DE L'ART
BOURGuiGNoy. ^1^6 la reproduction des monuments romams. Les églises, construites après le triomphe du christianisme et qui sont restées les constructions essentielles du moyen âge, furent des basiliques sur le modèle italien. Elles avaient un plan cruciforme, un atrium, une abside, un plafond de bois, et renfermaient quantité de reliques contenues dans des cofiVes précieux, ou des corps saints tout entiers déposés dans de vastes sarcophages de pierre ou de marbre. Telles étaient, à Autun, les églises de Saint- Symphorien et de Saint-Nazaire, à Dijon, celles de Saint- Étienne et de Saint-Jean, remplies de sépultures « en marbre de Paros », à Chalon, celles qui furent bâties par le roi Contran et l'évèque Agrécula. Or la plupart avaient été incendiées pendant les guerres civiles et les invasions
1. Bruel, Recueil des chartes de l'abbaye de Cluny, 1. 1, p. 124 (18 septembre 910).
■2. Sur l'ablxi Guillaume, voir, comme source essentielle, sa Vie dans la Palrologie latine de Mi„'ne, t. 162, et, comme livre : Chevalier, Le vénérable Guillaume, abbé de Saint-Bénigne de Dijon, 1870.
Les Origines. chapitre quatrième
païennes. Dès le x'^ siècle, les moines se mirent à les relever; mais trop peu expérimentés encore pour les couvrir entièrement en pierre, ils voûtèrent les bas-côtés en laissant sur la grande nef une charpente apparente, comme cela se voit près de Chaumont, à Téglise de Vignory. Dans ces basiliques, la partie la plus vénérée était la crypte ou confession, placée derrière le chœur et qui renfermait les ossements du confesseur à qui Tédifice était consacré. Telle la crypte de Flavigny, qui remonte peut-être au règne de Charles le Chauve. Elle est portée par de robustes colonnes; les chapiteaux sont décorés de feuilles d'acanthe, de figures à peine formées, de dessins géométriques qui rappellent l'ornementation barbare. Ainsi l'architecture paraît timide et la sculpture grossière.
C'est en elTet le propre du x= siècle d'avoir commencé beaucoup de choses et de n'en avoir fini aucune. Il a créé le duché, la féodalité, la réforme monastique, l'art roman; mais, si peu qu'on y regarde, on s'aperçoit bien vite que ce duché est inachevé, cette féodalité confuse, cette réforme incomplète, cet art embryonnaire. Du moins la Bourgogne est-elle prête pour une vie nouvelle.