CHAPITRE XV
fiefo etlnmuiuiffeB appartenant à la seiffnevrie de Bovsbeeque. —Les Allengries, — Fiefii aitaée à Bonsbeoqne, en dehors de la seigneurie. — I« iief de Omtefflies, appartenant anz Dames de TAbbiette de Lille, et dlTers antres fiellB.
Nous devons citer, parmi les fiefs et hommages dépendants de la seigneurie de Bousbecqîie :
La seigneurie des Allengbieb, ayant appartenu, en 1389, à Bieutremieux Delebare ; en 1447 à Georges de Le Barre fils de Bertelmi; en 1458 à Bertrand de La Bare, et en 1592, à François Pend, écuyer, seigneur de La Barre, qui Tavait héritée de Léon, son père, et qui la possédait encore en 1600, lorsque la terre de Bousbecque fut érigée en baronnie.
Ce fief était divisé en trois parties distinctes :
1^ L'allengrie de le Walle (le dénombrement de 1389 dit : Le Walle; ceux de 1447 et de 1458 : de la VaUe; ceux de 1592 et de 1602, de le Walle).
Lb Wallb (la digue) se trouvait entre le chemin de Bousbecque à Wervicq, formant aujourd'hui le prolongement de la drève du château et Tallengrie du velt, dont il était séparé par la becque, qui existe encore, presqu'à égale distance de cette route et du hameau actuel du chemin des vaches. Cette becque, qui traversait les bosquets du seigneur, est appelée, dans les documents anciens : <« Gruteghem heJce, n
L'aUengrie de le Walle rapportait deux havots de seigle, deux chapons, sept rasières de froment, et trois muids d'avoine blanche, se levant sur douze bonniefs d'héritage.
— io3 —
2^ L'allengrie du beoucq (le rapport de 1389 porte : le Broec ; ceux de 1447 et de 1458 : le Breuch; et ceux de 1592 et de 1602 : le Broucq).
ILE Bboec (le marais) était situé entre Tallengrie de le Walle et le chemin dit steenstraet, conduisant de Bousbecque au mont de Wervicq. Son revenu consistait en dix-sept sols parisis, monnaie de Flandre, une rasière de seigle, unerasière de froment et dix rasières d'avoine, se prélevant sur huit bonniers d'héritage.
3*» L'allengrie de Velt (en 1389 le Voélt\ en 1447 et 1458 le Wdlt, et en 1592 et 1602 ; le Velt).
LE Velt (les ehmips^ la campagne) comprenait le terrain situé entre la beque que nous venons de mentionner et les deux chemins de Wervicq, du côté de cette ville. Cette allengrie prélevait, sur sept bonniers d'héritage, un revenu de deux rasières de seigle, quatre chapons, sept rasières de froment, une rasière d'avoine, et trente œufs.
Au seigneur des allengries appartenait, double rente de relief et le dixième denier à la vente, don ou transport. Il avait le droit de demander au seigneur de Bousbecque son bailly et ses échevins, afin de faire œuvre de loi. " Avec service de plaids en la cour dudit seigneur de Bousbecque » auquel il devait le dixième denier à la vente, don ou transport et dix livres de relief à la mort de l'héritier.
Un fief appartenant à Collart de longhe, gisaut à Bousbecque, contenant un bonnier de pré, et devant dix livres de relief à la mort, se trouvait en 1389 aux mains de Collins le Jauenes ; en 1447 à Colart le Jouene ; en 1458 à Colart le Jostie ; en 1592 à CoUard le Josne ; et en 1602 à Collart de longhe. Il est intéressant de suivre, d'après les possesseurs d'un fief, les changements survenus, en trois siècles, dans les noms de famille de notre pays.
"Un autre fief, à Roland Je Clerq, contenait cinq cents de terre, et devait, de trois années, Tune de relief à la moi-t.
En 1389, ce fief appartenait à Saleman Bousart ; en 1447, à Ouilbaut, officier de cuisine du duc de Bourgogne, et depuis 1458, à Roland le Glercq.
Tristran le Garpentier était possesseur, depuis 1458, d'un grand nombre de fiefs, peu importants, parmi lesquels nous pouvons citer celui de dix cents d'héritage, devant, de trois années la meilleure de relief, à la mort, et ayant appartenu en 1389 à Jehan Moutou et en 1447 à Jehan Ricquart.
