SAINT LEGER
Léger. JNé vers 616 d une riche famille franque qui habitait probablement l'Alsace, saint Léger fut envoyé, encore enfant, auprès de Clotaire II ; mais il le quitta pour suivre à Poitiers son oncle Diddon, évêque de cette ville. Diddon lui enseigna tout ce que savaient alors les puissants du siècle, et lui donna les ordres. Léger devint successivement archidiacre, abbé de Saint-Maixent, et, après un nouveau séjour à la cour où la reine Bathilde l'appela pour instruire le jeune roi Clotaire III, il fut fait évêque d'Autun (661). A ce moment, les
Les Origines. chapitre
grands de Bourgogne avaient rencontré un ennemi redoutable dans le maire du palais de Neustrie, Ébroïn; il ne leur était plus permis de quitter leurs terres sans autorisation et la plus légère faute était punie de mort. L'évcque d'Autun se mit à la tête de la résistance. Ébroïn, revêtu du costume monastique, fut enfermé à l'abbaye de Luxeuil, et son vainqueur devint, sous le nom du roi Childéric, le véritable chef de l'État. Mais, par sa jeunesse passée à la cour et son tempérament, saint Léger était un homme de gouvernement, et de plus il appartenait à l'Église. Une fois maître du pouvoir, il travailla de toutes ses forces à rétablir Tordre; il restaura la discipline dans le clergé bourguignon et se montra, par tous ses actes, un sévère justicier. Aussi ses anciens amis se retournèrent-ils contre lui. Aux fêtes de Pâques de 673, il alla rejoindre Ébroïn dans sa prison, puis, une révolution du palais l'en ayant fait sortir, il fut assiégé dans Autun par Deddon, évêque de Chalon, et Waimir, duc de Champagne, emmené prisonnier dans un monastère et mis à mort (676).
« Alors, dit son biographe, les hommes qui avaient été condamnés à l'exil reviennent sans crainte, comme des serpents pleins de venin ont coutume, au retour du printemps, de quitter les cavernes qu'ils habitent pendant l'hiver. Leur fureur s'exhale avec une telle violence et produit un tel ti'oublc dans la patrie qu'on croit à la venue de l'Antéchrist. Les gouverneurs de provinces s'attaquent les uns les autres avec des haines terribles, et, comme il n'y a pas de roi établi au faîte du pouvoir, cliacun voit la justice dans sa propre volonté, et agit sans redouter aucun frein. »
Les ennemis extérieurs, les Arabes sur- LES isvAsioss tout, profitèrent de la situation. Le viii' siècle ARABES. fut pour la Bourgogne un siècle de ruines. Autun, en décadence depuis la chute de l'Empire romain, avait réussi à se relever, grâce aux largesses de Brunehaut et de saint Léger. Brunehaut y bâtit une église dédiée à saint Martin, un monastère de femmes con-
TROISIÈME Les Temps mérovin.giens.
sacré à sainte Marie; saint Léger répara les monuments anciens, décora les églises de voiles d'or et de mosaïques, construisit un hospice auprès de la basilique de Saint- Nazaire. Au mois de septembre 725, les Arabes détruisirent la ville, après l'avoir systématiquement ruinée. Ils revinrent encore en Bourgogne, quelques années après, dévastant, incendiant, souillant les lieux saints, emmenant les habitants prisonniers en Espagne (731). Puis ce fut Waïfre, duc des Wascons, qui ravagea tout le pays entre Autun et Chalon, brûla la villa royale de Malay et rentra chez lui, chargé de butin, sans avoir été inquiété (761).