‹ Histoire de BretagneChapitre 68 sur 80 · L1VR£ NEUVIÈME · texte numérisé non relu

L1VR£ NEUVIÈME

Us prétendent à l'honneur, qui leur est disputé par les Normands et par les Picards, d'avoir été^ les premiers trouvères; et quoique leurs poésies, écrites dans une langue rude et peu répandue, n'aient pas eu le même succès que celles des troubadours méridionaux, on reconnaît assez généralement (x) qu'elles ont conservé le dépôt des anciennes traditions , qui ont fourni la matière des vieilles chroniques et des romans de la Table-Bonde. Le barde Guinclan florissait, dit-on, dès le v*^ siècle, Merlin dans le vi®; et il faut remarquer que ce mot barde est breton, et quil signifie poète.

Il parait que la langue celtique, autreiois adoptée, au m<nns dans une partie des Gaules , céda successivement la place à la langue des liomains. Dès le viu^ siècle, elle avait dispara de ce vaste continent, à l'exception de la Brétagne, où elle avait trouvé un asile, si toutefois le celtique et le breton sont le même idiome, ce qu'il ne nous appartient pas de décider. £Ue eut même les bonneursde lapersécution. Le concile deBheims, tenu

(i) Gingaené, Histoire litt. dltalie, t. ly, p. i23-i35; Mémoires de TAcadéinte celtique, t. ii, p. 4^; r4>bé

Lebœuf, Mémoire de rAcadémie des Inscriptions, t. ii, p. 76a.

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en 8 t3(T) , déclara barbares, antHshrétîens, inha* biles aux fonctions publiques, ceux qui s'obstinaient à la parler; mais cette sévérité eut TefiFet de toutes les persécutions : elle changea en héroïsme une opiniâtreté d'ailleurs bien légitime; et, grâce à la constance des Bretons, cet idiome antique n'a point disparu de Tunivers.

On a (ait une triste observation : c'est que le uombre des personnes sachânt lire et écrire n'est pas, en Bretagne, le trentième de ce qu'on en compte sur une population égale dans les autres parties de la France; et cette circonstance est d'autant plus déplorable, qu à en juger par la trempe forte de leur caractère et de leur esprit, et par quelques ^nds hommes nés parmi eux, on serait fondé à espérer de voir les Bretons étendre à leur tour le cercle des connaissances humaines.

Parmi les guerriers bretons, quatre ont été

honorés en France de l'épée de connétable, Guillaume de Rostrenan, sous Louls-le-Débonnaire , lequel fut tué dans les guerres contre les Normands; Bertrand Duguesclin, Olivier de Clisson, et Artur de Richemont

La Bretagne a produit des capitaines qui ont fitit fiure des progrès à l'art de la guerre, les

(i) Canon 3 cl suiv.

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