LIVRE SEPTIKMB
eussions, le roi avait élevé des prétentions nouvelles: il soutenait qu'il avait sur la Bretagne non -seulement le droit de suzeraineté, mais encore la seigneurie utile (i); on alléguait en faveur de cette prétention que des rois do la seconde race et même des Mérovingiens avaient été reconnus souverains du pays; que, depuis Hugues-Capet, piusiours rois de France avaient non-seulement reçu Thommage, mais joui de la souveraineté. On aurait pu opposer à ces propositions que y si des rois de France avaient occupé la Bretagne , ce n'avait été que momentanément^ par l'effet de la guerre, sans que cette occupation pût constituer un titte , parce qu'elle n'avait jamais été suivie d'un traité qui la confirmât.
Les partisans de la France répondaient par le témoignage foi iiiel de Grégoire de Tours, qui affirmait que, depuis Clovis, la Bretagne avait été sujette de ce royaume ; par l'assistance des évêques de Rennes, de Nantes et de Vannes au premier
chers anglois, que le roi lui avoit promis envoyer en Bretagne. Datée le 17 juin 1468. ( Jbid,, annoire Oy cassette Â. )
(ï^ Il existe à la bibliothèque du roi un fragment de mémoire intitulé: Dn droit des rois de France an duchô de Bretagne, tant pour la souveraineté, le ressort et Thommage, qn*en ce qui est de ta seigneurie utile. ( CoUect. de Dnpny, titres et mémoires pour le duché dé Bretagne , in-P, n^ 6. )
36 HISTOIHK UR BR£TAGi!ir£.
concile d'Orléans, où, de leur aveu, ils s'étaient rendus d'après l'ordre de Glovis; par le tribut que ' le comte de Vannes payait à Chilpérîc ; par les sollicitations du comte Waroch auprès de ce prince pour obtenir ce gouvernement. C'étaient là , disait-on , des iaits suilisauts pour prouver la possession de la Bretagne par les rois mérovingiens.
Quant à ceux de la seconde race, la conquête de cette province par Charlemagne ne pouvait être contestée. Nomenoé avait été nommé gouverneur de la Bretagne par Louis-le-Débonnaire : il avai t prêté serment à Gharles-le-Chauve ; le con- • cile de Tours Tavait menacé des censures , comme sujet rebelle. En ce temps-là, dans tous les actes bretons, on exprimait la date par le nom du roi régnant en France. Charles -le -Chauve avait accordé à Érispoé, successeur de Nomenoé , l'investiture du comté de Nantes. L'assemblée du clergé, réunie à Savonières, avait admonété Salomon III, successeur d'Érispoé, et lui avait rappelé que c'était au péril de son ame qu'il usurpait la domination d'un peuple sujet de la France, dès l'origine de cette monarchie. Cet usurpateur avait fini par prêter serment au roi cl par lui payer un tribut. Les évéques de Bretagne étaient sous la juridiction d'un métropolitain français, de l'arcbevéque de Tours; et lorsqu'ils avaient voulu