‹ Histoire de Braine et de ses environsChapitre 16 sur 63 · HT DE SES E,\ MUONS. <W · texte numérisé non relu

HT DE SES E,\ MUONS. <W

Les cavaliers franks avaient la coutume, lorsque leurs tentes étaient établies, de laisser paître leurs chevaux dans la campagne, en leur menant toutefois des sonnettes au cou , afin de les retrouver plus facilement. Frédégonde en fit aussi attacher une au cou des chevaux de ses cavaliers, et plaça entre les mains de ces derniers des branches d'arbres garnies de leurs feuilles. Ensuite, cette armée, qui ressemblait à une forêt, s'avança en cet état jusqu'à Trucy, petit bourg situé sur les confins de la province de Soissons, et où était le camp de Childeberl. Le jour commençait à paraître lorsque l'armée de Frédégonde, en tête de laquelle étaient les cavaliers recouverts de leurs branches, et laissant aller les sonnettes de leurs chevaux, arriva à peu de distance du camp ennemi. La sentinelled'un poste avancé courut vers ses camarades en s'écriant : «Qu'est-ce que cela? j'aperçois un bois taillis » où l'on ne voyait hier qu'une plaine découverte? — » Eh! n'entendez-vous point, lui dit-on, les sonnettes de » nos chevaux qui broutent le long de ce petit bois?» En cet instant, les trompettes firent entendre un bruit éclatant, et le bois s'ouvrit pour laisser passage aux bataillons du jeune Clotaire, qui allèrent fondre à l'improviste sur le camp, encore tout endormi. Il se liuun massacre épouvantable, et il y eut une déroute complète. Tant d'une part que de l'autre, il resta sur la place 30,000 hommes, morls ou blessés. Frédégonde, victorieuse, poursuixil les vaincus, et poussa ses ravages

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jusqu'en vue de Reims. Elle revint ensuite à Soissons, qu'elle venait de sauver (593).

Trois ans plus tard, Childebert mourut, laissant à Théodebert, son fils aîné, l'Austrasie, et à Thierry la Bourgogne. Ces deux enfans étaient âgés, l'un de onze ans, et l'autre de dix.

L'année suivante (597), après une guerre avec Bninehault, Frédégonde tomba malade, et alla rejoindre Chilpéric à l'église Saint-Vincent, sans avoir pu mettre à profit la victoire qu'elle venait de remporter. Cette reine, en mourant, laissa à son fils, âgé de treize ans seulement, le fardeau du gouvernement. Clotaire H eut d'abord quelques succès; mais, après une bataille sanglante qu'il perdit, il fut obligé de se retirer à Melun.

Quelques années après, Théodebert et Thierry se firent une guerre si acharnée, qu'elle coûta la vie au roi d'Austrasie. Par cette mort, Thierrv devint seul maître des deux royaumes de son père, et ne put en jouir bien long-tems; car il fut attaqué d'une dyssenlerie qui l'emporta en quelques jours, il laissa quatre fils, dont l'aîné avait dix ans. Clotaire, afin de rester seul de sa race, s'empara de ces enfans et les fil égorger. Ce prince réunit donc sous sou pouvoir, comme son aïeul Clotaire 1 er , loute la monarchie française. Le royaume de Neustrie, qui avait duré plus d'un siècle, fut confondu dans le royaume de France, et Soissons, sa capitale, fut abandonné des princes, ;iinsi que le chàlcau royal de Brainc,

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qui était , à l'égard do Clotaire et d«; Chilpéric, ce que fut Versailles à Louis XIV et à Louis XV.

Depuis Clovis jusqu'à eetle époque, presque tout l'intérêt de notre récit ne vient que de meurtres, de crimes, et autres actions sanglantes. Cependant, ici se terminent ces guerres intestines, ces luttes atroces et obscures des Mérovingiens, dont Cliilpéric et Frédégonde, personnages d'une nature primitive et barbare, d'un caractère étrange et féroce, furent en quelque sorte les instigateurs.

Grégoire de Tours existait en ce teins. C'était un homme vertueux, ferme et plein de naïveté. Sa célébrité vient du monument historique qu'il nous a laissé sur la Gaule franque. C'est dans cette œuvre qu'il est parlé pour la première fois du Palatium Urennacum. Le savant abbé Lebœuf, qui avait quelquefois des opinions trèserronées, a contesté ce Palatium à Draine; mais, en consultant les anciennes chroniques, et les histoires modernes qui ont pour auteurs des savans illustres, tels que Michelet, Aug. Thierry, Henri Martin, etc., on sera sufiisamment éclairé sur ce sujet, et l'on verra que le Palatium Brennacum était bien à Draine-sur-Vesle.

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