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leur sûreté (i), et on a même long-temps accusé les Bretons de tromper par de faux signaux les vaisseaux en détresse, pour qu'ils vinssent se briser sur la côte. Ces saufs-conduits, ces lettres de sûreté,
(i) Ibid. Armoire S, cassette C : lettres patentes du duc François, adressées à Henri de Quelen, receveur à Hennébond , par lesquelles il est dit lui être venu à conno^ssance qu*un navire d'Angleterre a été brisé et s'est rendu brisé en lajurisdiction d'Hennebond, dans lequel il y a voit plusieurs, marchandises et trente-cinq Anglois ; et d- autant que le débris appartient au duc par son drpit d'épave et brisée , donne lesdits navire, marchandises et la rançon des prisonniers, et ce qui en appartient audit duc , à son amé et féal conseiller Jean Dufau, en considération des bons et agréables services faits audit duc, pour en disposer, ledit Dufau, comme bon lui semblera. Datées du 6 avril 14^9-
Ibid, Autres lettres dudit sieur, adressées à Pierre Landais , son trésorier-général et receveur de Brest et Saint-Malo , faisant mention d'une hourque et grand navire chargés de vin et d'autres marchandises appartenantes au duc, au moyen dudit droit de bris ; lequel droit et devoir de bris il donne au vicomte Dufou, chambellan et amiral dudit duc, en considération des services qu'il lui a faits , et même que les mâts et autres apparaux d'icelle hourque pourront servir et étr« accommodés pour équiper la nef que ledit amiral faisoit faire pour le service du duc. Du 14 décembre 1462.
Ibid, Autres lettres de la duchesse Anne, par lesquelles elle suppose un bris être advenu au port et havre de Danouël, qui étpit de grande valeur, à cause des marchandises et biens y étant, desquels biens, bris et marchandises elle fait don à
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accordés aux navires étrangers qui Élisaient le tour des côtes périlleuses de la Bretagne , produisirent du moins ce bon effet, qu'ils donnèrent naissance à une espèce de droit des gens, qui bientôt fut rédigé par écrit sous le titre de jugements d^Olerorty et qui fut accepté par les navigateurs de toutes les nations.
La fin du règne de Conan III fut marquée par une des folies les plus bizarres qui puissent trouver place dans l'esprit humain. Un gentilhomme des environs de Loudéac , nommé Éon de l'Étoile, se mit dans la tête qu'il était le fils de Dieu, et qu'il avait été annoncé au monde par ces paroles qui reviennent souvent dans certaines oraisons; Per eum qui visait et régnât , per eundem Dominum nostrum , per eum qui venturus est. Il fit des miracles; il eut «n grand nombre de disciples enthousiastes qui les attestèrent. Il fallut lui faire la guerre ; on le prit, on le traduisit devant un concile, où le pape lui-même ne dédaigna pas de l'interroger. L'absurdité de ses réponses le fit juger avec quelque indulgence. Il ne fiit condamné qu'à une prison perpétuelle; mais il se
Louis de Rohan sieur de Lanvaux, de Guémeué et de Montauban; et ce, en faveur des bons et agréables s^^ces faits par ledit de Montauban au feu duc et à ladite dame. Datées du 24 novembre 1470.
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trouva des fanatiques qui se firent brûler plutôt que de renoncer ^ voir en lui le fils de Dieu (i).
Jusqu'ici nous n'avons vu les femmes exercer Désordre.
. , daas la
aucune influence sur le gouvernement de la Bre- famiiit
ducalf.
taghe. Trois princesses , une fille d'Alain-le-Grand mariée à Mathuédoi comte de Poher, Judith fille de Judicael comte de Nantes et femme d'Alain- Cagnard comte de Cornouaille , Havoise fille du duc Alain V et femme de Hoel V, s'étaient trqu- « vées héritières de la souveraineté de leurs pèreç, et leurs maris ou leurs fils avaient fait valoir ce^ droits; mais aucune n'avait régné par elle-même. Nous verrons les passions , les désordres, les prétentions diverses des princesses jeter le trouble dans les successions , et les femmes régner, nonseulement par droit de naissance , m^is à titr^ d^ favorites.
Conan III avait eu pour femme, comme nous l'avons dit , Mathilde , fille naturelle du roi d'Angleterre Henri I^*". Cette princesse avait donné le jour à denx enfants, un garçon nommé HLoiel, et une fille qui portait le nom de Berthe. On fut étonné d'entendre Conan au lit de mort désa- 1148. vouer publiquement l'enfant qui jusque-là avait passé pour son fils , et déclarer qu'il ne reconnaissait que Berthe comme issue de son mariage.
(i) Histoire ecclésiastique .de Fleury, iiy. 69, § 3i.
L'infidélité réelle ou soupçonnée de Mathilde fut une source de calamités pour la Bretagne, où Fin»certitude répandue sur la légitimité d'Hoel alluma une guerre civile qui dura cinquante ans.
Berthe avait été mariée par le duc , son père, à Alain-le-Noir , deuxième du nom , fils d'Etienne comte de Penthièvre , et qui possédait le comté de Richemont en Angleterre. Elle eut de ce mariage trois enfants: un fils nommé Conan, et deux filles^ Énoguen qui fût abbesse de Saint-Sulpîce , et Constance dont nous aurons à parler (i ).
L'alliance d' Alain-le-Noir avec la fille du dernier duc, lui avait feit concevoir des projets ambitieux , car il pensait à rétablir le royaume de Bretagne (a) ; mais la mort ne lui en laissa pas le temps. Berthe est accusée, par les uns, d'avoir
(i) Dom Morice a eu une singulière distraction en parlant de la postérité de Berthe. Il dit dans la même page ( 1. 1, p. 99 ) : « Alain-le-Noir, comte de Richemont, laissa de son épouse Berthe trois enfants : Conan, qui lui succéda au duché; Constance, femme d'Alain III du nom , vicomte de Rohan; et Énoguen, abbesse de Saint^Sulpice. » Et quelques lignes plus bas, il dit : « Berthe n'avait eu de son mariage avec Alain-le-Noir qu'un fils qui n'était pas encore en âge nubile. »
(2) MCXLVi obiitAlanus cornes in Anglid atque in Britannié strenuissimus , cui mentis erat minons Britanniœ regiam dignitatem reintegrare. ( Chronique bretonne , recueil des Historiens de France , t. xii, p. 558. )