‹ Histoire de BousbecqueChapitre 16 sur 51 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Vom de diTon p oMO Poenrs de flefli. — Lienx dite. — Coup d'œil sur Pflgglomératioii de Bonebecque, an commencement dn siècle dernier. ~ Bontés. — Bois. — Hermitaffo.

Nous aurions désiré pouvoir former une carte féodale du village de Bousbecque, mais le grand nombre de parties intercalées, et surtout les fiefs en Tair, nous ont rendu ce travail impossible. Il nous aurait été aussi très-difficile de reproduire, d'après les faibles documents que nous possédons, les noms des possesseurs de ces fiefs ; nous pouvons toutefois, ajouter encore quelques noms à ceux que nous avons déjà cités, de personnes influentes, possédant des fiefs à Bousbecque ; ce sont : Jeanne de Bosebiecque; Nicolas àh Bétencourt, échevin de Lille en 1488 ; Woultere de Scryvere ; Josse Godtschalk; Adrien Gazette; chanoine de la collégiale de Saint Pierre de Lille ; Sohier de Gand; Omer de Zae; Hellin de Bike; Jean de la Truye, majeur à Lille en 1497, et probablement la famille Godefroy, dont on trouve les armoiries sur le pignon d'une maison, à Tangle de lame delà rivière et du chemin de la procession, d'argent à trois hures de sanglier de sable » L'écu portait une date que le temps a effacée.

Un certain nombre de fiefs que nous avons mentionnés ont conservé leurs noms jusqu'aujourd'hui; plusieurs sont tout à fait oubliés; d'autres ont été transformés ou changés, comme la plupart des lieux dits, que nous retrouvons, dans les pièces authentiques, écrits de différentes manières, depuis plusieurs siècles.

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L'éparce du chapitre de S. Pierre comprenait les terrains qui se trouvent à gauche de la rue de Linselles : l'autre côté de la rue était la propriété des B. P. jésuites â'Armentières, qui touchait au fief de Steenhuia.

Les allengries étaient traversées par le petit chemin de Wervicq. Entre cette voie et le hameau actuel du chemin des vaches, se trouvaient les seigneuries de Flequières et Masure, et plus loin, vers la basse ville, une partie du fief d'Urtembus.

En descendant de la seigneurie des Wattines, qui s^étendait entre le Belcamp et la route de Bousbecque à Roncq, on traversait les terres de la seigneurie de Bourgogne, à gauche de la route, du côté de la ferme du gro^ chêne. En face, près de la verte feuille, se trouvaient les terres de la seigneurie de Péruwez, s'étendantes vers le territoire d'Halluin, près de la Lys et de la becque du ham, séparant le territoire de Bousbecque de celui d'Halluin.

Tenant à la seigneurie de la Lys et formant une partie du hameau appelé aujourd'hui le chemin des vaches, se trouvait Tallengrie du Westlaye, puis le fief du Bois « s'étendant vers les biefs des terres du Seigneur, n

Parmi les lieux dits nous citerons :

Le Cbukes, que nous trouvons écrit cnimès, cruymès^ cruye-merschy et eruys-merschy qui signifierait : croix à travers les prairies, ou cruy de-mer sch, mauvais pré. L'une et l'autre de ces définitions nous paraissent possible, car les deux chemins qui se rencontrent, en cet endroit, font une croix à travers des prairies, qui ne sont que d'un^ qualité secondaire et pouvaient être mauvaises, quand ce lieu prit son nom.

Le point le plus élevé de la route de Wervicq à Tournai porte le nom des Oblaers, nom qui a été donné au chemin, et que portait aussi un cabaret qui y fut longtemps établi. Nous trouvons ce mot écrit dans les anciens titres Zoobelaer

Zioobeïares. D'après un grand nombre d'auteurs, Id terminaison laere signifierait terrain vague, abandonné.

Non loin de ce lieu se trouve une parcelle de terre dite le Mylsteen, (pierre millière). C'était, sans doute, l'endroit où était posée la borne, indiquant la distance d'un mille de la ville de Wervicq. Entre la ferme du Gros Chêne et le Belcamp se trouvait, à droite, du côté du Crûmes, le Goedtenbergen (la bçnne montagne) et le Wayenburels (château du vent). et de l'autre côté, vers les bois, l'Osterlingue (V orientale) et la ferme de Berckhosslede {ferme du bouleau).

Aux environs de la Basse Ville et du Crûmes, il y avait : Le Loo (hauteur boisée)^ le Corcelovene (ferme de Corcel ?) la Marlière, la Cromplanque (planche courbe) le Dam, (la digue) et le Drooghendam (ferme du bouleau).

Vers les bois et les quatre chemins, où se trouvait le caba|*et du Drécheux (probablement l'habitation de l'homme qui aidait à lever les arbres et à les poser sur les véhicules) se trouvaient : les Rocars, le Vinneret et le Préconnet.

Enfin, dans la seigneurie de la Lys, nous trouvons le Baloc, le Marcolf, le Mauvais Pré, le Nieumersch, le Paradis, nom par lequel on désigne souvent l'emplacement d'un ancien cimetière franc ou romain, et le four à carreaux de Gilles Ghiselin où se fabriquaient, aux XVP et XVIP siècles, les beaux carreaux vernis, si abondants dans notre contrée ; et à la jonction des châtellenies de Lille et d'Ypres, le Blandrisse — Brandrie — Brandrisse .... qui peut-être tire son nom de la borne formant la limita de la châtellenie de Lille.

