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DIJON

Collection du Photo-CluT}.

LE CUKUSOT.

DEUXIÈME Le Dix-Neuvième Siècle.

cinq professeurs et deux suppléants (1806); lorsqu'il fonda rUniversité impériale, ii y institua une Académie avec un recteur assisté d'un conseil académique (1808). Mais l'instruction primaire restait négligée et l'enseignement avait un caractère tendancieux; les préfets s'enquéraient des « principes moraux et politiques des professeurs » et ceux-ci choisissaient de préférence des sujets « propres à disposer les élèves aux sentiments d'amour et d'admiration pour la quatrième dynastie ». L'organisation de l'instruction primaire fut l'œuvre de la monarchie de juillet et de la troisième République. La loi Guizot, du 21 juillet 1833, créa dans chaque commune une école publique, dans chaque arrondissement un inspecteur primaire, dans chaque chef-lieu de département une école normale pour former des instituteurs. Quatre ans après, Dijon, Bourg, Mâcon, Auxerre avaient leurs écoles normales. Le nombre des écoles primaires s'éleva de 1 834 en 1832 à 2 818 en 1837 ; celui des élèves, de 112 718 en 1832 à 164 375 en 1837. Les lois de 1881-82, en instituant la gratuité et l'obligation de l'enseignement, furent le signal d'un nouveau progrès : la population scolaire atteint à l'heure actuelle 280 000 élèves environ. L'Université de Dijon, formée des trois facultés de droit, des sciences et des lettres, et d'une école de médecine, constitue l'enseignement supérieur.

L'initiative locale a favorisé cet essor. Dans toutes les villes de quelque importance se sont développées des sociétés savantes, qui cherchent à faire r-^vivre le passé de la vieille province et pubhent des mémoires où les sciences, la littérature, l'histoire, tiennent une place égale. Ce sont : dans la Côte-d'Or, l'ancienne Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon, reconstituée en 1802, la Commission des Antiquités de la Côte-d'Or (1831), la Société bourguignonne de géographie et d'histoire (1881), la Société d'histoire, d'archéologie et de littérature de Farrondissement de Beaune (1851), la Société des sciences historiques et naturelles de Semur (1842); dans Saône-et-Loire, la Société éduenne, dont le siège est à Autun (1836), VAcadémie de

La Bourgogne Contemporaine. chapitre

Mâcon, qui existait dès 1803 sous le titre de Société d'encouragement, la Société dhisloire et d archéologie de Chalon-sur- Saône (1844) ; dans TYonne, la Société des sciences historiques et naturelles de r Yonne eila. Société d'éludés d'Avallon; dans l'Ain, la Société d'émulation (1801) et la Société historique, littéraire et archéologique du département de l'Ain (1872).

La Bourgogne compte au xix" siècle LES ÉCRIVAINS, dcux auteurs secondaires : Thistorien Achille LAMARTINE. Je Vaulabclle (1799-1869)', qui a laissé une Histoire des deux Restaurations ; le littérateur Désiré Nisard- (1806-1888), professeur d'éloquence à la Sorbonne, directeur de l'École normale supérieure, membre de TAcadémie française, auquel on doit les Poètes latins de la décadence et une Histoire de la littérature française. Elle s'enorgueillit de trois grands écrivains, Lamartine, Lacordaire et Quinet.

Alphonse de Lamartine (né à Mâcon, 1790-1869) est, avec Victor Hugo, le plus grand poète du siècle. Son enfance fut entourée de tendresses charmantes, qui lui laissèrent ignorer « ce qu'était une amertume du cœur, une gêne de l'esprit, une sévérité du visage humain ». En 1820, il publia sa première œuvre poétique, les Méditations, suivie trois ans après des Nouvelles Méditations. A trente-neuf ans, il entrait à l'Académie, et justifiait cet honneur en donnant bientôt les Harmonies poétiques et religieuses, « d'une ampleur et dune puissance d'orchestration étonnantes » (1830), Jocelyn et la Chute d'un ange, deux poèmes philosophiques dont les longueurs sont rachetées par de grandes beautés. Le goût de la politique, qui le prit vers 1837, fit de lui l'historien éloquent, sinon exact, des Girondins; devenu député de sa ville natale, il prononça des discours qui eurent un grand retentissement^. La Révolution de 1848 l'ayant fait ministre des Affaires étrangères et l'un des souverains du jour, il

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