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CHAPITRE XII

CésAT de HAynin. — Anne de HAynin. — La fkmille Le Vaillant. — GvOlaiiflie Françoia Le Vaillant. — Pierre François Ghialain Le Vaillant. — Albertine Josèplie Snlalie Le Vaillant baronne de Bonabecqne, éponie le prinoe de Béthnne Headignenl.

Peu de familles, même parmi les plus anciennes, se divisent d'une manière certaine en autant de branches, et peu d'entre elles ont consigné avec un soin plus scrupuleux tant de titres d'honneur et de gloire, à côté de souvenirs d'autant de vicissitudes, que la famille de Hennin ou Haynin, qui doit son nom au village, ou plutôt à la seigneurie de Haynin, près de Saint- Ghislain. Elle porte « Xor à la croix engrelée de gueule^, »

César de Haynin, chevalier, seigneur de Cortenbecque, fils de Pierre de Haynin, sieur de Cortenbecque, mort en 16G3 et de Marie de Groote, avait été créé chevalier le 18 Janvier 1G59.

Les lettres de chevalerie données par le^ roi d'Espagne Philippe IV nous apprennent que César de Haynin, écuyer, résidait à Lille; que son père, Pierre de Haynin, suivi de trois hommes et de trois chevaux s'était particulièrement distingué aux si^es de Louvain et de Lillers, en 1G35 et 1639, et que son frère, Ferdinand de Haynin, maître de camp de don François Dera, après avoir servi, pendant plus de sept ans, à grands frais, dans l'infanterie espagnole, « serait décédé au service du tt roi après s'être signalé au combat de Lens où il aurait été fait « prisonnier, et depuis, rançonné par son père, {sic) après « avoir subi une longue et pénible prison. « (1)

(i) Extrait d'un refaire des chartes de la chambre des comptes, n^ 74. ^ 239. (Archives du Département du Nord.)

Les livres de compte du village de Bousbecque qualifient César de Haynin du titre de « chevalier d'amour »

Dans toutes les circonstances où il put être utile au village de Bousbecque, dont il possédait la baronnie, notamment lorsque les troupes du baron de Cuincy étaient campées à Bousbecque et à Wervicq, César de Hayniû, alors que les habitants éprouvaient des pertes considérables, sut acquérir leurs sympathies et leur reconnaissance, par les nombreuses démarches qu'il fit en leur faveur, et les secours importants qu'il leur prodigua. Il mourut en 1678, et fut enterré auprès de son père, dans la chapelle de S. Druon, à l'église S. Maurice, à Lille.

César de Haynin, qui n'était pas marié et qui n'avait pas d'enfants, mourut sans avoir obtenu la permission de prendre le titre de baron, pour laquelle il fallait l'autorisation du souverain. Anne de Haynin, sa sœur, hérita de la terre et de la baronnie de Bousbecque. Elle avait épousé, le 6 Février 1658, Guillaume François Le Vaillant, seigneur de Wadripont et de Brevillers, mayeur de S. Brice, à Tournay, né en cette ville le 5 Mars 1630, fils de Philippe Le Vaillant, créé chevalier par lettres patentes données par l'archiduc Albert le 1" Juin 1613, « S'étant trouvé à ses propres frais et despens aux sièges de Rhembuch et de Wachtendoncq » et de Marie du Bosquiel ; et petit-fils de Pierre Le Vaillant, capitaine au service du roi d'Espagne, tué au siège d'Ostende, ainsi que ses deux oncles maternels Jean et Louis d'Assonville. » (1)

La famille Le Vaillant porte : » de gueules au soleil d^or rayonnant, n

De même que César de Haynin, son regretté beau-frère, Guillaume François Le Vaillant jouissait de la plus grande affection des habitants de Bousbecque, qui célébrèrent, avec beaucoup d'enthousiasme, Teritrée de la baronnie dans cette illustre famille. Les archives de cette commune nous donnent

(1) Dictionnaire de la noblesse. — Stein T. XVUI (1864.)

quelques détails sur les réjouissances qui eurent lieu en cette occasion et sur les dépenses faites, par nos magistrats, pour cadeaux offerts à la nouvelle fttmille seigneuriale. (1)

Guillaume François Le Vaillant avait été créé baron de Bousbecque, par lettres patentes données à Versailles, en Février 1697. Il mourut en 1710, laissant onze enfants de Anne de Haynin, décédée à Bousbecque le 29 Novembre 1704 (2) et un fils naturel qu'il eut de Marie Pelliez.

