LIVRE SEPTIÀMB. IO
acquis par Louis XI , et venaient d'être confirmés en &veur de Charles YIII par Nicole de Penttûèvre, le 20 octobre i485 (i), c'est-à-dire, pendant la tenue de ces mêmes états où le duc réglait Tordre de la succession à sa couronne.
Ces compétiteurs étaient Jean de Châlans, prince d'Orange, fils d'une sœur du duc régnant ; le sire d'Albret , veuf d'une arriére-petitefille de Jeanne-la-Boiteuse , et le vicomte de Rohan^
Jean II, vicomte dë Rohan, alléguait qvCil
avait épousé la pnncesse Alarie, fille du duc François et , par conséquent , tante de la princesse Anne. La question était de savoir si la tante pouvait obtenir la préférence sur la nièce. L'historien de la réunion de la Bretagne à la France assure que cette prétention était autorisée par une clause du testament de François I^^ et de Pierre II. Mais il ne rapporte pas cette clause , et ces actes ( du moins les copies que nous en avons ) ne contiennent rien de relatii aux droits de la princesse Marie : en second lieu, si ces droits devaient dériver de la descendance des anciens ducs, Anne pouvait s'en prévaloir aussi bien que sa tante , puisque son père était petitfils du duc Jean IV, et qu'il régnait , non à titre
(i) Actes de Breta^e, t. m, p.
de mari d'une fille du doc François I^, mais
do son chef (i). Tl paraît qii'ri cette éi)oqne le
(i) "Voici une assertion de l'historiographe de France Garuier : « Le vicomte de Rohan, dit-il , était beau-frère du due « régnant ( en effet, ib avaient épousé les deux ffiles du duc «t François I^*^: le duc François II, Taînée, Marguerite; et le n vicomte de Hohan, Marie, la cadette ); il avait eu de sa n femme, Marie de Bretagne, deux garçons encore vivants, « et qui donnaient les plus belles espérances. Si François n « n*eût possédé la Bretagne que du chef de sa femme, il n*est « pas douteux que î( s fils de ce VH onite a eussent dû hériter « de ce duché préferablement aux enfants de François II et 1 de Marguerite de Foix; mais comme il y avait une loi en <t Bretagne qui excluait les filles de la succession au 'duché, « tant qu'il restait des mâles, (juoique dans un degré plus « éloigné, et comme, en vertu de cette loi, François II était (I parvenu à la succession du duché, non point comme mari « de la princesse Marguerite, mais comme vrai et naturel « héritier, le vicomte, n'osant demander l'exclusion des prinn cesses Anne et Isabelle, se bornait à réclamer pour ses iils « tous les trésors et les meubles du duc François I^*, la dot « et le mobilier de Marguerite, leur tante, morte sans posté- « rite, enfin les acquisitions de fonds de terre faites par le « même François I**^, et la moitié de celles (|u avait faites «t François U iuir-méme, pendant la durée de son |Mremier <c mariage. Convaincu que le duc, quand même il en aurait « la volonté, ne pourrait jamais acquitter cette dette, il pro- 1 posait, pour éviter toute (li^< ussion, de coniuudrc les droits <c des deux maisons, par le mariage de ses deux (ils avec les « deux princesses. Le maréchal de Rieux et la principale no- « blesse de Bretagne appuyaient la proposition du vicomte^ « mais le duc la rejetait avec dédain. »
LIVAB SËPXiEMli:. Ili
principe du droit de représentation n'était pas encore généralement admis; et, en dernière analyse , la princesse Anne et le fils du vicomte de Roban descendaient , l'un et Tautre , du duc Jean IV (i); mais les Rohan avaient pour eux l'avantage de descendre de la branche aîiiée, tandis qu'Anne pouvait se prévaloir de ce qu'elle était fille du dernier duc: tout cela composait un droit assez litigieux.
Les lloliaii appuyaient en même temps leurs prétentions sur un titre bien autrement ancien. Us se disaient issus de Conan Mériadec , le premier roi des Bretons; et ils citaient le procèsverbal de Fassise tenue en 1188, sous le règne d'Alain Fergent, où on lisait que la préséance leur avait été adjugée comme descendants de Conan (2) ; à ce compte , leurs droits auraient
(t) Le duc Joan IV.
