Eugène Spuller, Figures disparues, p. IX
DEUXIÈME Le Dix-Neuvième Siècle.
tion, employèrent 136 000 ouvriers; les forges de la Côted'Or reçurent un nouvel essor. Le retour de la monarchie laissa craindre une réaction économique analogue à la réaction politique; le Conseil général de la Côte-d'Or demanda plusieurs fois le rétablissement des corporations et des jurandes. Ce vœu ne fut pas écouté, et le gouvernement de Louis XVIII fit voter la loi du 24 août 1822, qui consacrait vingt-cinq millions à l'achèvement du canal de Bourgogne. Celui-ci fut définitivement ouvert le 2 janvier 1833, et le canal du Rhône au Rhin Tannée suivante. Peu après, la loi sur les chemins vicinaux (1836) réunit les villes aux campagnes, et les chemins de fer furent créés.
Il avait d'abord été question de construire une voie ferrée de 27 kilomètres entre Épinac et le canal de Bourgogne, pour faciliter le transport de la houille. En 1837, le ministre Mole déposa un projet qui comportait une section de Paris à Marseille par la Bourgogne ; un comité, formé de grands propriétaires, d'industriels, « de tous les hommes éclairés qui représentaient plus directement les intérêts de la Bourgogne », recueillit par souscription les fonds nécessaires aux premières études. Enfin la loi du 24 octobre 1842, qui peut être considérée comme l'acte de naissance des chemins de fer français, décida la création de deux lignes, l'une de Paris à la Méditerranée par Dijon et Lyon, l'autre de la Méditerranée au Rhin par Dijon et Mulhouse. Des compagnies privées se partagèrent les concessions. Au début du second Empire, voyageurs et marchandises circulaient entre Paris et Chalon, Avignon et Marseille; mais l'on se demandait s'il était utile de « poser des rails parallèlement à la Saône et au Rhône, ces deux voies étant suffisantes pour les besoins du commerce ». Le raccordement de Chalon à Avignon se fit néanmoins, en même temps que la ligne de Dijon à Besançon (1854-18.jo). Le réseau bourguignon a été complété par divers embranchements, entre autres ceux d'Auxonne à Gray (1856), de Dijon à Langres (1872) et de Dijon à Saint-Amour, celui-ci inauguré le 20 juin 1891.
La Bourgogne Contemporaine. chapitre
La construction des chemins de fer a fait LES USINES de la Bourgogne la voie des échanges rapides DU cREUsoT. entre la France, les contrées méditerranéennes el ritalie. Le commerce y a gagné un surcroît d'activité. Le développement industriel du bassin houiller de Saône-el-Loire en a été en partie la résultante ; la grande cité ouvrière du Creusot s'est développée avec une rapidité presque américaine. Fonderie de canons sous la Révolution et l'Empire, elle reçut, sous la Restauration, une manufacture de cristaux de la reine installée auparavant à Sèvres, mais la paix lui fut fatale. L'établissement périclita jusqu'à ce que M. Eugène Schneider* en prit la direction (1836). Il se fit délivrer un brevet d'invention pour la construction du « marteau-pilon », et, mettant à profit la découverte de la vapeur, fabriqua des locomotives et des machines pour les navires. La transformation de l'outillage en 1860 et l'augmentation des hauts fourneaux accélérèrent encore la production. Aujourd'hui le Creusot emploie 12 000 ouvriers et concentre dans ses ateliers l'industrie du fer sous ses trois formes essentielles : extraction de la houille; fabrication de la fonte, du fer et de l'acier; construction de machines et de canons. Une usine installée à Ghalon, le Petit-Creusot, fait des ponts métalliques et des bateaux. La ville, qui comptait 2 700 âmes en 1830, atteint '32 000 habitants : c'est la plus peuplée du département de Saône-et-Loire.
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Les réformes de la Convention touchant l'instruction publique n'avaient pas porté
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INTELLECTUEL, leui's Iruits. Lcs Lcolcs centrales peu tréquentées et coûteuses, les instituteurs médiocres et mal traités faisaient regretter les anciens collèges et les maîtres d'autrefois-. Napoléon I" remplaça les Écoles centrales par les lycées, établit à Dijon une école de droit avec