Nous citerons parmi ses descendants légitimes :

Pierre François Le Vaillant, baron de Bousbecque, qui suit ;

Jacques François Le Vaillant, capitaine, mort en célibat ;

Antoine Le Vaillant, décédé prieur de la chartreuse de Douai ;

Anne Catherine Ernestine Le Vaillant, mariée en premières noces à François Jacobs d'Ougny, lieutenant du roi en la citadelle de Tournay, veuf de Catherine Bonaert ; et en secondes noces à Jérôme François Desmaisières, seigneur de Try et de Templeuve, veuf de Marguerite Françoise Bernardine Gantois ;

Anne Françoise Le Vaillant, morte sans alliance ;

Ferdinand Le Vaillant, lieutenant colonel de dragons, chevalier des ordres de S. Louis, de Notre Dame du Mont- Carmel et de S. Lazare, décédé en célibat, à Tournay, le 19

(1) € Primes at le i^ndaut payA tant pour de la poudre de fusicq pour tirer les manans que pour des fleurs et autres débours à icelle efiect faict parle sieur de Neufville 55 livres X sols. »

« Sy at le rendant payé à André de la derir orfèvre à Tournay pour

quelques pièces d'argenterie consistant en bascin, esguiere, une paire de chandeliers à flambeaux^ une moucbette et un porte moucbette, etc., le tout en argent, par lui livrées pour le service de cette paroisse lesquelles de la part d'icelle ont estées présentées pour cadeau à Madame de Wadripont, douairière de Bousbecque, dame de cesle dicte paroisse et à monsieur de Bousbecque, son fils aine, comprins XV florins donnés par les bailly et gens de loi au domestique dudit sieur et dame et VII florins 19 patars de despens de bouche falots par les dits bailly et gens de loi allant présenter les dites argenteries, la somme de 1481 livres. > (Archives de Bousbecque G. G. 7).

(2) Registres de Tétat civil de Bousbecque.

Avril 1745 » ayant institué pour ses héritiers mobiliaires universels, la demoiselle de Bousbecque!, sa sœur, et le baron de Bousbecque, son neveu ; n (1)

Pierre François Ghislain Le Vaillant, baron de Bousbecque, seigneur de Wadripont (2) né à Toumay le 8 Janvier 1660, fut reçu à l'état noble du Hainaut, le 20 Décembre 1703 et fit rapport de la baronnie de Bousbecque le 2 Décembre 1714.

Il avait épousé en premières noces, Marie Bose de Haynin, sa cousine, dont il eut un fils, Guillaume François Le Vaillant ; et en second mariage Marie Françoise de Pamart, fille de Jacques Ghislain, lieutenant, prévôt de Valenciennes et de Marie des Marets, dont il eut sept enfants, parmi lesquels nous allons citer :

Pierre Jean Philippe Ghislain Joseph Le Vaillant, dont nous nous entretiendrons ci-après ;

Marie Françoise Âlexie Ferdinande Josephe Le Vaillant, épouse de François Gaston Joseph Comte d'Ayassassa et d'Orroir ;

Guillaume François Antoine Joseph Le Vaillant dit de Bousbecque^ chanoine de la cathédrale de Toumay ;

Georges Gaspai-t François Joseph Le Vaillant, chevalier, seigneur de Wadripont;

Agnès Marie Josephe Cordule Thérèse Le Vaillant mariée à Antoine François Joseph Du puich de Mesplau, veuf de Charlotte Françoise Joseph de Coupigny ;

Pierre Jean Philippe Ghislain Joseph Le Vaillant, baron de Bousbecque, naquit à Toumay le 2 Septembre 1709. Par testament olographe du 19 Avril 1717, confirmé par acte authentique du 23 Décembre 1733, Pierre François Ghislain Le Vaillant, baron de Bousbecque, son père, décédé le 9 Mars 1740, lui

(1) Bibliothèque de Lille. — Jurisprudence. — Recueil 1 tome 1.