Les rentes justiciables, appartenant à la seigneurie de Rume, étaient réparties sur des portions de territoires spécifiées aussi, dans les dénombrements, sous le nom d'allengries, dont nous allons mentionner sommairement les revenus :
En Tallengrie de la place (1447 la placisse — 1458 la placette — 1592 la plache et 1602 la placé) « parmiz le place, cymentière et église dudit Bousebeque n neuf livres, dix sols et seize chapons; en Tallengrie du conmiun « en laquelle allengrie la loy se fait en commun avec Mgr. le seneschal de Haynau, à cause de sa seigneurie de Péruwelz à Halluin n cent huit rasières d'avoine molle ; en Tallengnerie du conmiun de la becque, cinquante rasières et trois havots d'avoine brune, une rasière de seigle, quatre chapons, et vingt sols dix deniers ou environ ; en l'allengrie de Penewars (1447 des Penewars — 1458 Despennetoars, 1592 des Fennewaers et 1602 de Penewars)^ dix-neuf rasières trois havots de froment, six chapons et sept sols trois deniers ou environ ; en Fallengrie de le Westleye (Lys occidentale)^ six rasières deux havots de froment, vingt une rasières trois havots d'avoine brune, deux quareaux de seigle, un chaj^n, quatre sols en argent et une corvée ; en l'allengrie de bonne avoine de Penewars^ douze rasières d'avoine brune. « Tous lesquels héritages et rentiers doivent audit seigneur de Rume double rente à la mort de l'héritier et le X"" denier à la vente. »
— io5 —
Le lieu manoir de Chine (1634 taverne du Cingne — Depuis hôtel du Cigné), auberge principale où se tenaient les plaids généraux, actuellement la maison de ville, « qui par feu de meschef a esté bruslé » faisait partie du iief de Rume « et aussi comprins le demi chemin allencontre des héritages tenus de Messieurs les doïens et chapitre de S. Pierre, comprins une masse de terre à labeur et portion d'issue, jusques à la bonne de pierre faisant le desœure des chastellenies de Ijille et dTpres, ayecq ce comprins une portion de pré tenants à la dite rivière de le Lis contenants par mesure six bonniers et demi cent d'héritage tous tenants ensemble. » (1)
Lors de Térectioh de la seigneurie de Bousbecque en baronnie, (1600) un grand nombre de fiefs et de parties de terre, qui ne sont rapportées dans les dénombrements que par leur contenance, sans aucune désignation, y furent incorporés. Parmi ces annexions, nous devons citer le fief de Belcamp et un autre de trois bonniers, situés à Textrémité du vûlage de Bousbecque, à la jonction de la limite de cette commune avec celle de Linselles.
Le fief DE Belcamp, tenu de la seigneurie de Tillœul à Halluin, en justice vicomtière, à charge de dix livres parisis de relief à la mort de l'héritier, d'un cheval de soixante sous quand le seigneur va en lost (en guerre) et du dixième denier à la vente, don ou transport, rapportait environ dixhuit gros parisis, monnaie de Flandre, dus par plusieurs hostes et tenants « chargés de double rente de relief par dessus l'année courante à la mort de l'héritier et du dixième denier à la vente, n
Ce fief et les trois bonniers y attenants appartenaient, avant 1448, à Jeanne de le Lis, veuve de Guillaume de Cortewylle qui en fit, cette «année, donation à Adrienne de
(i) Archives du département du Nord. — Dénombrements.
— io6 —
Hiugette dit de la Lys, sa nièce, en même temps que des seigneuries de Eume à Bousbecque et de Duremont à Halluin.
Par le mariage d'Adrienne de Hingette avec Gilles Ghiselin, seigneur de Bousbecque, le Belcamp devint la possession de cette noble famille, et passa aux mains des Yedeghem avec la seigneurie de Bousbecque, par alliance d^ Agnès de Ghiselin avec Jacques de Yedeghem. Incorporé à la baronnie de Bousbecque, le fief du Belcamp en fut retrait à la mort de Jean de Yedeghem, comte de Watou, baron de Bousbecque, en 1640, et légué, indivis, à Marie Françoise de Yedeghem, épouse de Philippe de Yedeghem, seigneur des Wattines et à ses deux sœurs Anne et Florence de Yedeghem.
