‹ Histoire de BourgogneChapitre 63 sur 177 · Crainte · texte numérisé non relu

Crainte

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Le Duché de Bourgogne. chapitre

dait ces deux points; mais que, en faisant le contraire, il se mettrait en si grand péril, que nul plus grand ne lui pourrait advenir.

Comme le duc arriva en sa présence, la voix lui tremblait, tant il était ému et prêt à se courroucer. Il fit humble contenance de corps, mais sa geste et parole était âpre, demandant au roi s'il ne voulait pas tenir le traité de paix qui avait été écrit et accordé et si ainsi le voulait jurer S et le roi lui répondit qu'oui.... Après lui demanda ledit duc s'il ne voulait point venir avec lui à Liège pour aider à l'evancher la trahison que les Liégeois lui avaient faite à cause de lui et de sa venue... A ces paroles, le roi répondit que oui mais que la paix fût jurée (ce qu'il désirait), qu'il était content d'aller avec lui à Liège et d'y mener des gens en si petit ou si grand nombre que bon lui semblerait. Ces paroles éjouirent fort le duc, et incontinent fut apporté ledit traité de paix, et fut tirée des coffres du roi la vraie croix que saint Charlemagne portait, qui s'appelait la croix de victoire, et jurèrent la paix et tantôt furent sonnées les cloches par la ville et tout le monde fut fort éjoui (14 octobre 1468) -.

Suivant sa parole, Louis XI assista à Texécution de Liège, mais il revint à Paris haïssant son vainqueur « de venin de mort ». Au mois de novembre 1470, il obtint des États généraux de Tours cette déclaration que « selon Dieu et conscience et par tout honneur et justice » il était délié de ses engagements ; après quoi, une armée royale occupa Saint- Quentin, Amiens, même Roye et Montdidier, tandis qu'une autre, commandée par le bâtard d'Armagnac, enlevait Cluny, CharoUes et Paray dans le Maçonnais, battait à Buxy les Bourguignons commandés par le sire de Montagne Charles, « fort ébahi et mal content », forma la Seconde ligue du Bien public et envahit la Picardie comme un furieux, se déclarant prêt à faire une guerre « de feu et de sang » et à exercer « telle vengeance qu'il plairait au Dieu créateur ». A Nesle, ses soldats se comportèrent comme des bouchers, coupant pieds et poings aux habitants, entassant les cadavres par monceaux; à Roye, les francs-archers sautèrent par-dessus les murs en apprenant l'arrivée des Bourguignons ; Montdidier capitula sans coup férir; mais les bourgeois de Beauvais, soutenus par leurs femmes, résistèrent victorieusement

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