(2) Wadripont porte c L* argent à deux lions adossés de gueules, armés et lampassés d'azur^ les queues entrelacées, »

passa la terre et baro^nie de Bousbecque, les fiefs de la Lys et du Colbras y incorporés et les dépendances, à charge de payer toutes ses dettes, même ses hypothèques. Bèglant en même temps les substitutions, il donna les trois quarts de son mobilier à ses deux hlles, et le dernier quart à son troisième iils.

Le second fils, Georges Gaspart Le Vaillant, auquel le père avait légué les biens du Haynaut, se crut mal partagé, et dans un procès, qui eut quelque retentissement à cette époque, il demanda Tannulation de ce testament. La consultation imprimée contre cette prétention offre d'autant plus d'intérêt, qu'elle traite, incidemment, la question de droit, en fait de partage de fiefs, unis et annexés par l'érection d'une terre en baronnie. (1)

Pierre Jean Philippe Ghislain Le Vaillant avait épousé, à Comines, Marie Françoise Hyacinthe Imbert de la Bazecque, fille d'Albert Alart Imbert, comte de la Bazecque, lieutenant général, gouverneur de la citadelle de Lille, grand bailly des états de la Flandre française, et d'Agnès Gertrude de Comailles dame de S. Amand, dont il eut une fille unique, dame Albertine- Josephe Eulalie Le Vaillant, baronne de Bousbecque, dame de Wadripont, Formisel, la Lys, Colbras et autres lieux, dame de la croix étoilée, mariée le P' Juin 1772 à messire Eugène- François Léon de Béthune-Hesdigneul, de la noble et illustre famille de Béthune, des anciens comtes souverains d'Artois, fils de Joseph Maximilien Ghislain marquis de Béthune- Hesdigneul et de Jeanne Louise de Guernonval, sa première femme.

Par attestation du 13 Février 1770, Maximilien Antoine Armand de Béthune, duc de Béthune et de Sully, pair de France, etc. certifie que les branches des marquis de Béthune- Hesdigneul et comtes de Béthune-Saint- Venant, établies en Artois et dans la Flandre autrichienne sont véritablement et incontestablement les branches puinées de cette maison, ainsi que les preuves en ont été établies par titres originaux et authentiques, et que les dites branches puinées de cette maison, ont pour auteur commun Robert I, de

(1) Bibliothèque de Lille. -> Jurisprudence — recueil i tome 1.

Béthune, mort en 1037, cinquième fils d'Adalelme dernier des comtes souverains d^ Artois.

La maison de Béthune portait : D'argent à la fasce de gueules ; depuis le mariage d'Hugues, seigneur Desplanques (de Béthune) avec Marie de Saveuse, vers 1195, elle a ajouté pour brisure, au franc canton, les armes de la dite maison de Saveuse : « De gueules à la bande d'or accompagnées de six billeites de même en orle. »

La branche des seigneurs de Bousbecque porte le nom de Béthune-Hesdigneul, .depuis le mariage de Jean Desplanques (de Béthune) seigneur d'Espreaux, Wendin, etc. IV® du nom, fils de Jean et d'Alix de Dours, avec Simone d'Hesdigneul, dernière de son nom, fille unique de Jean, écuyer, seigneur d'Hesdigneul.

Hesdigneul portait ; « D'or au canton de gueules chargé d'une rose d'argent. »

Pierre Jean Philippe Ghislain Joseph Le Vaillant mourut le 20 Avril 1754 et dame Marie Françoise Hyacinthe Imbert, son épouse, le 20 Août 1772.

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CUAIMTRE XllI.

Engène François Léon de Béthnne. — BéTolntion Française. — Le prince de Béthnne est nommé commandant d'nne compagnie de gentilshommes émigrés. — La terre de Bonsbecqne reste la propriété de la famille de Béthnne-Hesdignenl.

Eugène François Léon de Béthune naquit à S. Orner le 30 Juillet 1746. A rage de seize ans, il fut inscrit dans la première compagnie des mousquetaires de la garde du roi, dits mousquetaires gris ; mais ayant préféré la littérature aux armes, il fut élu membre de Tacadémie des belles lettres d^Arras, dont il devint le directeur, en 1771.