Marie Françoise de Yedeghem devenue douairière de Philippe de Yedeghem, après avoir hérité de ses deux sœurs, mourut insolvable ;• sa succession fut abandonnée et Jean Duhamel, curateur de la maison mortuaire, vendit le fief du Belcamp, le 12 janvier 1683.
Parmi les fiefs, situés sur le territoire de Bousbecque, en dehors de ceux incorporés à la baronnie, nous devons mentionner:
Le fief DR Gbuteghem (Grutenghicn, habitation de Grui^ir ou de Grutus)^ dont la partie principale appartenait, depuis un temps très reculé, aux dames de Tabbiette de Lille. Un document intéressant, du XIIP siècle nous apprend que ce fief avait été acheté de Ade de Bousbecque et de Clarisse sa femme, les mêmes seigneurs de Bousbecque, dont nous avons rapporté la donation de dîmes au chapitre de S. Pierre à Lille, vers 1221.
La partie du fief de Gruteghem appartenant aux dames de Tabbiette de Lille valait, par an, quatre muids six rasières de blé, onze muids d'avoine, cinquante un sols en argent, trois cent quatre vingts œufs et vingt trois chapons et demi.
Un volumineux cahier, conseiTé aux archives du départe-
ment du Nord donne « les noms et sumomB de ceulx qui doibvent rentes à cause des héritages qu^ls tiennent de mesdames les religieuses, prieuse et couvent de la noeve abeye de Nostre Dame que l'en dist Tabyette en la ville de Lille,, à cause de leur iief, terre et signourie de Grutenghien, gisant et enclavé en la parosse de Bousebiecque et es parties d'environ, et pareillement de ceulx qui tiennent héritages despendans des fiefs du Quesne et du Ghurlui gisons en la parosse de Wervy et parties d'environ, tant decha le rivière du Lis que par delà ainsy que cy après sera déclaré, tous lesquelz fiefz sont mis et applicquiés avec aultres fiefz à la fondation d'icelle abeye à tenir tout en cing meisme fief de la court et salle de Lille. Tous lesquels tenans des dits fiefs doivent double rente de relief à la mort del héritier et le dixième denier à la vente quant le cas y eschiet. Ces présents briefe fais et renouvelés en Tan de grasce mil IIII^ ini" XII par Jehan de Gand, recepveur de la dicte abeye et Vincent Bonduiel, clercq d'icellery recepveur, par le raport, ayde et advertissement de pluiseurs des héritiers et eschevins de la dicte seigneurie estans sur les lieux et sy doibvent tous les dicts héritiers trois plais genereulx chacun an, assavoir le samedy après le quasidimo, le samedy nuyt de la poursession de Lille et le samedy après le lundi parjuré. »
Ce registre mentionne l'ouverture des plaids généraux, à Bousbecque, chaque année, aux époques ci-dessus indiquées, et constate qu'aucune cause n'y a jamais été appelée.
Outre la partie du fief de Gruteghem, que nous venons de citer, nous trouvons plusieurs autres fiefs, contigus à celui des dames de l'abbiette de Lille, et portant le même nom, situés, comme celui-ci, aux hameaux actuels du Crûmes, de la fiasse Ville et des Oblaers. Un chemin rural, aboutissant au pavé de Bousbecque au Blaton porte encore aujourd'hui le nom de « chemin de l'Âbbiette. »
Les livres de comptes de la ville de Lille mentionnent,
— io8 —
en 1508, racquisition d'un fief en air, de Gruteghem, par J. Ruffaut, à Jean Delbecque d'Anvers.
Nous trouvons aussi, dans les archives municipales de la ville de Comines, 1g dénombrement, en 1392, d'un fief de Gruteghem, gisant en la paroisse de Boushecque et tenu de la baronnie de Comines, consistant en une rente de dix rasières de blé, huit chapons, vingt quatre gros, se prenant sur quatre bonniers de terre, « et une disme, sur trois bonniers onze cent, consistant dans les deux tiers de la onzième gerbe à rencontre du curé de Bousbecque. n
Jean de le Berghe, d'Anvers, payait, en 1585, le droit de nouvel acquit de ce fief, provenant de Guillaume Wueric. Jean de Halluin l'acheta de Jacques de la Lys en 1606, et Jean de Halluin, son fils, en était le propriétaire en 1620. Au commencement du siècle dernier, Julien Lemaire, père et tuteur légitime de ses enfants, héritiers de demoiselle Jeanne Ursule Castelain, leur mère, décédée le 22 Octobre 1737, en fait le rapport à S. A. R. Philippe d'Orléans, petit fils de France, duc d'Orléans, de Chartres, de Valois, de Nemours et seigneur de la terre de Comines.
