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DEUXIÈME Le Dix-Neunème Siècle.

Les arts, toujours en honneur, offrent LES GBANDS yn grand peintre, Prudhon, un g-rand sculp-

ARTISTES. 1 T-> 1 o i

PRUDHON teur, Rude.

ET RUDE. Pierre Prudhon, de Cluny (1758-18ol),

élève de Devosge et pensionnaire des États de Bourgogne à Rome, se forma par Félude des maîtres italiens, Raphaël, Léonard de Vinci, le Corrège. Son talent fut mis en lumière, au salon de 1799, par un tableau allégorique, La Vérité descendanl des deux conduite par la Sagesse, qui lui valut un logement au Louvre, mais non la fortune, car il fut réduit, pour vivre, à faire des en-têtes de lettres administratives, des brevets d'invention et même des factures. La faveur de son compatriote, le préfet Frochot, le tira delà médiocrité, en faisant de lui l'ordonnateur des fêtes impériales, qu'il commémora dans des compositions célèbres. Il donna aussi la Justice et la Vengeance divines poursuivant le Crime et r Enlèvement de Psyché par Zéphyre (1808), Joséphine à la Malmaison, le Portrait du roi de Home (1812), le Christ expirant, son dernier ouvrage. D'une nature douce et mélancolique, malheureux dans sa vie privée, Prudhon a transporté dans ses œuvres la sensibilité exquise dont il était doué et réalisé un idéal « où la grâce des mythes anciens se nuance d'une ingénuité délicieuse ».

Prudhon est un artiste exceptionnel que rien 'ne faisait prévoir et qui n'a pas fait école. François Rude (né à Dijon, 1784-1855) est le continuateur de Claus Sluter et des sculpteurs bourguignons du xV siècle. Épris d'une vive admiration pour les anciens, dans lesquels il voyait des hommes exceptionnels, il s'inspira d'abord de leur exemple et leur emprunta ses sujets : Marius sur les ruines de Carthage (École des Beaux-Arts de Dijon), Aristée déplorant la perte de ses abeilles. Mais bientôt il s'affranchit de cette tutelle, substitua aux sujets mythologiques des sujets pris dans le temps présent, et ne voulut plus « rien emprunter qu'au monde visible ». Le Jeune pêcheur napolitain jouant avec une tortue (Salon de 1833) fut son premier succès. Il fit ensuite le Baptême du C/im/ (1841), le Tombeau de Godefroi

La Bours^os^ne Contemporaine . chapitre

Cavaignac et Napoléon s'éveillant à Vimmortalité (1847), la Statue de Monge qui esta Beaune (1848), Jeanne d'Arc écoutant les voix (1852). Son œuvre capitale est le haut-relief de TArc de Triomphe de l'Étoile, qui figure le Départ des Volontaires en 1792 : dans ce morceau, il a rendu avec une énergie étonnante Tidée de dévouement à la patrie.

A côté des grands noms de Prudhon et AUTISTES (jg Rude, quantité de noms honorables mériohDRE. ^^^^ d'être cités. Dans Tarchiteclure : deux Chalonnais, Félix Roguet (1822-1888), le restaurateur du château de Chenonceaux et de l'hôlel Carnavalet; Félix Narjoux (1845-1891), élève de Viollet-le-Duc, qui écrivit, sur l'architecture des différents pays d'Europe, des ouvrages remarqués. Dans la sculpture : François Jouflroy, de Dijon (1806-1882), l'auteur des statues àe Bonaparte à Auxonne, de Saint Bernard à Dijon, et d'un joli marbre. Jeune fille confiant son secret à Vénus (jai'din du Luxembourg), qui eut un vif succès au Salon de 1839; Paul Cabet, de Nuits (1815-1876), le meilleur élève de Rude après Carpeaux, qui acheva les ouvrages du maître, exécuta son buste en bronze, et a laissé d'admirables figures de la Douleur et de la Poésie; Eugène Guillaume, de Montbard (1822-1904), professeur d'esthétique au collège de France et directeur de l'École de Rome, écrivain et artiste fécond, dont ^œu^Te comprend surtout des statues ou des bustes d'hommes célèbres, Colbert, Pascal, Bousseau, Claude Bernard. Parmi les peintres, Félix Trutat (de Dijon, 1824-1848), l'auteur de la Bacchante couchée (Musée du Louvre) ; Antoine Chintreuil, de Ponl-de-Vaux (1816-1876), un travailleur acharné, que les conseils de Corot poussèrent heureusement vers le paysage, et dont on admire au Louvre, après les avoir dédaignés de son vivant, VEspace et Pluie et Soleil; Bénédict Masson, de Sombernon (1819-1898), connu surtout par de vastes compositions décoratives sur mur ou sur toile, parmi lesquelles la Bataille du lac Trasimène (Musée de Dijon).

DEUXIÈME Le Dix-Neuvième Siècle.

Ces manifestations artistiques répétées, CONCLUSION, si on les rapproche des manifestations d'éloquence qui ont eu lieu à la même époque, sont significatives. Elles prouvent que, de saint Bernard à Lacordaire et des imagiers anonymes du moyen âge à François Rude, à travers les dislocations politiques et les transformations sociales, le tempérament bourguignon n'a point changé. Epris de beaux discours, de belles œuvres et aussi de liberté, tel il était jadis, tel il nous apparaît à l'aurore du xx"" siècle. C'est à ces qualités maîtresses que les Bourguignons ont dû de jouer un grand rôle dans l'histoire : on peut dire que, grâce à elles, la Bourgogne n'a jamais cessé de présenter l'un des aspects les plus caractéristiques et les plus nobles du génie français.

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