Jem V , sou iiis aîné. Richard, son 4^ fils.
Jean YI, son fils. Le duc François II , son fils.
François I®', son fils. Aune de Bretagne, sa fiile.
Marie de Bretagne, sa fille, mariée au vicomte de Kohan.
Jean de Rohan, leur fils.
(2) L'authenticité de ce titre fut, dit-on» reconnue par toub XIV, dans son conseil» le i^^ avril i&g%>
incontestablement primé ceux de la maison de Blois et de la maison de Montfort
Toutes CCS prétentions pouvaient ne pas être fDndées; mais elles prouvaient qu'on n'avait pas renoncé à invoquer le droit des femmes, et qae, dans un ordre de succession où elles sont admises à porter la couronne, et capables de la transmettre, les droits se perpétuent, se subdivisent , se croisent et se compliquent à Finfini. C'était donc une opération extrêmement sage que celle qui réglait d'une manière positive la succession par un acte formel, ayant le double caractère d'un testament et d'une loi, la double force de l'autorité du prince et du consentement des états (i).
(i) On poussa la précaution jusqu'à exiger une déclaration du bafon d'Avaugour, fils naturel du duc, par laquelle il tenonçait à toutes prétendons sur le duché.
Lettre en date du 8 ievrier i485, signée par Guillaume Guignon» Pierre Desils, notaires apostoliques et impériaux , par lesquelles est rapporté la confession.et consentement des états dnd. pays de Bretagne, tenus à Rennes ledit joiu , en la présence de François de Bretagne, baron d Avaiiguur et seigneur de Clisson j lequel fait expresse déclaration n'avoir onques prétendu aucun droit audit duché> et n'y avoir moyen d*y espérer apiezois que les vrais et légitimes, héritiers sont madame Anne et Isabeau , fille du duc François dernier, an cas qu'il n'y ait hoirs mâles procréés dud. duc en loyal mariage, et à elles tout le corps desd. états , et led. sieur d'A-
LIT&B SEPTIÈME. Il3
Le duc avait annoncé , dafe sa déclaration y
qu'il les consulterait aussi sur le choix de ses gendres. Ceux qui se présentaient alors pour obtenir ce titre , étaient le'fils du vicomte de Rohan et le sire d'AlbreL Pendant le règne de Louis XI, François II avait recherché l'amitié de Farchiduc d'Autiiche Maximilien. lx>rsque cette alliance se forma ^ l'archiduc était marié , et la princesse , fille aînée du duc de Bretagne , était promise au prince de Galles , qui ne mourut qu^en i483 ; l'archiduc devint veuf le 27 mars 1482: ce ne fut donc qu'en J 4^3 que put être conçue, pour la première fois , ridée du mariage de ce prince avec l'héritière de Bretagne ; et les historiens bretons disent (i) que le prince d'Orange n'était vewiu à la coui* du duc François II, son oncle, que pour négocier cette union. L'historiographe Gamier prétend que l'extrémité où la Bretagne se trouva réduite , et le peu d'apparence qu'il y avait que jSIâximilien , assez embai rassé à se défendre luimême, put' venir à son secours, obligèrent le
vaugouT promirent la foi et obéissance, comme à leurs vraies princesses; et aux futurs maris desd. dames obéir, comme à
leurs souvorains seigneurs temporels. Le tout confirme par serment authentitjuement fait par les suposts desd. états et led. sieur d'Avaugour, et accepté par led. duc. ( Archives de Hantes, armoire A, cassette A. ) (i) Taillandier, Histoire de Breta^uc, 1. 11, p. 145.
tf4 HISTOIRE DB BltnA.GKE.
dw à é<x>uter les {urc^ositions d'un nouveau pré» tendant : c'était Alain d'Atbret, surnommé le Grand 9 te plus nche seigneur du royaume. « U de- «oanda» dit41 , que la main de la princesse fut la A récompense du guerrier qui saurait le mieux la défendre* Enfin , le duc d'Orléans parut aussi $ur las rangs, et éclipsa tous ses rivaux. Premier prince dti aang, héritier du trône, cousin-gen* niain du duc, il possédait de plus l'heureux don do pllire » et captiva bientôt le cœur de aa mai* tresse. »
Toutes ces circonstances sont romanesques; rhistoire n'admet ni les portraits de fantaisie, ni les feits controuvés. Voici ce qu'elle atteste :
Bbrânilien, fils de Tempereur Frédéric IV, venait d'être élu roi des Romains, le 8 février 14869 huit jours précisément après l'ouverture des états de Bretagne. Il venait de déclarer la guçrre k la France , et les hostilités étaient à pdne commencées. Le traité de réconciliation entre le roi de France et le duc François venfût d'être concla le a novembre i485(i). Malgré cet engagement, le duc signa une autre alliance avec Maximilien (a). Par la première , il s'était obligé à se-
(i) Actes de Bretagne, t ux,p. 490. Archives de Nantes, armoire L, cassette F.