A cette époque, sa santé s'étant fortifiée, il obtint la charge de guidon des gendarmes de la garde du roi de France et le grade de colonel de cavalerie. En 1776 il fut créé chambellan de L. M. I. et R. Marie Thérèse et Joseph IL

L^année suivante, ayant acquit le bourg et la châtellenie de Sissonne, près de Laon, il quitta le château de Bousbecque qu'il avait fait restaurer depuis quelques années, pour aller habiter Télégant château de Sissonne, bâti depuis peu de temps et dont il crut la résidence plus agréable et plus utile pour la santé de la baronne de Bousbecque son épouse.

Ayant fait vérifier et enregistrer son ancien titre de marquis à la chambre héraldique de Bruxelles, Eugène François Léon de Béihune obtint dellmpératrice-Reine, en 1777, Tautorisation de décorer ses armoiries du manteau ducal et de la couronne fermée, ainsi que tous ses enfants et descendants des deux sexes ; En 1778, il fut admis dans Tétat noble de Flandre, en qualité de marquis et Tempereur Joseph, Télé va à la dignité de prince, par lettres patentes du 6 Septembre 1781.

Déjà, à cette époque, Eugène François Léon de Béthune était chevalier de Tordre Palatin du Lion blanc. En 1782 il fut nommé chevalier des ordres de TÂigle blanc et de S. Stanislas de Pologne, et le 10 Mars 1784, il fut admis ainsi que la princesse Albertine Le Vaillant, son épouse et les aines de leurs enfants, Auguste, Albert, Charlotte et Joséphine de Béthune- Hesdigneul, grands croix de la langue d'Australie, dans Tordi'e chapitrai d'ancienne noblesse, appelé, depuis. Tordre, de I/imbourg, dont le prince Eugène François Léon de Béthune fut; nommé inspecteur général.

La princesse de Béthune née Albertine Le Vaillant, baronne de Bousbecque, dame de Tordre de la croix étoilée, mourut au château de Sissonne le 21 Mars 1789 et fut inhumée dans le chœur de Téglise de ce bourg. Son époux lui avait fait ériger un mausolée en marbre qui a été détruit, deux ans après pendant la révolution française.

Après la mort de la princesse sa femme, le prince de Béthune se décida à voyager, et pendant qu'il séjournait en Italie, il eut le malheur de perdre un de ses enfants, mort au château de Bousbecque, en 1790.

De retour en France il épousa, par contrat passé à Paris le 22 Janvier 1791, Charlotte Louise Elisabeth BidaJ-d'Asfeld, libre baronne de Suède et marquise de Castille, fille puinée du marquis d'Asfeld, doyen des maréchaux de camp, son ancien ami, dont le château se trouvait à quatre lieues de celui de Sissonne.

La guerre ayant éclaté entre Tempire et la France, la princesse de Béthune crut imprudent de rester sur les frontières, et elle se retira à Paris, puis à S. Denis, chez la comtesse d'Erlach, son amie. C'est là qu'elle fut en arrestation pendant treize mois, avec les trois plus jeunes de ses beaux-fils qu'elle y recueillit au moment de la suppression du collège militaire de Bebais, en Brie, où ils faisaient leurs études.

Pendant cette longue détention, importunée par ses parents et amis, espérant mettre ses jours en sûreté et sauver quel-

ques débris de sa fortune, elle consentit à une démarche qui répugnait beaucoup à son cœur ; elle se fit divorcer pour cause d'absence de son époux, ce qui eut lieu par acte de la municipalité de S. Denis le 27 plairial, au 2 de la République française (15 Juin 1794).

Peu après la mort do Robespierre, elle fut mise en liberté et continua de demeurer chez la comtesse d'Erlach jusqu'en Janvier 1795, alors que les Pays-Bas, conquis par les Français, commençaient à jouir d'un peu de tranquillité. Elle revint à Tournay avec ses trois beaux fils qu'elle n'avait pas quittés, occuper l'hôtel de son mari et reprendre son nom, aux applaudissements de sa famille et du public.

