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Correspondance de la mairie de Dijon, l. III, p

La Bourgogne Monarchique. chapitre

modérateur, présidait le bureau. Quelquefois des docteurs catholiques se présentaient, et une controverse avait lieu ; mais il était surtout question dans ces assemblées de l'observation de la prière, des devoirs de charité et d'instruction. Les réformés considéraient celle-ci comme indispensable à leur salut et à celui de leurs enfants « de Téducation desquels ils étaient comptables à Dieu ». Ils fondèrent un collège à Pont-de-Veyle, des écoles partout où ils se trouvaient en nombre. Parmi les ministres qui occupèrent le siège d'Is-sur-Tille, le plus illustre est Jean Durant. Il exerça sa fonction pendant cinquante-cinq ans (jusqu'en 1678) et fit de nombreux prosélytes . Les réformés d'Is-sur-Tille étaient des gentilshommes, des marchands; toute une rue, la rue du Prêche, était habitée par ces derniers*.

En même temps qu'il assurait, par ces RÉUNION DE mesures, la tranquillité intérieure de la pro-

LA BRESSE ^' - tt- • • i . • ' i

ET DU BUGEY. vincc, Hcnri Iv garantissait la sécurité de ses frontières en lui laissant le maréchal de Biron comme gouverneur. Il étendit même son domaine. Parmi les adversaires acharnés du roi se trouvait Charles-Emmanuel, duc de Savoie, gendre du roi d'Espagne, Philippe II. A la faveur des guerres civiles, il avait occupé le marquisat de Saluées qui appartenait à la France, et il espérait bien le garder. Henri IV lui fit promettre de le restituer (traité de Paris, 27 février 1600), et comme le duc ne tenait aucun compte de cet engagement, il lui déclara la guerre. Le roi, accompagné par Biron et Lesdiguières, prend Chambéry, détruit à coups de canon les défenses de Monlmélian. Chassé' de ses villes fortes, n'ayant plus de toute la Bresse que la citadelle de Bourg, construite par son père Emmanuel- Philibert et « qui passait pour l'une des plus régulières et des plus fortes de l'Europe », Charles- Emmanuel signe le traité de Lyon, par lequel il abandonne

1. Mochot, Les proleslanls d'Is-sur-Tille au XVI' et au XVII' siècle, dans Mémoires de la Société bourguignonne de géographie et d'histoire, 1888.

DEUXIÈME La Bouvfioone sous Henri IV.

à son vainqueur la Bresse, le Bugey, le Valromey et le pays de Gex (17 janvier 1601). Ces pays sont placés dans le gouvernement de Bourgogne, et leurs habitants déclarés justiciables du Parlement de Dijon, malgré la prétention du parlement de Grenoble à les faire comprendre dans son ressort.

Henri IV faisait le bien de la Bourgogne; ^■r"f^cV-!^,Tc ^^^'s ^1 ^^ faisait souvent sans la consulter. Il

El LbS ETATS

DE BOURGOGNE. Créait de sa propre autorité de nouvelles charges de justice, ordonnait des dépenses imputables à la province. Cette politique provoqua entre lui et les Etats de Bourgogne un curieux conflit.

La paix avec l'Espagne n'avait pas mis fin aux exploits des gens de guerre. Un certain nombre de châteaux et de villes fortes étaient restés en la possession de capitaines habitués au pillage, tels que le marquis de Tavanes et le baron de Vitteaux; soldats du roi et soldats de la ligue commettaient toutes sortes de méfaits, emprisonnant, tuant les habitants, enlevant bétail et récoltes « sous couleur de cotes (impôts) ou autrement ». Henri IV commença par acheter argent comptant la réduction de ces repaires, mais l'opération devenant coûteuse, il résolut de les détruire. Au mois de janvier 1609, le prévôt général des maréchaux, de La Fondrière, arriva avec ordre de démolir « nonobstant tous empêchements » les fortifications de Talant, Villeaux, Vergy et autres places. Le Parlement, appréciant cette mesure prise dans l'intérêt du pays autant que de la royauté, ordonna « que les lettres et commissions seraient prestement remises entre les mains de La Fondrière, pour faire ce qui était de la volonté de Sa Majesté »; mais les Etats n'y virent qu'une nouvelle cause de dépenses et une atteinte aux privilèges de la province et décidèrent de faire des remontrances en cour.

Henri IV reçut leurs envoyés, « assis sur une chaise basse, au pied de son lit ». Quand ils entrèrent, il u se courba fort en sa chaise, pour les recevoir plus humainement «.

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La Boiu'gogne Monarchique. chapitre

Mais, après que l'abbé de Cîteaux eut parlé en leur nom, il se redressa et dit :

« Je sais comme Ton se gouverne en ces États, car, avant que celte couronne me fût échue, le pays que je possédais * se gouvernait par États. Je les tenais tous les ans. Là, celui qui en contait, qui criait le mieux quelque temps, qui alléguait les institutions ou empereurs, lors tous les gens qui n'y entendaient rien, disaient : Qu'il a bien dit!... Vos plus beaux privilèges sont quand vous avez les bonnes grâces de votre roi. Pourquoi n'a-t-on pas démoli ces châteaux que j'avais ordonné, Talant, Yergy et d'autres? Que sert cela au pays? Ce sont nids de voleurs et de ligue. »

Et, comme les députés lui objectaient que cétait « à cause des deniers des compositions qui étaient excessives » et de l'envoi de La Fondrière, le roi repartit de plus belle :

« Oui, je vous l'ai donné; vous ne me l'avez pas demandé. Il nettoie votre province de voleurs, et sans respect prend les plus grands, et vous ne voulez pas faire pour lui ce que je vous dis... Je vous ai bien mis à couvert; vous n'êtes plus frontière de la Savoie, à cause de la Bresse qui vous couvre; vous n'êtes que du côté du Comté où ils ont plus peur de vous que vous d'eux. »

Se levant de sa chaise, il conclut « qu'ils étaient semblables aux petits enfants qui demandaient du sucre qui leur donnait après des vers, et qu'ils demandaient tant de douceur qu'enfin les vers leur en venaient- ».

Henri IV résumait d'une manière exacte RÉVOLTE les services qu'il avait rendus à la Bourgogne. DE BiRON. Celle-ci sut les reconnaître, lors de la révolte de Biron. Bon soldat, mais violent, passionné, ambitieux, le maréchal trouvait que le roi n'avait pas suffisamment récompensé ses mérites. Mécontent d'avoir dû partager avec Lesdiguières le commandement des troupes qui opéraient contre Charles-Emmanuel, il écouta les propositions d'un agent des Espagnols appelé Lafin. On lui faisait espérer la main d'une princesse de Savoie et le gou-

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