La prairie, qui porte encore aujourd'hui le nom des Ceingles, située à un kilomètre de la place, entre la route de Linselles et celle de Roncq, est un terrain bas et marécageux, d'où s'exhalent un grand nombre de feux follets. Ce pté aurait-il été autrefois un cimetière, ou bien les " lumerelles ?» qui en sortent proviennent-ils de la nature propre du terrain?... , C'est ce qu'il ne nous a pas été possible d'expliquer, mais

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il est de tradition que ce lieu a toujours été considéré comme ayant été le rendez-vous de toutes les sorcières des environs.

L'agglomération de notre village présentait encore, il y à deux cents ans à peine, un très misérable aspect. La rue boueuse et étroite (1), qui la traversait, était séparée du cimetière par un fossé large et profond (2), entouré dVbres qui devaient y entretenir une humidité permanente (3). La place était aussi plantée d'arbres montants (4). Au commencement du siècle dernier, en 1735, les maisons, construites dans le village, n'étaient pas mêmes alignées, ainsi que le constate le magnifique plan cadastral dressé à cette époque par M. Amould Lambin, notaire à Gomines. Si cette pièce authentique ne nous en donnait, pas la preuve, on se ferait .difficilement l'idée des changements considérables, accomplis depuis un siècle et demi, dans cette partie, aujourd'hui si bien construitCi formant les environs de la place et de réglise.

La plupart des chemins étaient désignés d'après l'endroit où ils commençaient, jusqu'au lieu où ils aboutissaient. Nous avions donc les chemins de Bousbecque à Roncq, de Bousbecque à Halluin ou à Wervicq. Quelques-uns avaient cependant un nom particulier. Celui de Bousbecque à Linselles est désigné sous le nom de « Peperstraet n (rue du poivre ou des épices). Celui du Crûmes porte le nom de Glitstraete

(i) €... Reçu de la communauté de Bousbecque, pour recomiaissance d*un chapon par an, selon la prisée de Tépierce de Lille, pour Tempriae d*une portion du cimetière pour Télargissement du chemin... 1 Livre... » (Archives de Bousbecque ^ comptes de l'église),

(2) € .. Payé pour une nouvelle planche sur le fossé du cimetière... 12 livres.. » (Archives de Bousbecqj4et comptes de 1669).

(3) € La vente des arbres qui se trouvaient sur le cimetière produit pour réglise.. 237 L. 1 sou... On replante des bols blancs.» (Archives de Botésbecques, comptes de l'église 1630-1643).

(4) On fait peindre à Lille 6 couples de sauve-gardes : Tune, avec le casque de helme et Tinstitulation de Monseigneur de Bousbecque pour 4tre clouée sur un arbre, sur la place... Des saules et un tilleul existaient, en double ligne, sur la place (Archives de Bousbecque C. C. 1. 1588).

(rue à la terre glaise) et le petit chemin de Wervicq celui de Steenstraete, chemin des pierres. La route allant vers la Lys, désignée aujourd'hui sous le nom du chemin du pont des vaches, portait le nom de Coopwerch (chemin des marchands) et le passage sur la Lys, en barque, et Textrémité de ce chemin, s'appelait aussi du Coopwerch. Une rue, dans l'agglomération, était désignée par le nom de Preistage (chemin de la marchandise) et celui qui a conservé le nom de chemin de la procession était déjà appelé, il y a plusieurs siècles, chemin du Saint Sacrement.

Les bois avaient aussi leur désignation particulière, rappelée dans les actes de ventes qui se faisaient publiquement, à la requête du bailly des seigneurs. La plupart portaient des noms ne donnant aucune signification particulière, comme les bois : du Gros Chêne, du Vieux Colbras, Pauvre Joie, de Bouleaux (Berckbusch) des Lutuns, de la Fontaine, de l'Herbe, des Filles, des Aulnes, des Fresnes (Eschenbusch) du Houblon (Homhlébusch)^ du Marais (Moorbusch)^ de la Digue (Dambitëch)j de la Barrière (Baillebusch)^ de la Flèche (Pylhusch), de la Large Prairie (WidemerscKbusch) et de THermitage.

Ce dernier bois s'appelait ainsi parce que, en effet, dès une époque reculée, un ermite y avait séjourné. Une pièce authentique puisée aux archives générales du royaume de Belgique, datée du 13 Juin 1663, nous donne le nom du frère ermite qui résidait, à cette date, à THermitage de Bousbecque.

» Monseigneur ayant veu certain ordre du comte de Bruay, servant à faire mettre en possession frère Gilles Desminet, en l'Hermitage de Bousbecques, diocèse de Tournay, et estant supplié de la part dudit frère Gilles, recommandé par lettres de M. le comte de Bruay susdict, adressantes au sieur Tarchidiacre de Boulogne, et supposant le consentement du seigneur du lieu, Mgr a permis audit hermite de s establir et demeurir audit hermitage, à charge de se soubmettre au pasteur et de vivre selon les règles et statuts conceus et à concevoir pour les hermites de ce diocèse, saulf le droict d'autruy. »

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