‹ Histoire de BretagneChapitre 11 sur 192 · LIVRE PREMIER. a · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. a

meut répandues que, pendant plusieurs siècles, dles ont fourni le sujet des romans écrits dans les langues modernes par les trouvères et les trou- Iiadours. Le préjugé populaire, la superstition, ne permirent plus de révxMjuer ces traditions en doate, et, comme il arrive toujours aux £3d)les, elles étouffèrent la vérité. Mais elles flattaient l'orgueil national, elles avaient l'attrait du merveilleux; il n'en fallut pas davantage pour qu'elles fussent généralement adoptées par les peuples, jpar les auteurs des vieilles chroniques , et même par les historiejas , qui , au commencement du i6^ siècle, entreprirent d'écrire les annales de la Bretagne : aussi méttent-ils souvent la crédulité ' du lecteui* à de fortes épreuves.

Nous devons soumettre notre narration à une critique plus sévère. Je me propose de tracer un tableau rapide des révolutions de la Bretagne, en les considérant surtout dans leurs rapports avec la France et l'Angleterre.

Les noms d'Armorique et de Bretagne ne désignent pas , à beaucoup près , la même étendue de pays ;Ja dénomination moderne ne s'applique qu'à cette presqu'île qui , touchant au continent entre les embouchures de la Seine et de la Loire, s'avance dans la mer dans la direction de l'est à l'ouest, et dans une longueur d'environ soixante lieues. Du côté du continent, elle ne s'étend pas

Uf^ IffftTOIAE DE BmETJkGSîE.

vi^r» \e nord jusqa^à TemlMNidiiire de la Sane, étant bornée par le mont Saint-Miclid et: bpdâte H vièro du Gnieanon; an midi die n'a pas la Loire pour limite, et occupe une partie de la rive gpoche Avi ce fleuve. Cette presqu'île est sous on dinat tempéré, mais humide. La terre sur tout le lillDra] y iifkt extrêmement fertile ; ce qui indique assez qi/ielle nourrit une nombreuse populaticm et que leM bo«tiaux s*y multiplient Êicilement. Toole la Kurfitce du pays n'est pas également Êivorisée de lii naturo. Des montagnes d'une élévation mé-^ dio(!ra s*étondent entre la côte du nord et la cote i\\x Niid , jusqu'à la pointe occidentale. Des loréts, duM larnlf^M occupent une partie des plaines. Bfais IdM liMbltunts trouvent dans leur sol des mines prérli^UMeA do plomb , d'étain et d'argent; sur leurs ()AloM , (loH aalinos et des pèches abondantes. Enfin Itm tunbouchures de la Rance, de la rivière de lires t, du Blavet et de la Loire, offrent des ports excellents, uwuionaoïi Les peuples répandus sur cette presqu'île se iMhtuitim u donnaient a eux-mêmes le nom de Celtes. Les Arworiliwe. Romaius les comprenaient parmi les Gaulois (i). Ils se divisaient en six tribus indépendantes l'une de l'autre : les Redons, les Nannètes, les Diablin-

(i) Ipsomm lingud Ceitœ, nostrd GaUi appellantur.

( CissAR, de Bêtto Gailico, lib. i. )

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