A ce fief appai'tenaient bailly et échevins empruntés, pour faire loi, à la baronnie de Comines, à laquelle, il devait le dixième denier à la vente, don ou transport.
CFIAPITRE XVI.
s'éteadAiit sur BonBbeoqne. — Les WattiBes. — Le Golbns. — Steeohiiis, — Les KasiirM. — Flecqnières.— PernwM. — Le JBeii. — Hnrtemlnui. — HoUebeoqne. — Le Gludiigle. — Le Piene. — LeTi* gneret de Bousbeoqne.
Parmi les fiefs étrangers, s'étendant sur le territoire de Bousbecque, Tun, de peu d'importance, appartenait aux dames de Tabbaye de Marquette ; un autre, situé dans Tagglomération était la propriété du chapitre de saint Pierre de Lille, et faisait partie de Véparse, c'est-à-dire des biens que le chapitre possédait « hoi*8 la ville. »
La seigneurie des Wattikes (terrains défrichés) à Linselles, Roncq et Bousbecque était tenue de la salle à Lille, à cause de la cour de Phalempin, à dix livres de relief. Elle prenait, sur Bousbecque, remplacement compris entre le chemin, actuellement pavé, conduisant de Bousbecque à Linselles et le chemin de Tourcoing. Son revenu féodal consistait en un manoir avec seize bonniers de terre ; en rentes, sur plusieurs hôtes, qui devaient chacun une corvée, et en une cÛme de sept hommages, parmi lesquels nous devons citer : La Bougerie à Roncq, le Pélégrin à HallUin et une partie du Colhras située sur Bousbecque. Le seigneur des Wattines avait droit de justice vicomtière avec bailli, lieutenant, sergents et plein banc de sept échevins.
Le fief DES Wattines appartenait en 1389 à Jean de le Wastine ; En 1416, le rapport en est fait par Y'sabelle Joris, veuve de Roland de Moerkerke, fils de Louis, comme ayant le bail de Hannequin de Moerkerke sou fils aîné; En 1441 par
— uo —
Jean de Moerkerke autre lils de feu Boland, conseiller du duc de Bourgogne et greffier du conseil de Flandre à Gand ; En 1456 par Georges de Bulgist.
Nous trouvons ensuite la seigneurie des Wattines aux mains des seigneurs de Bousbecque, jusqu'en 1673, époque où elle appartient à Antoine François de Yedeghem, chevalier, second fils de Charles Philippe de Yedeghem, seigneur des Wattines^ et petit-fils de Jacques de Yedeghem et d'Agnès Ghiselin, Antoine François de Yedeghem en fait rapport le 15 mai 1673,
En 1693, le fief des Wattines qui avait probablement été vendu par les descendants des seigneurs de Bousbecque, était la propriété d'Edouard Ingiliard des Wattines, et il resta dans cette famille jusqu'en 1778, époque de la mort d'Eugène Marie Ingiliard des Wattines, capitaine au régiment de Bretagne, lieutenant-colonel au régiment de Bourgognecavalerie, grand bailly et député des états de la Flandre Wallonne, dont la fille, s'était alliée à Jean François Nicolas de Forest de Quartdeville. Leurs héritiers possédaient encore la seigneurie des Wattines en 1783.
Le fief de Colbbas, à Bousbécque, tenu de la seigneurie des Wattines à dix livres de relief, contenait cinq bonniers, tant en bois qu'en terre labourable. U appartenait au XV« siècle à Tristran le Carpentier, auquel il fut acheté par Gilles Ghiselin, et il resta la propriété des seigneurs de Bousbécque, ayant été incorporé à là baronnie en 1600.
