‹ Histoire de BourgogneChapitre 65 sur 177 · BOUR · texte numérisé non relu

BOUR

GuiGNONNE. préparait depuis quelque temps déjà la réalisation et qu'il jugeait le moment venu d'exécuter. Profitant des embarras financiers de Tarchiduc d'Autriche Sigismond, il lui avait fait signer le traité de Saint-Omer, par lequel l'archiduc lui engageait, moyennant 50 000 florins, le landgraviat de Haute-Alsace, le comté de Ferrette et les villes forestières (9 mai 1469). En 1473, l'un de ses officiers, Pierre d'Hagenbach, prit possession de ces contrées en son nom*. Charles resserra aussi son alliance avec le roi d'Angleterre, Edouard IV, dont il avait épousé la sœur, Marguerite d'York. Les ducs de Savoie et de Milan se laissèrent attirer dans sa clientèle. Venise parut disposée à y entrer. Le vieux duc de Gueldre, Arnold, lui abandonna ses Etats, et Charles se sentit « le cœur très élevé par cette duché, qu'il avait jointe à sa crosse ». Cependant le roi René lui faisait espérer la succession de Provence, et René de Lorraine, habilement circonvenu, s'apprêtait à signer le traité de Nancy (13 octobre 1473), qui permettait aux troupes bourguignonnes de traverser la Lorraine et même d'y occuper quelques places fortes.

Avec ses domaines et ses alliances, L'ENTREVUE Charlcs apparaissait maintenant plus grand DE TRÊVES. que son père. Ce n'était point par hasard qu'il avait poursuivi l'annexion de l'Alsace et de la Lorraine. Les deux provinces séparaient géographiquement la Bourgogne des Pays-Bas. En les occupant, il faisait des contrées soumises à son autorité un État compact; et cet État était plein de captivants souvenirs. Il rap-

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