(a) Lettre d'allifiiice de AiajôimliaEi, roi des Bomaios, et
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courir Charles VIII envers et dtotre tow; pfur la
seconde , le nouveau roi des Romains $'eiiga|je^ à défendre la Bretagne , et garantissait la snecea* 1^ sien du duché aux filles de son nouvel allié* Quant au sire d'Âlhret, déjà âgé de quarante^* cinq ans, veuf et père de huit en&nts^ c^était an seigneur d'une figure Ëu*ouche et d'un esprit grossier (i). Sa petite seigneurie^ dans les landes de Gascogne, ne le mettait pas en état de prétendre à une princesse que l'héritier de la couronne d'Angleterre avait dû épouser, et de se porter pour rival du roi des Romains. II avait été (le la ligue des princes mécontents; et quoiqu'il fut rentré dans une soumission aj^arente dès le^ premières menaces de la cour, il promettait hardiment de £aire venir une armée de Gascons et de Nàvarrois au secours de la Bretagne. Remarquons que , dans ce moment même > au mois de janvier i4S6, le roi de France partait pour la Guienne à la téte de ses troupes, et qu il ne lui Êdlut pas plus de deux mois ponr y âûre reoon*
Philippe, archiduc, et le duc François dernier. Datée le i6 mm 14S6. ( Archives de Nantes, armoire L, eassetle F. }
(i) Voici le portrait qa^en fait Gamîer lui-même : « H " avoit le visage bourgeonné, le regard dur, la voix rauque, « ilmmeur querelleuse et chagrine; et estoit led. seigneur» « ^oute Saligni^ an peu coperosé au visage) aussi disoil-on « que la fille n*ea avoit cure. »
Il6 HISTOTRi nt B1I1!*^ÂGKE.
naître son autorAé. Ce n'était donc pas de sa puissance que le sire d'A.lbret tirait l'îniportânce qaUl pouvait avoir à la cour de Bretagne f niais il était fils d'une Rohan , et , par^là , iff ère iltérin 9 d'une comtesse de Laval, gouvernante de la jeune princesse. '
Cette iemme aiubitieuse , voulant procurer à son frère la main de l'héritière de firetagne ^ avait cherché à se coaliser avec le maréchal de Rieux et avec Lescun , comte de Gomminges; mais dans cette cour, où récriaient les favoris , chacun avait ses vues particulières et ses intrigues. Le maréchal de Rieux s^était engagé , par uii traité, envers le vicomte de Roiian , à procurer aux deux fils de ce seigneur la main des deux princesses de Bretagne. Le piiiice d'Orange négociait en (aveur dii roi des Romains, Lescun servait secrètemelit lé duc d'Orléans, et la comtesse de l>aval travaillait pour son frère. £Ue insistait beaucoup sur les droits que celui-ci tenait, disait-on , de la femme dont il était veuf, et qui était de la maison de Blois. Mais il fidlait d'abord feire prévaloir ces prétentions sur les droits de la branche mascuhne , que laprincesse Anne représentait. C'était sacrifier cette princesse que de lui faire contracter un mariage par lequel elle aurait déshérité ses propres enfants, en faveur de ceux qu Alain d'Albret avait déjà de sa première femme. On faisait beaucoup
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valoir e6tte œubidéi ation , quç ce maïuage assurait le tepos de la' Bretagne^ en confondant prétentions des maisons de Blois'et de MontforL; mais, pour céla^ il aurait £adlu que les en&nts dU sîre d'Albret fussent les véritables héritiers de la première dexe$ deux maisons; or, c'est ce qui n'était pas : il ne Êiut pas ' oublier d'ailleurs que Nicole de i^iois et Jean de Brosse avaient cédé leors droits au roi de Fiance. '
Quaatà.i^Quisjd'Orféans,que ion fait paraître loutTà^opup'COmme édipmu tous ses rivaux et
captivant /<? §œur de sa maitresse^ pour juger qu^e palt.l'i^joUr peUt ayoir.dans ces rivalités^ il suffit dé se rappeler que la princesse était alors une petite^iilt^'de.nieaf ans^ qu^Jeiduc d' Orléans était 'marié' depuis dix, et avec uneiemmedoilt il ne lui agirait pas été aisé d^ se défaire, car elle était sœur, dia roi régulant. » 1 . •
Rien n'est; cependant pluij accrédité que ce roman des amours du' duc d'Orléans et d'Anne de Bretagne. On a écrit î^i) « qu ils s'aimèrent dès qu'ils se virent , que des raisons politiques appe* • laient le duc en France , que l'amour le retint, et qu'Anne sentit tout le prix du sacrifice* » Ce qu'il y a de certain , c'est que Louis fit plusieurs voyages
(i) Histoire de la réiinioa de k Bretagne à la France, par fabbc irail, chap. 4.