La seigneurie de Steenhuis (maison de pierre) ^ s'étendant sur la paroisse de Bousbécque, possédait un revenu de 81 rasières et un havot d'avoine; trois autres havots d'avoine ; deux rasières et une demi pinte de seigle de semence, huit chapons et un sixième de chapon, trois sous et onze deniers en argent, et une branche de dîme de deux gerbes sur cent, de chaque dépouille se récoltant sur plus de cent vingt bonniers de terre situés à Bousbécque. Elle était tenue en dix . livres de
relief, et en justice de vicomte, de la seigneurie d^Halluin dont elle fut éclichée, en vertu de lettres patentes de 1645,
Le fief DES Masubes, à Bousbecque, tenu aussi de la seigneurie d'Halluin, comportait 26 rasières d'avoine dure, 74 rasières, 3 havots et 2 pintes d^a.voine molle, 5 havots,
2 pintes d'orge ou de seigle, un chapon et demi, 13 sous
3 deniers, valant en censé, avec le tiers de la grande dime de Bousbecque et un petit dimeron, cent florins par an.
Les fiefs de Steenhuis et ' des Masubes, ainsi que la seigneurie de Flecquièbes appartenaient en 1602 au duc d'Archot. Us furent achetés en 1645 par Remacle Tronzon, a Philippe de Croy, prince de Chimay, etc. Floris Tronzon en fit rapport le 19 Mai 1655.
La seigneurie de Péeuwbz {terrain pierreux) à Halluin, s'étendant sur Bousbecque, et dont la loi se faisait en commun avec celle du seigneur de Bousbecque, pour les parties situées dans ce village, appartenait, avant 1528, à Pierre, baron de Werchin, sénéchal de Hainaut, qui la vendit en 1561 à Georges de Gornehuze.
En 1591 , elle était la propriété de messire Pierre de Psalmier, chevalier, seigneur de Brimaigne, par relief fait le 7 Juin 1591, comme cousin issu de germain dudit feu Georges de Gornehuze. Jehan du Bosqueil Tacheta en 1604, et les dénombrements, nous apprennent que la famille du Bosqueil la possédait encore au siècle dernier.
De la seigneurie de Peruwez, était teiyi, à dix livres de relief, le fief du Bois, à Bousbecque, contenant quatre bonniers d'héritage, et rapportant trente six rasières d'avoine blanche, ainsi qu\m autre fief, sans dénomination, mesurant vingt trois cents de prés, chargés d'une rasière d'avoine blanche, à comble, dont le comble est la huitième d'une rasière, et deux sous un denier.
La seigneurie d'Hubtembus (Hurle-bise — vent qui siffle) à Linselles, s^étendant sur Bousbecque, consistait avec le fief de le Becque, compris, P en trois bonniers dix cents d'héritage, possédés, en 1682, par François Waignon, sieur de IsLr Marlière, et en 1752 par Sébastien Ferdinand Joseph de Basserode ; 2^ En sept bonniers 12 cents, et en rentes sur 24 bonniers d'héritage. La seigneurie d'Hurtembus appartenait en 1685 à Jean, Baptiste Wacrenier, conseiller et secrétaire du roi en sa chancellerie de Toumay, et à la fin du siècle dernier à messire Boutillier, seigneur de Gheyle.
Le fief D'HoUiEBECQU£ (hecquCy ruisseau de la cavemé)^ à Linselles, tenu du châtelain de Lille à dix livres de relief, consistait en deux bonniers de bois à coupe, et en rentes seigneuriales, sur .72 bonniers 11 cents, tenant de trois côtés à la seigneurie des Wattines. Ce fief appartenait, en 1389, à Jeanne de Licht; nous le trouvons ensuite aux mains de Gilles Ghiselin, seigneur de Bousbecque, a cause de sa femme, qui n'est pas autren^ent désignée ; Joresj le Saulch et Jean de la Beuverie le possédèrent ensuite. Aux XVP et XVII* siècles, il était dévolu aux mêmes propriétaires que le fief du Chaingle.
Lb Chainole (enceinte clôturée)^ à Linselles, tenu aussi du châtelain de Lille, à justice vicomtière, à cause de sa cour et halle de Phalempin, à 10 livres de relief, consistait en
10 bonniers de terre enclaves dans la ferme du même nom.
11 était, en 1456 la propriété de Jean de la Beuverie qui le transmit en 1504 à son petit-fils, Jean de Mortagne, écuyer; son neveu, François de Baisse, chevalier, seigneur de la Hargerie, Bellencourt, HoUebecque, etc., mort le 8 Janvier 1557, le posséda ensuite. Après lui, ce fief fut relevé par Antoinette de Baisse, sa fille et héritière, dame de ïa Hargerie, etc., épouse de Louis d'Oignies, chevalier, seigneur de Chaunes, etc., et vendu par eux à Nicolas Imbert. Rapport de ce fief à été fait, le 12 Janvier 1617 par Robert Imbert, prêtre et cha-
— ii3 —
noiiie de S. Pierre à Lille. En 1682, il était la propriété de Pierre Martin Desbuissons, sieur de Biache.
