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Petit, Histoire des ducs capétiens, t. II, p. 18G

DEUXIÈME Le Régime féodal.

L'archevêque les approuve et les envoie dans la forêt de Cîteaux, alors absolument sauvage. Les moines se fraient un passage à travers les ronces et les épines, et construisent de leurs mains un monastère et une chapelle de bois; le duc de Bourgogne Eude I" et le vicomte de Beaune, Rainard, leur accordent des terres, des troupeaux, tout ce qui est nécessaire à leur subsistance, et assurent ainsi le succès de l'entreprise '.

La règle cistercienne était sévère. Sesadhérents devaient renoncer au monde, se retirer de préférence dans les lieux boisés et déserts, s'abstenir de viande, porter des vêtements et manger des mets fabriqués de leurs mains, jeûner souvent, observer le silence; reçu dans un couvent de Tordre, le pape Innocent II eut pour tout dîner du pain grossier, une soupe maigre et un turbot, « mais les moines n'en eurent que la vue, et pour eux le poisson fut remplacé par des légumes ». Malgré cette rude discipline, la réforme rencontra une grande faveur en Bourgogne. Après l'abbaye-mère de Cîteaux furent fondées successivement les abbayes de la Ferté-sur-Grosne (1113), Pontigny (1114), Quincy, Reigny, la Bussière-sur-Ouche. Les abbés de la Ferté et de Pontigny, joints à ceux de Clairvaux et de Morimont, formaient, sous la présidence de l'abbé de Cîteaux, le conseil général de l'ordre et convoquaient le chapitre général. Les ducs de Bourgogne comblèrent les Cisterciens de bienfaits; ils voulurent être ensevelis au milieu d'eux. L'on voyait encore, au xv!!!"" siècle, dans l'église de Cîteaux, leurs tombeaux gravés de leurs noms et de leurs armes.

Le représentant le plus remarquable de l'ordre, saint Bernard (1091-1153), est d'ailleurs

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