‹ Histoire de BretagneChapitre 126 sur 192 · LIVRE TROISlitMC. 3o · texte numérisé non relu

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de Vannes , étaient mariés publiquement en ùice de l'Église (i), et que Tévêque de Dol pillait la

(i) <i Cet Orseand a plus hoaoré l'épiscopat par sa naissance q-ue par sa vie. Bénédict était évéqtie dès ce temps-là, et l'a été toute sa vie. Il y a bien de l'apparence qu'il se maria étant évéque, aussi bien que Guérech, qui fut évêque et puis comte de Nantes. La femme de Bénédict s'appelait Guinoedan. Il en eut cinq enfants, dont Orseand , qui suivit l'exemple de son père. Il fut £abit évéque de Quimper ; cela ne l'empêcha pas de se marier publiquemftnt en faee de l'Église. » ( Histoire de Bretagne , t. i, p. 85. )

« L'exemple de son père, que l'épiscopat n'avait pas empêché de se marier, fit impression sur l'esprit d'Orscand. Il rechercha la fille de Rivelen de Grozon, et les noces étaient prêtes de se célébrer à la face de l'Église, lorsque Alain Cagniart s'y opposa. Mais l'opposition cessa aussitôt que ce prélat eut abandonné au comte son frère une partie des terres de son église. La fille de Rivelen de Grozon s'appelait Onwen, et Tévéque en eut trois enfants: Benoist uu Bénédict, qui succéda à son père; Guigon, doyen de la cathédrale de Quimper ; et Conan. La qualité de femme d'évéque ne faisait point de honte à Onwen : elle portait même cette qualité fort haut, jusqu'à ne daigner plus se lever en présence de la comtesse Judith. » ( Ibid., p. 90. )

n Jehonens avait usurpé le siège de Dol et la qualité d'archevêque. Sa vie avait répondu à cette eArée illégitime. II avait pîUé son église pour enrichir ses filles. » (Ibid., p. loi. )

ff On doit regarder comme une fable ce que Guillaume de Poitiers a dit des mariages des Bretons: c'est à savoir qn'il n'y avait point de gentilhomme qui n'eût plusieurs femmes. G'est une chose dont on ne trouve aucun vestige dans les titres du

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sienne pour doter S6« filles. LobiQeau n'est pas le seul écrivain ecclésiastique qui atteste ce Eût.

temps. ( Cette opinion est exprimée presque dans les mçmes termes, par l'auteur de la préface du premier volume des pièces servant de preuves à lUistoire de Bretagne de Dom Morice. ) Et il ne sert de rien de dire que l'intérêt qu'avaient les Bretons de cacher leurs désordres , les aura empêchés d'en faire aucune mention dans les actes publics. On faisait profession en ce temps-là d'une simplicité qui ne connaissait aucun déguisement : témoin le grand nombre de preuves que les actes fournissent du désordre et de la vie scandaleuse des évéques et des prêtres. »

« C'est dans ces actes que l'on apprend que les évéques de Vannes, de Quimper, de Rennes et de Nantes ont été mariés, et, pendant leur épiscopat, ont eu des enfants, qui furent ensuite, comme leurs pères, évéques et mariés. C'est encore là que Ton apprend que les prêtres n'étaient ni meilleurs ni plus chastes que leurs prélats. Les femmes de ces ecclésiastiques prenaient publiquement la qualité de prêtresses Les

ecclésiastiques de la première espèce regardaient leurs bénéfices comme un partage de leur famille; et, pour empêcher qu'ils ne changeassent de main , ils ne trouvaient point sans doute de meilleur expédient que le mariage. » ( Ibid., p. iio. )

« Le concubinage des prêtres était si fréquent dans le xi®

siècle, qu'il passait presque pour un usage conunun Dom

Mabillon nous a (Anservé deux lettres, dont une fut écrite en 1076 par les clercs de l'église de Cambrai à ceux de la métropole de Reims; l'autre fut adressée en 1079 par les clercs de Noyon au clergé de Cambrai. Dans ces deux lettres, les clercs se plaignent de ce qu'on voulait les obliger à vivre dans la continence, les réduire chacun à un bénéfice ou prébende,

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Les clerc^ se plaignaient , q^mme dUine injustice , de ce qu'on refusait l'ordination à' leurs en&nts. Les prêtres épousaient des femmes, cet usage était devenu commun. Ils disposaient de leurs bénéfices en faveur de leurs fils. Ils les donnaient en dot à leurs filles (i).

Quelque litigieux que pussent être les droits de Conan sur la Normandie , ils ne laissaient pas de donner de l'inquiétude à Guillaume ; mais un chambellan breton lui offrit de le débarrasser de son ennemi : et , s'il faut en juger par l'événement 9 le duc de Normandie ne repoussa pas cet abominable service ; car le duc de Bretagne mourut subitement en 1066, dans d'horribles convulsions occasionnées, ditron, par le poison dont on avait imprégné ses gants et son cornet (2).

et de ce qu*pn refusait d'ordonner leurs enfants. ( Recueil des Historiens de France, t. xi, préface, p. cij et ciij. )

(i) L'abbé des Tuileries, dissertation sur la mouvance de la Bretagne, p. 20, et il appelle en témoignage les biographes des bienheureux Bernard de Tiron et de Harduin , abbé du Pec, « Per totam Normanniam hoc erat ut preshyteri publiée uxores ducerentyfilios acjilias procrearent, quitus hœre-* ditatis jure ecclesias relinquerent et filias suas nuptuo traductaSySialia deesset possessio, ecclesiam dahant indotem. » Voyez aussi la préface du 1*' volume des preuves de lUistoire de Bretagne par Dom Morice, et le même recueil, 1. 1, p. 463 et 54a.

(a) Unus ex proceribus Britonum, qui utrique comiti Jura"

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