa puissance et sa personne, et sont les plus solides et les plus glorieux soutiens de son empire...
C'est cette supériorité de génie de notre incomparable monarque qui lui fait pénétrer et toujours déconcerter les desseins de ses ennemis ; et c'est par elle qu'il a su, pendant cette grande guerre i, les arrêter dans leur pays, y faire vivre à leurs frais ses armées, en tirer de fortes contributions pour le soulagement de ses peuples, et y gagner l'année dernière trois batailles. Mais c'est elle seule qui pouvait lui faire imaginer de si loin, conduire et exécuter en personne cette dernière et étonnante entreprise, d'assembler en secret et faire subsister malgré la saison une armée formidable, et d'emporter rapidement à la vue de ses ennemis, par la puissance et la terreur de ses foudres, presque sans perle d'hommes, la plus forte et plus importante de leurs places en Flandre, en même temps que d'autres en Italie de grande réputation, pendant que tant de princes ligués, assemblés et enflés d'espérance par leur grand nombre, délibéraient d'envahir cet État. Action célèbre et héroïque s'il en fût jamais, dont la mémoire durera autant que l'histoire de notre empire, et dont l'éclat et l'utilité seront longtemps le sujet de l'admiration et de la joie publiques 2.
La guerre de succession d'Espagne arriva, L'HIVER et la Bourgogne eut sa part des maux qui DE 1709. l'accompagnèrent. L'hiver de 1709 fut particulièrement terrible. Il commença le 2 janvier par quatre jours de pluie, suivis d'une bise glaciale qui dura six semaines. Le Rhône et la Saône se prirent entièrement; les arbres fruitiers et les vieilles vignes furent détruits; on trouvait le vin gelé dans les caves, les oiseaux morts dans les bois, les bêtes dans les élables. « Au milieu d'avril, raconte un chanoine de Notre-Dame de Beaune, la terre était encore gelée à fond et elle répandait une odeur puante