Nous ne rapporterons que sommairement les autres fiefs étrangers, de moins d'importance, s'étendant sur Bousbecque :
Le fief de EJce, contenant onze bonniers, ou environ, u tant dechà que par delà la riyière le Lys n qui appartenait dèb le XIII® siècle, aux religieuses de l'Abbiette, l'ayant héritô de " sû?ur chrétienne d*Ipre, anchoi que elle fyt profession ei: ceste dite rîbbeye. » Le fief de Scaplinck; le fief de Wasteml^ecque^ a'étendant sur Linselles, Comines et surtout sur Quesnoy-s:ir-Deûle ; Le fief de Heede^ ayant appartenu au XVP siècle à ix:es8ire Jean Biffant, seigneur de Mouveaux ; le fief de Sh'perej tenu de la baronnie de Bousbecque, acquit en 1606 par Péronne Wuillemain, de plusieurs membres de la famille Olivier de TVigne. Un fief sans désignation* dépendant de la seigneurie de Bourgogne ; le fief de la MarUère^ à Linselles, contenant 2 bonniers 430 verges sur lesquels étaient < érigées une maison de plaisance et une ferme, ayant appartenu depuis le XV® siècle jusqu'en 1778 aux membres de la famille Waigon.
Nous devons citer particulièrement le fief de Piebnes, dont le dénombrement de 1382, que nous allons reproduire, est très intéressant:
« Cbest ly rapors et dénombremens que je jehans de Wer^ chin, senescauls de Hajmnau, sires de Chisoing et ber de Flandres fay a mon très rédouté signeur, mon signeur le ducq de Bourgogne, conte de Flandres ; de 1 fief nommé le fief de Piernes, gisant as parosces de Halluwin, de Roncq, de Bousebiéque et de Noefville, que je tieng de mon dit signeur de le salle de Lille à dix libvres de relief. En quel fief je ay justice telle que a visconte poet et doit appartenir, baillif, hommes de fief, eschécvins, juges pour faire loy et justice toutes fois que le cas esquiet en le manière qu^il appartient. Douquel fief la déclaracion sensieut.
tt Item une masure qui fu bielle Bemelle, gisans
BUS le dit quemin, et tenans à la masure Thumas se tieng. Item encor une masure gisans sur le Pepestratte contenant 11^ ou environ, gisans à Bousebiéque. Item le Vinneret de Bousebiéqué, contenant parmi le préconnet et escluses XIUP ou environ, gisans devant le lieu des Bocars, et tenant à la teere MicËel dou Buscq.
» Item doivent cliil et celles qui tiennent des hi-
rétages de main ferme tenus de mon dit fief de relief le double rente, et à la vente ou transport le X® denier.
Ensieuwent « Biernart dou bos 1 fief gisant enlepa-
tosce de Bousebiéque contenant IIII muis d'avaine, tenans au fief de Piernes et au fief medemiselle de le Lis lequelle avaine pluiseur gent lui doivent au march et doit X libvres de relief......
Tous les auteurs constatent qu'au moyen âge, on récoltait encore beaucoup de vins dans notre contrée, et les documents de cette époque ne peuvent nous laisser aucun doute à ce sujet. Le vigneret de Bousbecque, d'après ce dénombrement, devait se trouver entre le Golbras et le chemin de Bousbecque à Roncq, près du hameau actuel des quatre chemins.
Les historiens attribuent généralement la disparution de Pindustrie vinicole, dans notre pays,, au refroidissement du climat; nous pensons, avec M. Charles Lpuandre, qu'ils se trompent. Au moyen âge, on faisait subir aux vins, avec du miel, de la canelle «t de la coriandre, une foule de pré^ parations, auxquelles on donnait le nom d'hypocras, qui en changeaient tout à fait le goût. L'hypocras passa de mode, et quand on en tut revenu aux vins naturels, on abandonna ceux des riions du Norà et de l'Ouest, à peine potables, quand ils n'étaient pas travaillés.
— ii5 —