||S HlSXOiaB un B&£TAGIf£.
en Bretagne en 1484^ en i4B5 et en 1487; que, par coaséq[uent,il s'en absenta piu^eurs fois;qu à aaoune de ces époques il ne pouvait avoir conçu de Famour pour la princesse, ni lui en avoir inspiré. AiiM avait reçu de la nature beaucoup d'à» vantages extérieurs, une jolie figure et de la grâce , quoique boiteuse ; dlle annonçait beaucoup dTes* prit, et on cultivait ses heureuses dispositions par une éducation très-soignée; mais quelque avan^
cée qu'on la suppose, elle ne pouvait alors être en état de comprendre ni les raisons politiques ni les sentiments qui se combattaient, dit-^on^ dans le cœur du prince. U parait cependantqu'on fit courir le bruit d'un projet de mariage entre lui et la tille du duc II s'en délendit par une dé* damtion portant « que le voyage qu'il avait &it en ft*etagne vers la personne du duc , étoit seulementpour le visiter et conseiUer en aucuns points, pour la défense de son duché, et non pour lui tenir propos de mariage avec les princesses ses filles ( I ). s Au reste , on n'a pas besoin de supposer une passion pour expli<pier le^ liaisons de Louis d'Orléans avec la cour de Bretagne. Ennend âé*- ' claré de la régente du royaume, il s'était vu deux fois réduit, par le mauvais état de ses affùres, au
(i) An^ives de Nantes, armoire L, cassette É. Cette déclaration est datée du 37 janvier 14B6.
parti lie la soumission. Lescuri, que la cour de Fmnce croyaû avoir gagné , parce qu'elk kû avait ùikde gtandeb kurgfesseSf fSsHForisait s^crèleiMa^k prince rebelle^ et; lui promettait toujours i!appui du doc de Brettigne. Galai-<i ^ndfnait k tout ma* ment que le roi ne se présentât sur la frontière du duché, la cession de Nicole de Blois à la méin; et Févénement fit voir que ces craintes n'étaient qne tfop fondées» On travaiUaît à Ibrttm* iMie nouvelle ligue assez iuiposaute pour procurer à la Bretagne quek[ue aécurilé» et au 4ac 4'Qiv téans quelque chance pour supplanter madame de fieaujeu*
Le dhic François II , quoiqa'tt' n'eût entiore «(ne cinquante ans^ se voyait éé^a atteint par toutes 1^ înfirwHtés de la vieillesse; et son principal dé» £à.utf qui était la Êdblesse du tjaractère, croissait avec râge. U tomba dangereumtient nialade
en i486. Pendant sa maladie, il fit à ses vassaux immédiats une concession dont Thistoire doit4ui tenir compte. Par une déclaration du 8 octobre i486» il aboUt dans ses domaines le droit de nobige, en v«rta duquel il recueiUait k mcces» sion des colons qui mouraient sans enfants. Les espions' que la récente de France entretenait à la cour de Bretagne, ne manquèrent pas de ^re le péril encore plus grand qu'il n'était, et d'annoncer que le princ&allait mourir. Aussitôt madame
Digiti/co by C ji.jv.Kii^
liÔ HISTOIRE ]>£ BA£XAGir£.
