‹ Histoire de Braine et de ses environsChapitre 17 sur 63 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Donation de la terre et du ehàteau de Braine,

ols ne saurions dire en quelle année la terre de Braine fut donnée au père de saint Ouen, le seigneur Authaire; mais nous pouvons affirmer que ce fut sous I<î règne de Clolaire II. Ce seigneur résidait ordinairement à Sancy, près Soissons, et faisait valoir par des inlendans sa terre de Braine, ainsi que celle de Condé.

Saint Ouen naquit à Sancy vers l'an 609. 1) reçut une éducation religieuse qui porta ses fruits. Tout en vivant en grand seigneur, il sut se consacrer au jeûne et à la prière. Son mérite le fit élever sur le siège épiscopal de la Ville de Rouen. A la mon de son père, il rut en partage

HISTOIRE DE lillAlfŒ. 73

les terres de Braine, de Condé et de Sancy, qu'il donna à l'église dont il était le chef. Ces propriétés, arrosées par la Vesle, navigable à cette époque, étaient très-fertiles en productions de toutes sortes, et ne manquaient pas d'être très-utiles et très-agréables à leurs possesseurs.

L'église de Rouen jouit en paix des dons de son bienfaiteur jusqu'à la décadence de la maison de Charlemagne. Sous les successeurs de cet illustre empereur, Rouen souffrit beaucoup des nombreuses irruptions des Normands. L'évôque et le chapitre de cette ville, prévoyant les désastres qui pouvaient arriver, délibérèrent sur le moyen de prévenir les ravages que ces furieux pouvaient commettre. Ils résolurent donc d'envoyer à Braine les objets les plus précieux de la cathédrale, tels que les reliques, les trésors, la plus grande partie des vases sacrés, les plus riches ornemens et la bibliothèque, qui était en ce lems-là une des plus considérables de la France. Toutes ces choses précieuses trouvèrent plus de sûreté à Braine, qui était éloignée de l'embouchure de la Seine, par où les barbares avaient l'habitude d'entrer. Dans celle circonstance, on fortifia le château, afin de pouvoir repousser les attaques des vagabonds et des factieux qui désolaient le pays. Il est présumable que la translation des reliques, des trésors et de la bibliothèque eut lieu vers la fin du règne de {XHiis-lc-Pieux, qui nimirul le 20 juin MQ(

Parmi les reliques qui furenl transférées à Draine, étaient les corps de saint Yved et de saint Victrice, évôques de Rouen. Alin qu'ils ne subissent pas de dégradation, et pour leur faire honneur, on les plaça dans des châsses ornées de dorures et de pierreries. Ces reliques attirèrent à Braine un grand concours de pèlerins, qui venaient de toutes parts pour accomplir leurs vœux.

Pendant près d'un siècle, le château de Braine conserva dans son sein ces richesses de l'église de Rouen. En 922, la bibliothèque y était encore. On lit dans les annales des Bénédictins qu'en cette même année un clerc de Soissons vint pour y puiser des renseignemens sur la vie de saint Romain. Peu de tems après , une partie de ce trésor de littérature fut consumée par les flammes, et l'autre fut pillée et dissipée. Ce fut une très-grande perte, non-seulement pour Braine et Rouen, mais encore pour toute la France.

En 931, le domaine de Braine devint la propriété de Hugues-le-Grand , duc de France. Suivant Frodoard, ce duc l'aurait enlevé de force à l'église de Rouen, et, suivant Marlot, il lui aurait été concédé par le chapitre de celte église. Mais, quelle que soit la manière dont Hugues devint le maître de ce château, il est constant qu'à cette époque il était en sa possession.

Des dissensions politiques s'étant élevées entre lui et Herbert, comte de Vermandois, te dernier envoya un «détachement de troupes commandées par un «le ses vas-

Page 1