LE RÉGIME FÉODAL
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RUINES DU CHATEAU DE ROUGEMOKT (cÔïE-d'Or) Xlie SIÈCLE.
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RUIM.S DU CIIATI AU DE DRUYES (TONNe).
\in< i:t XIV" siècles.
DEUXIÈME Le Régime féodal.
Le 9 octobre 1308, la guerre éclata entre deux jeunes et nobles chevaliers, Odard, sire de Montaigu, et Érard, sire do Saint-Vérain ; et, de part et d'autre, des hommes nobles et fameux se rendirent dans le Nivernais, afin de combattre. Pour Érard de Saint-Vérain tenaient ses amis, Jean IL comte de Sancerre, Dreux de Mello, Mile de Noyers et plusieurs autres; pour Odard de Montaigu marchaient le dauphin d'Auvergne, le fils du comte de Boulogne, Bérard de Marcueil, les trois frères de Vienne, et d'autres encore. Érard fut victorieux, et Dreux de Mello fit prisonnier Bérard de Marcueil, qui ne voulut se rendre qu'au comte de Sancerre.
Les nobles se donnent aussi Tillusion de lEs la guerre, au moyen des tournois. Ce sont des
TOURNOIS, corps à corps terribles, où, suivant l'expression d'un chroniqueur, « on voyait son sang couler et l'on entendait ses dents craquer sous les coups de poing ». L'un des plus brillants eut lieu dans la semaine du 16 au 23 avril 1173, sous le règne d'Hugue IIL
En suivant la route de Paris à Lyon, route qui côtoie entre Montbard et Aisy la rivière de l'Armançon et le canal de Bourgogne, on voit, entre le petit village de Buffon, que notre grand naturaliste a l'endu célèbre, et la tour démantelée du vieux château de Rougemont, classée comme monument historique, un immense amphithéâtre, dont la nature seule a fait les frais. Cet amphithéâtre, demi-circulaire, parfaitem'ent régulier, a environ 800 mètres de diamètre. C'est un fer à cheval, dont les parois sont formées par une montagne qui descend en pente raide sur un fond plat et uni, et dont les extrémités vont en s'élargissant sur la route qui lui sert de base, en face des forges de Buffon. Ce cirque gigantesque se prêtait merveilleusement aux exercices équestres et aux tournois, dont Gislebert de Mons nous a gardé le souvenir dans sa Chronique de Hainaut.
Ce tournoi avait été organisé par les soins du jeune Gui, comte de Nevers, époux de Mathilde de Bourgogne, fille unique de Raimond de Bourgogne et petite-fille du duc Hugue II; il avait lieu sur ses terres, dont Rougemont faisait partie, et précisément à la limite de la Bourgogne et du Nivernais. Les barons appartenant à ces deux provinces devaient seuls y participer, et il avait été fait défense à tous les étrangers d'y prendre part. Néanmoins le comte de Hainaut, Baudouin V le Courageux, s'y rendit avec cent chevaliers environ, équipés à ses frais, et, malgré la défense formelle qui avait été faite, reçut personnellement l'hospitalité au château de Rougemont. Le duc de Bourgogne, Hugue III, y était, accompagné d'une nombreuse escorte et de chevaliers richement armés et suivis de leurs écuyers. Le comte de Hainaut se présenta sur le champ de bataille avec cinq de ses barons et combattit bravement tous ceux qui se présentèrent