L'émigration française étant dans sa plus grande force, les princes français, émigrés, obtinrent do l'empereur d'Allemagne la permission de former des compagnies flamandes à Tournay. Le prince de Béthune, ancien colonel français, fut nommé capitaine en chef de la première compagnie des gentilshommes de Flandre, d'Artois et de Picardie, qui fit partie de l'armée d'occupation commandée par le duc de Bourbon, dans le pays de Liège, en 1792.

On connait le résultat de cette campagne : La célèbre bataille de Jemmapes, gagnée par les français, fut suivie de la conquête des Pays-Bas. Le prince de Béthune partit avec ses deux filles et ses deux fils aînés et il se réfugia successivement au sas de Gand et à Flessingue, qu'il quitta le 9 Avril 1793, alors que les autrichiens étant rentrés dans les Pays-Bas, il put revenir à Tournay où il trouva son hôtel pillé et tous ses meubles vendus.

Les succès obtenus par les armées françaises obligèrent le prince de Béthune à prendre de nouveau le chemin de l'exil. Toujours accompagné de ses enfants il se réfugia successivement en Hollande et en Prusse où il rejoignit, à Berlin, la comtesse d'Asfeld sa belle-sœur.

Ayant réussi de rentrer en Belgique, en 1796, il se tint caché tout l'hiver à Liège, puis à Bruxelles, non sans avoir couru plusieurs fois risciiie de sa liberté. S'étant fait rayer de la list<»

des émigrés en France et en Belgique, il était à Paris quand la révolution du 18 fructidor le força de nouveau à quitter le territoire français.

Avant de s'expatrier encore, le prince de Béthune voulut annuler le prétendu divorce prononcé par la municipalité de S. Denis, et il se remaria, devant les officiers de l'état civil de Toumay, suivant les formalités républicaines, le 29 fructidor au V (15 Septembre 1797).

La princesse de Béthune était restée à Toumay avec ses beaux-fils, mais lassée des persécutions continuelles auxquelles elle y était en butte, dépouillée de tous ses biens et ne pouvant rien obtenir sur ceux de son époux pour son existence, effrayée de la loi des otages nouvellement décrétée et qu'on commençait à exécuter avec rigueur, surtout sur les nobles, elle résolut de se sauver secrètement. Elle passa en Hollande, puis à Hambourg, et vint rejoindre le prince de Béthune, son mari, à Potzdam le 18 Août 1799.

Pendant son séjour à Wesel, Louis XVIH, considéré comme roi de France, voulant donner au prince de Béthune des preuves de sa reconnaissance, le créa chevalier de l'ordre de S. Louis, en lui envoyant le brevet de maréchal de camp.

Le prince de Béthune n'étant pas encore considéré comme émigré lors de la confiscation des propriétés ayant appartenu aux nobles, la belle terre de Bousbecque ne fut pas comprise dans la vente publique des « biens nationaux »

Quand les temps devinrent plus mauvais, craignant qu'un . amateur peu scrupuleux ne Tachetât à son profit, l'honorable locataire du prince de Béthune, M. Lecomte, devint, par soumission, propriétaire du château, des fermes et des soixante hectares de terre, pour la somme de dix mille francs. Lorsque la tourmente révolutionnaire fut passée, par un exemple de délicatesse malheureusement trop rare dans notre contrée, M. Lecomte restitua sa magnifique occupation, contre le simple remboursement de ses dépenses, à son propriétaire légitime, M. le prince de Béthune qui lui montra toujours une grande affection et accorda un bail de dix-huit ans au fils de sou dévoué locataire.

Enfin arriva le temps mai:qué par la Providence pour le soulagement des maux des français. Le peuple, las de la tyrannie du directoire secoua le joug ; la révolution du 18 brumaire éleva le général Bonaparte à la souveraiiie magistrature et Tordre fut rétabli. Le prince de Béthune quitta Potzdam avec sa femme le 20 Août 1800, et après avoir obtenu la levée du séquestre mis sur ses biens et des lettres d'amnistie pour fait d'émigration, il fut réintégré dans tous ses droits de citoyen. Il vint alors habiter S. Germain en Laye à cause de la salubrité de Tair, favorable à son épouse, toujours maladive, et du voisinage de Paris où l'intérêt de ses enfants et ses affaires Tappelaicîut souvent, le roi Louis XVIII l'ayant nonmié lieutenant général de ses armées.