de Beatijeu se hâta de conduire le roi à Tonrs^ et de &iFe marcher des troupes comme &^l se iàt^ dé frrendre à rinstamt po8Sesrâoii*d^'4ei)eI lién* tâge (i ) : mais le duc guéiit de sa maladie, et» piqu^ de ces démonstrations, sentît qu^l n-y-ava^rt psb un moment à perdre pour former la ligiie projetée. ' . • \ . ^ -.u
On exposa dans un préambule (2) «que lés bonnes intentions du roi , pour entretenir là paiit entre son royaume et le duché de Bretagne, OT^a/îf éié annMUes par l'ambition et û^nnoitUe d'aif' cunes personnes estantes de présent autour du roi^ lesquelles avaient entrepris de rompre l'alliance estante entre le roi et la due , et tonseilté'am roi de priver ies filles du duc de la succession de leur père, contre tbût droit etmsoin,'lésq^éllè0 en4 treprises avaient occasioué la levée de tailles ex-^ cessives sur le pauTre peuple; les priMes et sef*
(i) « Et environ le 9 du mois d'octobre i486, le roi eut « nouvelles que le duc de Bretagne étoit fort malade et en ,« danger de mort; par quoy feust advisé par le conseil , ^^.9 « veu que le roi prétendoit droict à la duché. aprèa le tmpas « du duc, il se debvoit approcher dés marches dud. Bre> « taignc, et debvoit tirer en Touraine. Le roi fut à Tours, « attendant tousjours des nouvelles de Bretaigoe. )> (Histoire de Charles VIII , par Jaiigni. )
(a) Il y en a une copie à la Biblîodièqne du Roi , m se. de Brienne^ n" 298. Voyez Actes de Breta ^ s t. m, p. 527.
gneurs soussignés, voulant le bien du rot et'du royaume, et, à cet efietyle maiatiea d&iapa^x, se Gontédéraient, se }>roii|iettadeKit de s'entr'aider, et souoiettaieiit, s'ils manquaient A l€Air!eiigage«' ment, à ce que les «otres pussefU'trcUmr ieurs armes à la coue de leurs ckepatïx, » Cette ligue fut signée le i3 décembre i466. Las 'confédérés étaient Maxuiûiien, roi des Romains, le roi et la reinfi <fe>Navame » te d«0,de fiiretàgiie^»le éuc^ de Lorraine , le duc d'Orléans, le duc et le cardinal
de fpÎK vfi^res deda dudiesse de firatagnev^l^ comtes. d'Angouléme, de Nev.ers et de^Dàii4»s',
k sine d'AUbret, les^gneiu's de l4iautreG^>4eita]^ et dfQr^al , beaucoup ide eeignedroftimlswr^I^ princiS d'Orange, Lescun, comte de. Com^imnges^ le maréefaat de Aieiix ët la cbmfiesseide LaVaL* ^ l » Mais le secrel:, confié à. tant de persoiines, ne {louvipi inanqu|3nde.traxispurer. pes ambasaadeuits
allaient et venaient de pari et d autre, pour de* mandat des explicationiB et donner des assurances dWitié auxquelles personne ne se- fiait. Tout lè manège de Lescun, si toutelois on doit croire qu'il ait été sincère dans cette occasion , n Vndormit point la vigilance de madame de fieaujeu; cette princesse pénétra le sujet de la ligue, et résolut de faire arrêter le duc d'Orléans. A son tour, le prince la devina, et partit en toute diligence pour Nantes. ^
I2ià HISTOIRB 1>B BRETAGITE.
Oependant les intrigues de la comtsssie de la^
val y pour influer sur le choix du mari de la princesse Anne, aTEÛ^t fkit pencher k baknoe en «487. faveur du sire d'Albret ; il promettait une armée ; et, de son oôté, le due signa l'engagement de lui donner sa fille. Cet engagement fut déposé entre les mains de la comtesse (i).
Le péril était pressant. Le roi Charles VIII , au mois de mai i4^7 ,ût entrer trois oorps de iKmpes en Bretagne. L'un se dirigea sar PMgnûf&W, ^àtM il s'empara; Tautre sur Vannes, où le duo se trour vait alors V intus à «rapproche des Français ^ il en sortit pour se jeter dans Nantes, et la ville de Vannes^cdiandonnée à elle-même, ae Ak *aânne résistance* H n'en fut pas de même de Nantes, dont l'armiée fmndpale alla ùàre le siégiet.
