‹ Histoire de BretagneChapitre 12 sur 192 · LIVRE PREMIER. !l · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. !l

tes, les Curiosolites , les Yenètes et les Ossismiens. Plusieurs de ces noms , qui , dans le principe , désignaient les nations, sont devenus ceux de leurs villes principales (i). Elles formaient une espèce de république confédérée sous le nom d'Armorique, dont nous avons expliqué la signification.

Cette contrée a porté aussi les noms de Dom- Nom» qu'« nonée et de Létanie : le premier désignait , dit-on , ^n^que. un pays riche en mines : le second était un nom générique que les Romains donnaient aux pays dans lesquels ils plaçaient des colonies de létes , c'est-à-dire les débris des peuples vaincus et trans- *

plantés hors de leur patrie, pour aller cultiver des territoires ravagés par la guerre (2). Plus tard , l'extrémité occidentale de l'Armorique reçut le nom de Cornouaille , qu'on Ëdt dériver de cornu GcJliœ, pointe de la Gaule. Cornouaille et Dom-

(i) On voit 9 dans le géographe Claude Ptolémée, liv. a, que la ville des Redons s'appelait Condate; celle des Nannètes, Condivicum; celle des Venètes, Darioricum; celle des Diablintes était Noedunum; celle des Curiosolites, Coi^îlium; enfin celle des Ossismiens, Vorgoricum. Quant à l'existence de ces villes sous leur nouvelle dénomination, on sait, par quelques inscriptions, que Nantes était connue sous ce nom pendant le règne de Nerva, c'est-à-dire dès le i^' siècle, et Rennes sous César Antoine Gordien, qui mourut l'an a44*

(a) J'ai remarqué , dit Mézerai ( an 3o4 ), en plus de vingt endroits de la Gaule, des terres létiques ou des létanies.

26 QTSTOIRE D£ BRETAGNE.

nonée fiirent aussi les noms de deux provinces de

l'île de Bretagne.

Expéditions Alliés OU coufondus avec les Gaulois , les Ar-

cains dans' uioricains prirent part aux principales expéditions

mjSlî!"^*' '** militaires de ces peuples. Ils concoururent à la

conquête de l'Italie supérieure, avec leurs voisins

les Gaulois cénomaniens ; et la similitude du nom

des Venètes avec celui du peuple qui habitait les

belles provinces qu'arrose la Brenta, leur a fait

attribuer par quelques auteurs la gloire d'avoir

fondé Venise.

Leurnayir Familiarisés naturellement avec l'Océan, qui

gauon. j^^ environnait, les Armoricains furent de hardis

navigateurs. Ils commercèrent avec Carthage. On

ditqueles environs des Colonnes d'Hercule avaient

été occupés par des Venètes avant d'être peuplés

par des colonies phéniciennes.

Ces traditions n'ont rien d'invraisemblable.; mais, pour trouver sur les Armoricains des notions plus positives, appuyées d'un témoignage digne de confiance, il faut consulter Jules César, qui fiit leur premier historien et leur premier vainqueur.

Population I* raconte (i) que, vers la fin de la guerre qui dcjArmori- g^ termina par la prise d'Alise, les Gaulois assemblés délibérèrent de faire marcher un contingent

(i)Liv. 7.

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