Il fit son entrée à Dijon le 12 octobre
La Boui'gogne Monai-chique. chapitre
Certes, la province avait de nombreux griefs à formuler. On en trouve Fécho dans les cahiers des Trois-Ordres pour les Étals généraux de 1614. Le clergé se plaint de la quantité d'églises ruinées par les ennemis de la foi catholique, de l'abandon des monastères, de la mauvaise administration des chapitres ; il regrette que les prélats ne résident point et que, pour parvenir aux dignités de l'église, il faille plutôt être « bon courrier que bon catholique ». La noblesse déplore que les charges dans la maison du roi soient données à l'argent et à la faveur; elle demande l'exemption des gabelles et subsides, et supplie le roi (c d'ôter le vénalité des offices, parce que ce monstre, enfantant l'avarice et la corruption, étoufle entièrement la vertu et ne laisse nul prix aux sciences ». Les très humbles, très obéissants et très fidèles sujets du tiers état, après avoir remercié le roi de cette « magnanimité » qui le porte à vouloir « soulager son peuple et corriger les abus et désordres qui se sont glissés en son état », font entendre de longues récriminations touchant la condition de l'église, le fonctionnement de la justice, l'abandon des maladreries, les avantages de la noblesse et le nombre des offices ^ Ces plaintes ne portèrent pas à conséquence, encore que la Bourgogne ait eu l'honneur de fournir à la noblesse des États son président, le baron de Sennecey.
Lorsque Louis XIII devenu majeur se rendit à Grenoble en 1629, pour faire la guerre aux Espagnols qui avaient occupé le duché de Mantoue, il traversa Bar-sur-Seine, Châtillon, Baigneux-les-Juifs, Saint-Seine, Dijon, Beaune, Chalon, Tournus, Mâcon, au milieu de l'enthousiasme général. Les Chalonnais lui offrirent 22 feuillettes de vin clairet et douze médailles d'or, du poids de vingt-cinq écus chacune, représentant son effigie couronnée de lauriers. A Dijon, l'accueil fut particulièrement chaleureux. Cinq arcs de triomphe, décorés par les meilleurs peintre et sculpteur
1. Cahier des députes du liers étal de la province de Bourgogne à l'assemblée des Étals généraux de France tenus à Paris en 1614 (Bibliothèque municipale de Dijon, fonds Baudot, ms. n" 75).
DEUXIÈME ha Bourgogne sous Louis XIII.
du pays, Quentin et Dubois, avaient été dressés. Les gens d'Auxonne avaient envoyé trois ou quatre hommes « capables, non pour jouer de la fifre, mais de la flûte à neuf trous, qui n'est pas moins harmonieuse ou mélodieuse que la fifre ». Les murs des maisons étaient couverts de tapisseries, les rues bien sablées; les poètes avaient composé des inscriptions. Louis XIII fit son entrée le 30 janvier au soir, sous un dais, parmi la foule qui criait : Vive le Roi ! Arrivé à l'église Saint-Bénigne, il s'assit devant le grand autel et reçut le serment du maire, qui le pria de jurer « comme il était accoutumé » les privilèges de la ville dont les chartes avaient été montrées au cardinal de Richelieu; à quoi Louis répondit : « Je vous promets de les conserver, comme ont fait mes prédécesseurs rois ».
LES
La fidélité des Bourguignons à la couronne était en effet subordonnée au respect