Les divisions qui existaient en Bretagne facilitaient ces conquêtes. Beaucoup^ de seigneurs voi^affent avec dôulenr le pays gooverrié {mbt des étrangers. £n e£let, parmi les favoris du chic, qui étaient alors le prince d'Orange , le dac et le cardinal de Foix, les comtes de Dunois et de Gomminces, il n'y avait pas un Brettm. L'amour de la paix, les séductions de k France, augmentèrent le nombre des mécontents. £t ceux-ci firent de leur coté une confédération à Chàteaubriant,pour
(i) Art de vérifier les dates, 1. 11, pu^63.
l^iVam SEPTIÈME. 4%S
obtenir du prince le renvoi de tous ces étrangers. A. la léte de oette confédération très-nombrense, oii voyait les Rolian, les Laval, le baron d'Avaugour, fik nâturdi du duc et de la dame de Villequier, dont la défection n'avait coûté qu'un cordon de Saint* Michel, et ce même maréchal de Rîeux qid avait été l'un des promoteurs de la ligue des princes* La régente leur prodigua les promimeft et parvint i leur fidre* signet- . une alliance avec la France. On la colora du spécieux prétexte du bien 4^ la Bretagne. On stipula que le roi ne ferait entrer dans le pays que quatre OMits hommes d'aitnes et quatre mille hommes de piedi. il déclara qu'il ne venait que pour punir la rébellioii du dcic d'Oriéans, s'engagea à n'attaquer aucune place que de concert avec le maréchal de Biettx^,et k faire acquitter rehgieusement k prix 4e «out ce que ses troupes consottttoe^ raidiit. Le roi , au moment ou- il prenait l'engage^ ment de à'en^royer q«ie quatre tiu diiq' mHfe hommes en Bretagne,y en avait déjà le quadruple. L'armée dtt ^c con»stait en isiic'icënts lantâès'tdt seize mille fantassins. Ces deux ligues opposées ofibaient une singularité remarquable. L'héritier de la couronne de France était dans l'alliance du duc de Bretagne, et le fils du duc mardiait avec l'armée française.
Un illustre p^osophe, qui était en même
ia4 iliblOXii^ 1) i: LtLËTAGNK.
temps homme d'état,- 1er 'Obanlcelier Bacbn (i), a e^psé avec bçaiicoap de netteté les rapports qui exiislaient ators entre^rAngleterx^e et la finolafpiev
et les intérêts assez, mal eiiteiidusduroi lleiiri \ ii,
qui lui fireut commettre 1^ fitutç 4e.ae:{)!as»im« tervenîr à temps pour empêcheir la ruitte du duc François IL â^lon cet lii&torieu , Jie roiCbafies Mlll (il aurait été plus exact de dire son fconaeil), fidèle à la politique de Louis XI, brûlait du désir de réunir la Bretagne à la» France; ambition noble etbijen autrement judicieuse quje celle. qui lui fil entr^rendre dans, ia^si^te spfi .expédition eh It^ Ue. L'occasion était Jlayorable; le duc de£retagne, aâaibli par FAge, dominé par. dea.cObâeiUers;inr
tércssés, n'avait que deux filles, dont la cadcUe mi^e était valét\i4iJ^^^ Çbarles.étai|;:jeuQe;.SQ|i armée, nombreuse pour le temps, était comp^»ée dep^oupc;^ agu£rjçiç^, etcon^piandée pardesicl^elâ hajtiiles. Il se voyait en paix avec tous ses voisiAs. lid^a^t^^^çn ^l^it^rs, d'étude yi^i/^u (entreprendre, à jcause de k p^iM^I^ de .ses. finances. Les firé* flFÇï^fti réxûljtes d^ FAngleterre donnaient de roccupation. à,jE^^pu:| YIL !L!a5ile offert au duc d'Orléans p^r duc François II, fournissait à la France un pré^xtQ ^[ausible pour attaquer la Brcs< tagne; mais Henri VU avait aussi bien des raisons
(i) Histoire du règne de Heori VU.
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