LES TEMPS MÉROVINGIENS
LE principal historien de l'époque mérovingienne, Grégoire, évêque de Tours, DE TOUBS. était auvergnat par son père, mais bourguignon par sa mère, Armentaria, petite-fille de Grégoire, évêque de Langres. Il adorait cette bonne femme, naïve et superstitieuse, invoquant sans cesse les noms des saints et leur attribuant d'extraordinaires miracles. Comme Armentaria était retenue dans son pays par le mauvais état de sa santé, Grégoire, sans craindre les fatigues du voyage ou les attaques des brigands embusqués au passage de la Besbre, quitta plusieurs fois Tours pour aller lavoir. Il visita ainsi les diocèses de Chalon et d'Autun,la ville de Dijon. Non seulement dans ÏHistoire ecclésiastique des Francs, son ouvrage essentiel, mais dans tous ses
1. Sources : Grégoire de Tours, Œuvres complèlei. Marius d'Avenches, Chronique cilée. Chronique du soi-disant Frédegaire, avec sa continuation, éd. Krusch, 1888, dans les Monamenla Germanise hislorica, in-4. Vie de Saint-Jean de Réomé par Jonas de Bobbio, dans le Recueil des Actes des Saints de Mabillon, t. I, p. 633 et suiv. Vies de saint Léger, dans le Recueil des Bollandisles, octobre, t. I, p. 335-451. Lettres de l'époque mérovingienne, 1892, dans les Monumenta Germanix historica, in-4. Conciles de l'époque mérovingicnre, éd. Maassen, 1898, dans la même collection.
Ouvrages modernes : Monod, Eludes critiques sur les sources de l'histoire mérovingienne, dans Bibliothèque de l'école des Hautes-Etudes, 1872. Drapeyron, Du rôle de la Bourgogne sous les Mérovingiens, Paris, s. d. Longnon, Géographie de la Gaule au VI' siècle, 1878, et Allas historique (le.\te et caries). Kurth, Clovis, 2 vol., 1901; La reine Brunehaut, dans Revue des questions historiques, 1891; Histoire poétique des Mérovingiens, 1893. Albers, Konig Dagobert in Gesrhichie, Légende und Sage, 2« éd. Worms, i88V Doni Pitra, Histoire de saint Léger, in-8, 1846. Du Moulin-Ekkart, Leudegar, Bischof von Aulun, Bresslau, 1890.
Les Oi-igines. chapitre
autres écrits, les Vies des Pères, le Livre des Miracles, il a parlé de la Bourgogne avec une grande abondance et une sorte de tendresse émue. Les deux autres chroniqueurs mérovingiens, Marins, évêque d'Avenches et Lausanne, et le soi-disant Frédegaire, avaient également des attaches bourguignonnes. Marins naquit au diocèse d'Autun, et il possédait une villa près de Dijon, à Marsannay-la-Côte. L'auteur de la première partie de la Chronique de Frédegaire vécut probablement à Ciialon-sur-Saône, et ses continuateurs, le duc Childebrand et son fils Nibelung, furent chargés par Charles Martel, leur parent, du gouvernement des pays bourguignons, (irâce à ce concours heureux de circonstances, la condition de la Bourgogne sous la domination franque nous est relativement connue.
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VADMLxiSTiRA- gondcs avaicnt véritablement occupé le pays.
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Les Romams, par 1 mtermcdiaire de leurs soldats et de leurs négociants, les Burgondes par grosses troupes, s'étaient introduits parmi les anciennes populations celtiques; ils avaient pris leur part du commerce et des terres, imposé de nouveaux usages. Les Francs agirent tout autrement. Ils ne privèrent pas les Burgondes de leurs droits ; ils ne les dépossédèrent pas de leurs terres. La loi Gombette fut conservée intégralement; les hommes « de race franque », qu'on trouve dans le pays à partir de 53 i, ne sont pas des colons venus pour dépouiller les vaincus, mais des fonctionnaires envoyés pour les administrer et qui partagent les charges publiques avec eux. Au vie siècle, lÉlat mérovingien, tout en restant unique en principe, se divise peu à peu en trois grandes régions, ayant chacune à sa tête un prince de la maison de Clovis. Avec la ÎSeustrie et l'Austrasie, la Bourgogne est une de ces régions, et, bien que ses souverains s'intitulent rois des Francs (reges Francorum], elle continue de s'appeler, dans la langue officielle et courante, le royaume de Bourgogne [regnum Burgundiœ).
TROISIEME
Les Temps mérovùigiens.
Les principaux rois mérovingiens de LA MARCHE Bourgogne ont été : Théodebert (534-548), DE BOURGOGNE. Gontran (361-593), Childebert ÎI (593-390), Thierry II (596-613) au nom duquel régna Brunehaut, Dagobert (628-638), Clovis II, qui commence la série des « rois fainéants^ ». Les limites du royaume ont varié au gré de l'ambition et de la puissance de ces princes. Bestreint parfois à la vallée de la Saône et du Bhône, il s'est étendu, à d'autres moments, sur une grande partie de la Gaule. Mais il a joué toujours le même rôle. Situé le long du Jura, des Alpes et de la côte méditerranéenne, il est devenu une sorte de marche-frontière chargée de protéger la France contre les ennemis du dehors.
De l'autre côté des Alpes vient de s'établir un nouveau