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tacles de la part des seigneurs bretons , et occasionna une guerre civile.
Du moment que le duc de Normandie fut devenu roi d'Angleterre , la Bretagne eut à craindre pour ce qui lui restait de liberté. La France dut voir avec inquiétude Taccroisseinent de la puissance d'un vassal déjà redoutable ; et une alliance naturelle, fondée sur un danger commun, dut se former entre les rois de France et les ducs de Bretagne: on ne tarda pas à en voir les effets.
A peine établi eh Angleterre», Guillaume se brouilla avec une partie des seigneurs bretons qui l'y avaient accompagné. Il fallut les combattre ; on les dépouilla de leurs nouveaux domaines. « Gloire à Dieu au haut des cieux,» écrivait au conquérant le moine Lanfranc, l'un de ses conseillers, « voilà votre royaume purgé de cette ordure des Bretons (i). »
Hoel refusait de le reconnaître pour suzerain. Guillaume irrité repassa sur le continent en 1076, et vint camper devant Dol. Mais Alain-Fergent , fils du duc de Bretagne , se jeta dans la place , qu'il défendit pendant quarante jours; et le roi de France , Philippe I*^, accouru au secours des Bretons , força le duc de Normandie de lever le
(i) Gloria in excelsis Deo; regnum tuumpurgatum est spur^ ritid Brittonum,
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fitége (i). Il ikut croire que le duc de Normandie y avait un parti , car mêmse après qu'il se fiit retiré, Fardbevêque Juhel se mit sous sa protection. C'était se soustraire à l'obéissance due au souverain (Urect. Mais ce prélat qui avait acheté son siège , et qui avait une femme et des enÊmts , n'était pas homme à se laisser arrêter par des scrupules. Il fut chassé de Dol , on lui nomma un successeur : et tous ces conflits furent une nouvelle occasion , pour le duc de Normandie , de s'immiscer dans les afiEsdres intérieures de la Bretagne ; pour le pape , de rappeler les différents
(i) Je suis obligé d'avertir que les historiens diffèrent siu* là manière de raconter ces événements. Dom Lobineau, 1. 1, p. loo, et Dom MoHce, qui le copie, 1. 1, p. 79, dislent positivement que4ans cette guerre civile, entre Hoel et les seigneurs ligués contre lui , Guillaume-le-Conquérant intervint comme auxiliaire du duc ; que ce fut de concert avec Hoel qu'il assiégea Dol, qui tenait pour le parti des sei^eurs; et que le roi de France soutenait ce dernier parti. Mais voici une version tout opposée : Guillaume, ennemi du duc, et appelé par les mécontents , vint mettre le siège devant Dol ; Alain-JFergent, fils du duc, se jeta dans la place pour la défendre, et le roi de France vint la délivrer. Cette dernière version est celle des historiens anglais , contemporains de le- • vènement.
On lit dans Guillaume de Malmesbury, liv. 3: Jpud Dolum castellum îrammarinœ Britannice, dum nescio que simuitate irritatus, manum illuc militarem duxisset innumeros ex suis
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de l'église de Dol et de l'église de Tours ; et pour le duc Hoel , cette çcftitestation lui fit perdre le droit dont ses prédécesseurs avaient joui jusqu'alors , de conférer l'investiture des bénéfices. Ce prince mourut en 1084. Son fils Alain- *J^'
Al
Fergent,qui lui succéda, avait déjà donné des pergem, preuves de sa capacité militaire , et avait eu le ^^ Bretagne. bonheur de délivrer son père qui avait été fiadt prisonnier un moment dans une bataille contre les seigneurs confédérés. A l'avènement d'Alain- Fergent au trône, la guerre civile n'était pas encore éteinte , et le pays se trouvait tellement épuisé d'argent, que le nouveau duc se
desidenufit. Et sar ce passage , les éditeurs du recueil des Historiens de France ajoutent la note suivante, t. xi^p. 187 : Apad Rogerum Hovedinum rex AnglorumWUlelmus castellum Rodulphi comitisy quod Dol nominatur, tamdiù obsedisse dicitur donec Francorum rex Philippiis illum indèfugaret,
Henri, archidiacre de Huntington, dit à peu près la même chose dans le 6® livre de son histoire : Jnno sequenti rex transfretans obsedii DoL Brùanni autem castellum tenuerunt virilàer, donec rex Franciœadveniens Uberapiteos, (Recueil des Historiens de France , t. xi , p. 209. )
Tum rex duxit exercitum suum in Britanniam, obseditque eastellum Dol dktum ; veriun Britanm Ulud propugnarunt, quousque rex venisset de Françland, Tune autem fVillelmus indè discessity ac ibi amisit tum homines, tum equos, multosque thesauros, ( Chronique anglo-saxonne, recueil des Historiens de France , t. xiii, p. 49- )
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voyait réduit à vendre une de ses terres* aux moines de Quimperlé , pour mille sous et un cheval.
Le roi d'Angleterre profita de ces circonstances pour exiger, avec plus de hauteur, l'hommage que le duc avait à lui rendre , et qui fut encore refusé. Quelques mois après , Guillaume i que l'on voyait sans cesse passer et repasser la mer, tantôt pour affermir sa conquête en Angleterre, tantôt pour réprimer la révolte de son fils en Normandie, tantôt pour aller combattre les Maures
io85. sous Grenade, reparut devant Dol avec une nombreuse armée. Alain le surprit, lui enleva son bagage évalué à plus de quinze mille Uvres sterling (i) ; et le vainqueur des Français , le conquérant de l'Angleterre, fit une retraite peu différente d'une fuite devant un jeune prince son vassal (2).
f^*^' Guillaume , plein d'estime pour le courage d'A-
lain , ou pressé par d'autres soins, fit la paix avec lui , et lui donna sa fille Constance en mariage. On ne dit' pas quelles furent les conditions de cette paix; mais il n'est pas probable que le duc
( i) Histoire ecclésiastique d'Odéric Vital , 1. 4 ; recueil des Historiens de France, t. xii, p. SgS.
(a) Histoire critique de l'établissement des Bretons dans les Gaules, par Vertot, liv. 5; et dissertation de Tabbé des Tui* leries sur la mouvance de la Bretagne, p. 117.