CHAPITRE XVII
Reliques de Maint Km fin et «aint Yalèret seigneur*» de Bazoelie.
utrefois, le village de Bazoche était un bourg qui comprenait le territoire de deux paroisses, Saint-Rufin et Saint-Thibaud.
Clovis 1 er donna ce domaine aux archevêques de Reims, qui, plus tard, au VII e siècle, le cédèrent aux évèques de Soissons. Les deux collégiales existaient , l'une au château , l'autre au hameau de Saint- Thibaud.
Ce fut sous le règne de Constantin-le-Grand, protecteur delà religion chrétienne, que se rallumèrent les souvenirs presque éteints de saint Ruttn et de saint Valère. Pour honorer ces saints, on éleva à Bazoche un
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oratoire sur leur sépulcre. Comme on appelait ces sortes de chapelles lîa&ilica <?t liisiUca, le territoire prit le nom de Jiazoche, mot traduit du vieux latin Bisulca. Dans la suite, la chapelle ayant été renouvelée et agrandie, saint Loup, évêque de Soissons, y forma un chapitre de soixante-douze clercs ou chanoines, en mémoire des soixante-douze disciples de Jésus-Christ. Ces clercs la desservirent jusqu'en 1136, époque à laquelle elle fut réunie à l'abbaye de Marmouliers.
Au VII e siècle, lorsqu'on bâtit l'oratoire en l'honneur de saint Rufin et de saint Valèrc, leurs reliques furent inhumées pour être exposées à la vénération des fidèles. Ces reliques donnèrent lieu à plusieurs translations, et furent cause de plusieurs miracles.
Frodoard dit que, peu de tems après la mort de ces deux saints, on voulut porter leurs reliques à Reims, mais que les châsses étaient devenues si pesantes, qu'il fut impossible de les soulever et d'aller plus loin. «Ce »qui advint ainsi, dit-il, par la volonté de Dieu, afin >» que leurs corps pussent jouir d'un repos paisible au » lieu même où ils avaient tant de fois consolé les pau- » vres, en leur distribuant des aumônes. »
En 882, les Normands répandirent leurs ravages dans cette contrée; et, pour soustraire à la persécution de ces barbares les restes de ces deux saints, on les transféra à Reims dans l'église de Saint-Pierre, où on les garda pendant doux ans en grande vénération. Les guerres
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étant terminées et le calme rétabli, le curé de Razoche désirant faire revenir ces précieuses reliques dans leur propre église, se hâta d'aller lui-même à Reims les chercher.
Après avoir célébré une messe, les reliques furent levées et emportées au milieu d'un grand concours de peuple. C'était un dimanche : il faisait un orage épouvantable; le tonnerre grondait; et lèvent soufflait si fort qu'il éteignit les lumières que Ton portait en l'honneur des deux sainls. Après quelques heures de marche, on arriva à la rivière de \as\e(VidtUa) t qui était alors navigable. Le cierge que l'on portait devant les reliques, et qui était éteint depuis long-tems, se ralluma tout à coup, à la grande admiration des spectateurs. Cette lumière miraculeuse dura près de deux lieues, malgré les tour-
billons de vent, de pluie et de grêle. Plus tard, en mémoire de ce miracle, le curé de BazochetU faire un autre cierge avec la même cire et sous une autre forme. Par un nouveau miracle, la cire amollie s'augmenta avec profusion dans les mains des clercs occupés à la confection de ce cierge. Au bruit causé par l'admiration que produisit ce prodige, le curé arriva et crut, en voyant la cire ainsi accrue, qu'on en avait ajoulé sans son ordre; mais, d'après la réponse négative des clercs, il reconnut un miracle, rendit grâces à Dieu, et fit placer cette cire dans l'église, en mémoire d'un si grand événement. Riculphc, évêque de Soissons, voulut en avoir quelques parcelles. Les prêtres de plusieurs communes voisines en deman-
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dèrent aussi par dévotion. On leur en accorda à lous une partie, qu'ils placèrent religieusement dans leurs églises.
En 937, il y eut une autre translation de ces reliques. Pour les soustraire encore à la persécution des ennemis, on les transporta de Bazoche à Soissons, où elles lurent gardées dans la cathédrale avec les honneurs qui leur étaient dus. Le péril étant passé , il fut question de ramener les deux châsses à Bazoche ; mais l'évèque de Soissons en garda une et renvoya l'autre. Comme on la rapportait, un boiteux, se traînant avec peine, suivait avec les autres le corps de saint Rutin. Arrivé à Vasseny, village près de la route entre Soissons et Braine, il fut guéri tout à coup, et marcha aussi droit qu'avant l'accident qui lui avait ôté le libre usage de ses jambes. Il jeta alors ses béquilles et alla remercier Dieu, qui se montrait si grand et si admirable en mémoire de ses saints, l'eu de tems après la translation de ces reliques, plusieurs églises des environs, celles de Coulonges, Loupeignes, Vierzi, > régny et Ourgues, eurent l'honneur d'en posséder quelques parcelles.
« Nous allons montrer, ajoute encore Frodoard , com- >» bien la justice divine était prompte à punir ceux qui » violaient les lieux saints, et qui osaient porter une » main profane sur les biens que les fidèles donnaient aux p bienheureux martyrs.
»• Tandis qu'il existait «les discordes entre le roi Eudes