LIVRE TROISIÈME. 3l
de Normandie y eût renoncé à la suzeraineté de la Bretagne , car on voit que l'hommage continue d'être exigé par ses successeurs.
Alain-Fergentavaitlesinclinations belliqueuses. ">93. Il termina la guerre civile par la prise* de Rennes, et devenu l'allié et le gendre de Guillaume , il entreprit, à sa sollicitation, contre le vicomte du Maine , une guerre qui ne fut pas heureuse.
De retour dans son pays, il fut du nombre de ^^' ceux que les prédications de l'ermite Pierre déterminèrent à partir pour la Terre-Sainte , vers la fin du 11*^ siècle. Il y passa cinq ans ; mais il n'y était allé que comme pèlerin et non comme prince, avec une suite et non à la tête d'une armée. On n'a conservé aucun souvenir de ses aventures ou de ses exploits , qui , d'ailleurs , n'appartiendraient point à l'histoire de Bretagne. Parmi ceux qui l'accompagnèrent dans cette croisade , l'histoire nomme Raoul de Montfort et Alain son fils ; Conan , fils de Geoffroi Botterel , comte de Lamballe; Riou de Lohéac; Alain, sénéchal de Dol ; Hervey, fils de Guyomarch , vicomte de Léon , et Chatard d'Ancenis.
Déjà les Bretons avaient pris part à plus d'une croisade. On remarqua qu'ils rapportèrent de celle-ci un langage qui finit par être celui de la cour de Bretagne. Tant de guerriers de diverses nations se trouvant réunis en Asie, avaient dû
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se faire un idiome commun; comme la langue franque est encore le moyen de communication entre les Européens qui fréquentent les Échelles du Levant, Ce fut à dater du retour d'Alain-Fergent, que l'ancien idiome breton fit place , du moins pour l'usage de la cour, à un français mêlé d'un grand nombre de mots étrangers.
^ Il Êdlait qu'Alain fût tranquille du coté de la
Normandie, pour pouvoir entreprendre un voyage si lointain sans craindre de voir son duché envahi pendant son absence. Mais Guillaume était mort en 1087 ' ^^ ^ Normandie était échue à Robert , son fils aîné , qui eut de longs démêlés avec ses frères. La division de la famille normande fit, pendant quelque temps, la sûreté des Bretons. Ils ne restèrent point spectateurs immobiles de ces querelles, et ayant embrassé le parti de Henri, roi d'Angleterre , contre son frère le duc de Normandie , ils eurent une part glorieuse à la bataille de Tinchebrai , qui termina cette ^erre civile