LIVRE TROisi;èllf£. Sôg
fois avec son père. Les révoltes de ses frères, leurs discordes , lui fournirent de fréquentes occasions de changer de parti. Un ecclésiastique lui ayant été envoyé pour Fexliorter à rentrer dans le devoir , « C'est une loi dans notre maison , lui répondit-il, que les haines divisent les enfants, et que les enfants détestent leur père. »
Il s'agissait , dans toutes ces guerres , de la part que le roi laisserait à ses fils dans ses vastes domaines. Il donnait à l'ainé la moitié des revenus de l'Angleterre , au second la moitié de ceux du Poitou, à Geoffroi la moitié des produits de la Bretagne, et en outre il rendit à celui-ci le comté de Richemont, confisqué , quelques années auparavant, sur Conan.
Geoffroi chercha des alliés contre son père ,,33. jusque dans le fond de l'Aquitaine , espérant trouver dans le mécontentement des seigneurs un appui pour assurer sa propre indépendance. Ces frères n'étaient jamais d'accord que quand ils complotaient un parricide. On voyait leur mère déguisée en homme errer dans la campagne au milieu des bandes ennemies, tomber entre les mains d'un parti et traitée en prisonnière. Le père, les fils, se poursuivant tour-à-tour; les négociations , les entrevues , non moins périlleuses que les combats; enfin, dans cet oubli de toutes les lois de la guerre et de la nature , les flèches