‹ Histoire de Braine et de ses environsChapitre 36 sur 63 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

Hubert de Karrebruelie.

i'kès la mort de son père, Jeanne «le Kouci entra en possession de la terre et du comté de Braine. Elle épousa Robert de Sarrebruche, damoiseau de Commercy et sire «le Louvois. C'est à cette époque qu'Isabeau de Bavière lit signer au malheureux Charles VI, tombé dans une démence complète, l'acte par lequel il reconnaissait le roi d'Angleterre pour son héritier et le nommait régent du royaume.

Quand Charles, le dauphin, qui s'était retiré en Touraine, eut reçu la nouvelle de la déchéance de son père iîI de la sienne, il en appela à Dieu el à son épée. Et dès

IIISTOIItE DK HUAINK. MÎT

lors commença une lulte inégale entre les Armagnacs H les Bourguignons, qui s'étaient alliés aux Anglais. Le dauphin s'était fortifié dans le midi. Un (>arti dévoué à sii cause s'éfaut formé dans la Picardie et le Ponthieu , il résolut d'établir une lutie corps à corps avec ses ennemis. La fortune le servit mal d'abord; car Henri V, accourant d'Angleterre au bruit de la guerre, le repoussa avec vigueur. Cette victoire ne prolila pas à Henri, qui mourut quelques jours après. Cinquante jours plus tard, Charles VI mourut aussi , entouré seulement de quelques vieux serviteurs. Quand son tils, Charles VII, apprit cette mort, dans le Velay, il se rendit dans une chapelle suivi de ses gentilshommes, qui élevèrent en l'air une bannière aux armes de France en criant : Vive le Roi! A partir de ce moment la guerre reprit avec plus de violence que jamais. En Normandie, en Picardie, en Velay, les combats se multiplièrent sans ensemble et sans résultat. Le duc de Bourgogne, partisan des Anglais, avait envoyé des garnisons dans les châteaux de Braine et de Bazoche, dont les seigneurs avaient consenti à se mettre de son parti, si toutefois on voulait conserver leurs chûteaux et les préserver du pillage. Des troupes de Charles VII, paraissant en nombre dans les environs de Braine, prirent celte ville, Bazuche, le Mont-Notre-Dame et d'autres lieux voisins, qui n'allendaienl que l'heureux moment de se rendre au roi <'l de secouer \v joug d'une domination étrangère. L»'

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duc de Bourgogne, occupé ailleurs, ne put porter secours aux troupes qu'il avait placées dans ce canton. L'année du roi profita de cette circonstance pour assiéger le château du Haut (Cattrumde Cel$o), où s'étaientretirés, après la prise de B rai ne, la garnison qui défendait cette ville, la famille de Robert de Sarrebruche et tous ses gens. Robert, partisan du duc de Bourgogne, était allé combattre en Lorraine. En partant, il avait laissé pour le commandement de son château un officier en qui il avait toute confiance. Le siège du château du Haut est ainsi décrit dans un vieux manuscrit contemporain dont l'auteur nous est inconnu.

• Quelques temps après le mariage de Robert de Sar- » rebruche, damoiseau de Commercy, qui lui avoit » apporté la comté de lirai ne, les Anglais, les Arma- * gnacs et autres tenant leur parti, éloientet dominoient >» en la plupart du royaume de France, par les guerres .« et différends que le roi Charles VU avoit avec Henry, » roi d'Angleterre; tellement que une grosse bande « desdits enemis (les Armagnacs), se veinrent camper » devant le château du Haut près Braine, pour icelui » avoir; et y furent asses long-temps devant, faisant *> grosse batterie de canons et autres pièces; et dedans » le dit château y avoit garnison de par le dit damoiseau >• de Commercy, qui lors étoit occupé aux guerres qu'il •» menoit en Lorraine et a ceux de Metz : quoi voyant •> ceux de la dite garnison, el n'espéianl avoir aulcuns

» secours, foirent une saillie sur les dits enemis , qui » les repoussèrent vigoureusement dedans ledit château » et en grand désordre, tellement que en se retirant, les » Armagnacs y entrèrent ensemble, faisant grande exé- » culion et laide turie de ceux qu'ils trouvèrent dedans; h et non content de l'occision et pilleries qu'ils a voient » faites, meirent le feu partout et le démolirent; et a » celte cause fut appelle ce lieu le Château de la Folie , » qui fut en 1443, le lundi d'après le jour de Mon soi - » gneur Saint-Denis. *

L'origine du nom de Château de la Folie, qui s'explique par cette citation, vient de la témérité d'un officier commandant, qui, avec une poignée de soldats, tenta une sortie maladroite contre une armée entière. S'étant trop avancé, les Armagnacs le poursuivirent avec vigueur, le forcèrent de battre en retraite et entrèrent dans le château, en même tems que ses troupes. Le succès des Armagnacs fut de courte durée; car leducde Bourgogne, reparaissant bientôt avec des forces imposantes, reprit Braine, ainsi que tous les lieux qui avaient reconnu l'autorité de Charles VII.

Plus tard, en 1436, Robert, que la prise de son château du Haut eut dù rendre plus prudent et plus circonspect, était encore partisan de l'ambitieux duc de Bourgogne. 11 venait de faire fortifier de nouveau ses châteaux de Commcrcy et de Braine, d'où il envoyait des bandes de pillards ravager les pays voisins soumis à Charles VII.

IIISTOIKE DE «HAINE.

Ce roi, indigné de ces excursions, donna ordre au comte de Richemont, connétable de France, qui commandait alors des troupes en Champagne, de se translK>rter sur les lieux où le comte de Braine faisait commettre toutes sortes de brigandages. Le comte de Hichemont vint à Braine et s'approcha du château, afin de s'assurer s'il pouvait l'emporter d'assaut; mais, s'élant convaincu que cela lui était impossible avec le peu de troupes qu'il avait, il continua sa marche et alla assiéger Sainte-Manehoud.

L'époque de la mort du comte Robert de Sarrebruche nous est inconnue; nous savons seulement qu'il survécut peu de tems à Jeanne de Braine sa femme, qui mourut le 24 septembre 1469. Ces deux époux laissèrent de leur mariage quatre en fans : deux fils, Robert et Amé, et deux tilles, Marie et Jeanne.

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