La princesse de Béthune née Bidal-d'Asfeld moui*at sans enfeuit, à l'âge de 59 ans et sept mois à S. Germain en Laye où l'on voit son épitaphe.

Le prince Eugène François Léon de Béthune-Hesdigneul, mort en 1820, avait eu d'Albertine Josephe Eulalie Le Vaillant, sa première femme, sept enfants :

P Marie Josèphe Charlotte de Béthune, dame de l'Aubépine, Roctoville, etc. qui épousa Louis Gabriel Théodore comte de Beaurepaire, ancien lieutenant aux carabiniers du roi de France et alors lieutenant en premier, au régiment des hussards d'Hompesch au service d'Angleterre.

2^ Maximilien Guillaume Auguste, prince de Béthune et du S. Empire, marquis d'Hesdigneul, seigneur châtelain de Sissonne, comte de Noy elles sous Lens, chef d'escadron au service de France, chambellan du roi de Prusse, époux d'Adélaïde Octavie Le Denays, fille de feu Jean-Baptiste Louis, marquis de Quemadeuc, seigneur de Tertrogon, Kervero et Philippote, colonel de cavalerie, et de Louise Elisabeth Charlet.

3^ Albert Marie Joseph Omer Charles Maximilien, comte de Béthune, seigneur de Wadripont, Formisel, etc. colonel au riment des cuirassiers de la reine de France.

Après avoir servi dans la compagnie de gentilshommes

Yolontaires commandée par son père, le comte de Béthune prit du service en Hollande, puis en Angleterre. Parti pour les Indes occidentales, il prit part à la conquête de Tile Sainte Lucie. Envoyé à Port-au-prince dans la légion de S. Domingue où il dut rester dix-huit mois atteint de la fièvre jaune, le comte de Béthune résolut de passer à Philadelphie sur un navire américain, qui fut capturé par un corsaire français « La prévoyance. » Soupçonné d'être un émigré français, le comte Albert de Béthune fut condamné à être pendu, mais il parvint à s'échapper au moment où le corsaire était relâché à Baroca pour y prendre de Teau. Il ne put toutefois revenir à Londres que le 26 février 1800, dans le plus triste dénûment, après avoir subi toutes sortes de privations.

n épousa, en 1807, Denise Renée Joséphine desCourtils, fille de Louis René comte des Courtils, seigneur de Baleux, etc. et de Geneviève Joséphine Emilie Le Moyne de Bellisle, dame de Villetartre, Bellisle, etc.

4^ Marie Amé Bernard Antoine Joseph Eugène Maximilien, comte de Béthune, baron de Bousbecque, dont nous nous entretiendrons ci-après, au chapitre suivant ;

5° Philippe Joseph François Eugène Maximilien comte de Béthune, seigneur de Beauvoir, etc. époux de Lucie de Lancry, fille de Jacques Charles François de Lancry, chevalier, seigneur de Rimberlieu, etc. et d'Anne Thérèse comtesse de la Myre;

&^ Félix Ferdinand François Philippe, comte de Béthune, seigneur du Coibras, colonel d'état major, et chambellan du roi des Pays-Bas ;

Dans le partage des biens de la succession de sa mère, il eut pour son lot, la baronnie de Bousbecque et une ferme située à Marcq-en-barœul. II échangea le fief de Bousbecque contre celui du Ciolbras avec son frère, le comte Marie Amé Bernard, par acte passé devant M. Thiefifry notaire a Toumay le 23 Avril 1802.

Le comte Félix Ferdinand de Béthune avait épousé, en 1805, Marie, Justine Catherine, baronne Taets van Amerongen fille de Gérard Amould, baron Taets van Amerongen, seigneur de Schalckwyck, etc. directeur de la compagnie des Indes orientales, et de Caroline Van der Duyn ;

7® Joséphine Félicité Adélaïde Julie Eugénie Clotilde Sophie de Béthune, dame de Moriempré, alliée à Auguste Hubert Marie Le Clément, baron de Taintegnies, etc. fils aine de Philippe Marie Joseph Le Clément, baron de Taintegnies, etc. et de Marie Thérèse Louise de Blondel, baronne de Drouhot, etc.

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