LIVRE TROISIÈME
hâté cette mort par des maléfices (i). D'autres lui reprochent d'avoir convolé à de secondes noces du vivant même de son premier mari (2). Ce qu'il y a de certain , c'est qu'elle devint la femme de Eudes de Porhoet, fils du vicomte de Rennes, et tige, dit-on, de la maison de Rohan. Aussi consuma-t-elle une vie agitée entre un frère , un fils , un mari , qui se disputaient les lambeaux d'une couronne qui leur fut enfin arrachée par un étranger.
Hoel , quoique flétri dans sa naissance par la déclaration de Conan III , réclama l'héritage d'un père qui l'avait désavoué. Les villes de Nantes et de Quîmper le reconnurent pour duc , mais il trouva un compétiteur dans le second mari dç sa sœur, lequel fut soutenu par les habitants de ^"**8°'*- Rennes. Dans l'espoir de se concilier la bienveil-
Ho€l,
comte de
Nante .
Eudes, duc de
(i) Ille maleficiis uxoris suce Berthœ interiit quant despon^ savit cornes Eudo de Redonis. ( Chronique de Geoffroi , prieur de Vigeois, actes de Bretagne, t. i, p. 624. )
(2) Eudo Redonensis etPorricidii ( de Porhoet ) vice cornes uxorem ducerat Bertlmm filiam Conani tertii Britanniœ ducis, non utique priori maritOf Alano comiti Rickemundiœ, utvulgd tradunt scriptores, viduatam, sed eo vivente, proinde ante annum 11 46, quo Alanus mortuas est ex chronicis Britannicis maleficiis uxoris suce Bertliœ necatus. ( Note de M. Brial, sur une lettre de saint Bernard, abbé de'Clairvaux, recueil des Historiens de France, t. xv, p. 6i3. )
lance du clergé, il renonça dès son avènement au droit dont ses prédécesseurs avaient constamment joui de recueillir la succession des évêques, abandonnant les biens du décédé à celui qui le remplacerait dans le siège épiscopal (i). Cette ii54. concession lui fiit peu profitable : battu en i ï54 Geoffroi, par Eudcs de Porhoet, Hoel fut expulsé de sa ca-
comte de * ^ ^
Nantes, pitale par les Nantais ; mais ceux-ci , qui ne vou- . laient ni du vaincu ni du vainqueur, se donnèrent à Geoffroi , fils du comte d'Anjou , et frère
(i) Plaçait mihi tam pro remedio animœ meœ quant ut principatui meo salubrem Dominus ingressum prœheret et exiturriy quatenus sevam illam et detestabilem rapacitatem quam in morte episcoporum super res ipsorum prœdecessores mei fecerunty in perpétuant demitterem, et radicitifs extirpurem, de ipsis igitur rébus nannetensiam episcoporum çum omui supellectiU et domo sud concedo..,. ut quidquM episcopus pro anima sud dare voluerit sine ull^ med vel meorum contradictione fiât y reliqua vero omnia ad opus sustinendi episcopi sub légitima clericorum suorum custodiâ remaneant : quod si qm ex hœredlbus meis hanc institutionis mece immunitatçm infiingere Del diminuere temptaverit, non fmbeat hœreditatem in regno Christi et Dei, sedetSancta Romana ecclesia, incujm tuteld etdefensione hanc meam Ixeleemosynumpono, ecclesiafticamjustitiam de ipsofaciat. De terré nihilominus paris^r et haminibus ejusdem episcopi sub eâdem immuni$ate concedo quatenus sine exactione aliquâ liberi et quieti in ipsius viduitftte ecclesiœ permaneant,
( Actes de Bretax^ne , t. i , p. 6oB. )